Traité USA-UE pour les nuls : cupidité des puissants et mépris des peuples

Intro :

Ah ! Ces chères élites dirigeantes (intellectuelles, politiques) qui se pressent pour nous dirent quoi penser, quoi voter.
Ces élites (surtout de l’opportunisme et du carriérisme) disposées à faire oeuvre d’un peu de pédagogie à l’attention du bas peuple quand elles estiment qu’un sujet (politique, économique…) est soi-disant trop compliqué, trop technique…, que des questions de société sont jugées hors de portée de l’intelligence du vulgaire citoyen considéré comme incapable (par nature et/ou par manque de culture ?) d’en comprendre les finesses et les subtilités.

Con-citoyens ?
Les citoyens, considérés pourtant comme suffisamment aptes quand il s’agit d’élire (et de réélire) ces mêmes dirigeants politiques à chaque scrutin démocratique (pour des promesses électorales d’ailleurs quasiment jamais tenues), perdraient donc toute capacité d’analyse, tout sens critique et seraient donc incapables de comprendre quoi que ce soit en ce qui concerne leur avenir, leurs intérêts et ceux de leur éventuelle descendance.

Ainsi, dernier exemple en date, la négociation en cours autour du projet de partenariat commercial de libre-échange USA-UE (TTIP, TAFTA, GMT, PTCI…), que ses promoteurs économiques et politiques américains et européens aimeraient conclure au plus vite d’ici 2015 (avec un François Hollande – plus libéral que les libéraux -, qui va jusqu’à presser le président américain Obama : « Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations »…).

Leçon de classe(s) : explication de texte
Menée en catimini depuis juin 2013 (mais projet pensé par le milieu des affaires occidentaux depuis au moins le milieu des années 1990…), cette négociation entre l’Union européenne (assujettie aux exigences des grands actionnaires des firmes européennes, voir l’European round table of industrialists, ERT, ww w.ert.eu) face à  l’armée de représentants, d’avocats d’affaires et de conseillers juridiques des compagnies américaines, a bénéficié pendant de longs mois d’une confortable discrétion médiatique.

Discrétion assez étonnante (quoique), et en tous cas dommageable dans un pays que l’on dit démocratique et de droit, surtout face aux enjeux sociaux et économiques majeurs de ce traité et à ses conséquences inéluctables pour les populations (voir l’exemple de l’ALENA…).
Une négociation internationale d’envergure, sans réelle et substantielle information, encore moins de consultation des citoyens.

Information et démocratie… aléatoires
En bref, une nouvelle infamie, une trahison supplémentaire de la plupart de dirigeants politiques nationaux et de l’Union européenne, dont l’exigence  démocratique est déjà  discréditée, notamment depuis le non-respect du vote populaire lors du référendum du Traité constitutionnel européen (TCE) en 2005.

Seuls d’indécrottables naïfs (il n’est pire sourd que celui/celle qui ne veut pas entendre...) peuvent encore croire et espérer que cette Union européenne-là, bâtie par et pour les intérêts des grandes fortunes et autres grands actionnaires des firmes transnationales, a été construite dans l’intérêt du plus grand nombre des citoyens européens, et non pour le plus grand profit d’une poignée d’individus.

L’alibi du « Plus jamais la guerre en Europe, plus jamais ça » ne peut plus faire illusion quand on constate les souffrances (chômage, réduction de l’accès aux soins, maladies, suicides) que subissent, à des niveaux divers, les populations de Grèce, du Portugal, d’Espagne, d’Irlande, du Royaume-Uni, mais également de France et d’Allemagne. Cette Union européenne, sous influence américaine et qui prêche l’austérité criminelle, c’est la guerre contre les classes moyennes et populaires.

Fleur Pellerin, la transparence floue
Quant à l’actuelle secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Fleur Pellerin, qui concède et regrette, de manière modérée, un manque d’explication, de pédagogie et promet plus de « transparence » sur les négociations de ce projet de traité libre-échangiste USA-UE, Fleur Pellerin devrait également apporter plus de transparence sur sa propre participation à la réunion du Groupe de Bilderberg, qui s’est tenue cette année au Danemark en mai-juin 2014 et surtout ce qu’elle y a appris (Bilderberg 2014 : FRA Pellerin, Fleur – State Secretary for Foreign Trade, Copenhagen, Denmark 29 May-1 June 2014).

