Sociétés militaires privées (SMP) : le juteux marché de la guerre

Intro :

Avec un bénéfice annuel de plus de 100 milliards de dollars en 2006, la guerre est un marché économique très juteux.
Source de profits directs (ventes d’armes onéreuses qu’il convient de remplacer au fil des nombreuses pertes…), la guerre est également LE moyen pour les bataillons d’entreprises mondialisées d’envahir des territoires stratégiques, de renverser des Etats (y compris parfois démocratiquement élus…), et ainsi de conquérir de nouveaux marchés économiques et de s’accaparer de précieuses ressources (ex : Irak en 2003…).

Pour mémoire, il suffit de relire les propos sans équivoque du général américain Smedley Butler (1881-1940), publiés dans son livre War is racket en 1935. Repenti, il s’y définissait comme un ancien « racketteur, un gangster au service du capitalisme ».
Général qui éventa un projet de coup d’Etat fasciste aux Etats-Unis, fomenté en 1934 par Wall-Street et certaines multinationales contre Franklin D. Roosevelt et sa politique du New Deal jugée trop sociale, trop « socialiste » et trop contraignante à leur égard (ex : Banking Act en 1933…).

La guerre un donc un secteur économique très lucratif qui fait notamment les beaux jours des Sociétés militaires privées (SMP).
Récompensé par un Prix Nobel de la Paix en 2009  » (…) pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples… » (?), Barack Obama, 44ème président des Etats-Unis, n’a pas eu le moindre problème de conscience pour utiliser à son tour ces sociétés de soldats privatisées pour mener à bien les basses besognes de la politique étrangère américaine.
Encore et toujours le rêve américain ?

Revue de presse :

  • « Les « guerres invisibles » de Barack Obama »
    Par Régis Soubrouillard,Marianne, le 7 Juin 2014
    Après avoir livré une des enquêtes les plus fouillées sur les sociétés militaires privées (SMP), le journaliste Jeremy Scahill se penche sur les méthodes de l’administration Obama dans sa guerre contre le terrorisme.
    (…)
    Source : www.marianne.net/Les-guerres-invisibles-de-Barack-Obama_a239247.html
  • Mercenaires. « Les acteurs cachés du conflit colombien »
    Par Hernando Calvo Ospina, novembre 2004
    Aperçu (article payant)
    Au terme du Tour de France 2004, les troisièmes places individuelles – Ivan Basso – et par équipes ont été remportées par les cyclistes de l’équipe CSC. Bien peu de supporteurs savent que ces initiales signifient Computer Science Corp., et encore moins qu’il s’agit d’une transnationale liée aux forces de sécurité américaines. Ce lien a été renforcé en mars 2003 quand CSC a acquis DynCorp, l’une des sociétés militaires privées (SMP) préférées de Washington. (…)
    Source : www.monde-diplomatique.fr/2004/11/CALVO_OSPINA/11669

Bibliographie :

  • La privatisation de la violence. Mercenaires & sociétés militaires privées au service du marché, de Xavier Renou (dir.), avec Philippe Chapleau, Wayne Madsen, François-Xavier Verschave, Agone, 2006
    La marchandisation s’étend désormais au domaine de la « violence légitime », un secteur en plein essor qui représenterait déjà un bénéfice annuel de plus de 100 milliards de dollars. Les mercenaires de jadis sont aujourd’hui les employés de « sociétés militaires privées» parfaitement légales qui, renvoyant à un passé révolu l’image sulfureuse des « chiens de guerre », tentent de se construire un rôle respectable dans la fiction d’un marché dispensateur de paix et de démocratie. Elles proposent pourtant à leurs clients (États, firmes multinationales, mouvements armés divers) les habituelles prestations d’ordre militaire : opérations de déstabilisation, combat, conseil en stratégie, logistique, etc. C’est ainsi, par exemple, qu’une firme dont la mission officielle de « formation à la transition démocratique » conduit au bombardement de civils recevra la bénédiction aussi bien de son client que des instances de contrôle.Parce qu’elles font pleinement jouer le mécanisme de circulation entre les secteurs militaires privé et public – l’une d’elles a recruté successivement l’ancien secrétaire à la Défense de Ronald Reagan, l’ancien secrétaire d’État James Baker et l’ancien président des États-Unis George Bush père –, les sociétés mercenaires influent de plus en plus sur les politiques de « défense ».
    Parce qu’elles se mettent au service des multinationales qui exploitent les pays du Sud dotés en ressources minières, ces sociétés agissent comme les gardiens d’un ordre économique qui maintient dans la plus grande dépendance des pays en principe libérés depuis plusieurs décennies du joug colonial.
    Les sociétés militaires privées seraient-elles l’instrument privilégié du retour de l’impérialisme ? »La collection des “Dossiers noirs”, en coédition avec l’association Survie est issue d’une collaboration avec Agir ici (un collectif ayant rejoint la confédération internationale Oxfam France)
    Chercheur en sciences politiques, Xavier Renou est responsable de la campagne « Désarmement nucléaire » de Greenpeace France.
    Source : http://agone.org/dossiersnoirs/laprivatisationdelaviolence/index.html
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