Groupe Bilderberg : antichambre discrète du capitalisme mondialisé
Pour mémoire, le Groupe Bilderberg, dirigé par un comité de pilotage (steering committee) composé d’environ 30-40 individus, est une sorte de cénacle qui, dans un secret encore relativement bien gardé du plus grand nombre des citoyens jusqu’à ces dernières années, regroupe depuis 1954 environ 130-140 hautes personnalités et décideurs (économique, industrielle, militaire, politique), issus de l’élite de l’Amérique du Nord et de l’Europe.

Un cénacle où sont présents la plupart du temps, un ou deux journalistes, bien entendu convertis à l’idéologie du libre-échange (The Economist, The Wall Street Journal, Le Monde…), voire même parfois, quelques représentants syndicaux (AFL-CIO…) convertis eux aussi aux soi-disant bienfaits et vertus pour l’humanité des dogmes austères du capitalisme néolibéral (des invités relais d’opinion du fait de leurs fonctions respectives, et des représentants syndicaux – partenaires sociaux… – susceptibles de servir d’alibi démocratique, de caution sociale).

Un Groupe de Bilderberg, au sein duquel rien ne se passerait soi-disant, rien ne se dirait d’intéressant selon ses initiés, mais qui a cependant contribué très activement (pendant toute la guerre froide et de nos jours encore), au renouveau de l’idéologie d’un capitalisme dérégulé, total.
Un capitalisme totalitaire, dont le chef-d’oeuvre majeur reste à ce jour le monstrueux krach boursier de 1929 à Wall Street responsable de la gigantesque misère endurée ensuite par le peuple américain. Une catastrophe causée par les bonimenteurs du capitalisme-casino qui a entrainé la déstabilisation de nombreux Etats dans le reste du monde, jusqu’à favoriser l’accession d’Hitler au pouvoir sur fonds de marasme économique.

Un capitalisme discrédité ensuite à juste titre, pendant plusieurs années, avant que des capitalistes, nostalgiques de ce libéralisme économique fondamentaliste, n’organisent la refondation, la renaissance de cette doctrine, de cette idéologie destructrice (école d’économie de l’université de Chicago, monétaristes, F. Hayek, M. Friedman…), avec la collaboration croissante (plus ou moins active ou passive) d’un certain nombre du personnel politique (M. Thatcher, R. Reagan, W. Clinton, A. Blair, B. Obama, etc.) sans oublier un nombre croissant de journalistes travaillant pour des médias de masse toujours plus dépendants des pouvoirs financiers.

Traité USA-UE : l’OTAN économique
Ainsi, le déroulement de la négociation de ce traité USA-UE – accord de libre-échange qui débouchera sur un capitalisme renforcé, sur fond de pseudo concurrence libre et non faussée en réalité dominée et écrasée par les grandes compagnies.
Un capitalisme totalitaire encore plus globalisé, motivé par la seule recherche de profits toujours plus importants, exagérés, un capitalisme « néolibéral »assurément destructeur des économies sociales locales.

Sans oublier le mépris craché à la figure des peuples, des citoyens, par des dirigeants politiques (droite et gauche) aux ordres d’une minorité d’individus fortunés à l’excès, et le silence complice d’un nombre important de journalistes de grands médias sur le déroulement et le contenu de cette négociation.
Un capitalisme cupide et un mépris démocratique qui, dans le passé ont fait, et feront  toujours, le lit des pires idéologies politiques opportunistes d’extrême-droite, promptes à tromper et à récupérer des citoyens écoeurés, dégoûtés par cette mascarade nauséabonde.

Démocratie vous avez dit… ?

Revue de presse :

  • « Traité transatlantique : moins on en parle, mieux ils se portent »
    Par Jack Dion, Marianne, le 22 mai 2014
    Le traité transatlantique aurait dû passer comme une lettre à la poste, rapidement expédiée. Hollande lui-même voulait « aller vite » pour éviter aux citoyens de trop s’y intéresser. Malheureusement il y a une élection ce dimanche et certains partis politiques et médias ont commencé à se pencher sur ce « machin », perturbant le plan de nos chères élites.Interrogée sur BFM Business, Fleur Pellerin y est allé de ses regrets publics à propos du non-débat sur le traité transatlantique de libre-échange négocié entre les Etats-Unis et l’Union européenne. « Je fais un mea culpa au nom de la classe politique dans son ensemble », a déclaré la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, avant d’ajouter : « On aurait dû faire davantage de pédagogie parce que nous n’avons pas expliqué suffisamment un certain nombre de chose sur ce traité ».
    (…)
    Source : www.marianne.net/Traite-transatlantique-moins-on-en-parle-mieux-ils-se-portent_a238930.html
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