Etats-Unis en Irak : encore et toujours le pétrole !

Intro :

Tout le monde pourrait se réjouir de voir les forces américaines intervenir en Irak pour aider des populations civiles menacées par des intégristes islamistes armés.

Il est nécessaire cependant de rappeler que cette intervention est la suite dramatiquement logique de l’invasion, illégale, lancée voici plus de dix ans par les Etats-Unis contre l’Irak de Saddam Hussein ; Hussein, un dictateur certes, mais comme les Etats-Unis en ont beaucoup soutenus et même mis au pouvoir quand leurs intérêts économiques et géostratégiques en dépendaient ; l’Irak qui, rappelons-le toujours, n’avait absolument rien à voir avec les attentats du 11 septembre 2001 et ne détenait aucune arme de destruction massive (ADM), comme le claironnait la clique de dirigeants américains de l’époque appuyée et relayée par les grands médias supplétifs.

Sans hypocrisie, sans nouveau mensonge ni enfumage, quelle est la vraie raison pour laquelle les Etats-Unis interviennent militairement en Irak ?
Est-ce sincèrement pour venir en aide aux populations menacées ou bien plutôt pour défendre les gigantesques et stratégiques ressources en hydrocarbures sur lesquelles les compagnies pétrolières occidentales, à majorité américaines, ont mis la main grâce à l’invasion de l’Irak en 2003. Ressources qui se retrouvent désormais menacées, voire perdues, par l’avancée des islamistes ?

Un journaliste du quotidien britannique The Independent écrit sur la motivation réelle de cette nouvelle intervention militaire américaine.

Car les Etats-Unis, grands défenseurs auto-proclamés de la liberté (économique), de la démocratie (sous influence et sous contrôle des puissantes compagnies et des très riches donateurs privés), sans oublier son charismatique président Barack Obama (très inattendu Nobel de la paix 2009… pour celui qui n’a toujours pas fermé le camp illégal de Guantanamo ou ses exécutions capitales par drones interposés… ?), défendent en priorité les intérêts de quelques grandes compagnies, de quelques très grandes fortunes qui ont bâti des empires, notamment sur le pétrole et le commerce des armes, et qui désormais dictent à nouveau leurs ordres et leurs lois à la plupart des dirigeants politiques.

Revue de presse :

  • [rajout] L’Etat islamique a attaqué la plus grande raffinerie d’Irak
    Par LaTribune.fr, le 12 avril 2015
    Les combattants de l’Etat islamique multiplient actuellement les attaques en Irak. Coup de bluff ou démonstration de force ?
    (…)
    Une raffinerie stratégique
    Le site de la raffinerie a été le théâtre de violentes batailles depuis que l’EI a pris en 2014 le contrôle de pans entiers de l’Irak. La raffinerie a été assiégée pendant plusieurs mois par les jihadistes. Une opération de l’armée irakienne, soutenu par des frappes aériennes de la coalition menée par les Etats-Unis, a finalement réussi à briser le siège en octobre avant de reprendre totalement en novembre le site et la ville de Baïji, juste au sud de la raffinerie. La raffinerie produisait autrefois 300.000 barils par jour, fournissant 50% de la demande locale.
    Source : www.latribune.fr/economie/international/l-etat-islamique-a-attaque-la-plus-grande-raffinerie-d-irak-468239.html
  • « Comment la géopolitique du pétrole explique la crise en Irak »
    Par Gilles Bridier, Slate.fr, le 18 août 2014
    Les sunnites veulent se réapproprier des richesses qui leur échappent au bénéfice des chiites. Mais les djihadistes de l’EIIL comme les Kurdes et le pouvoir de Bagdad ont intérêt à maintenir les installations pétrolières en état de fonctionner. Au moins aussi longtemps que chaque camp espère l’emporter…
    (…)
    L’Irak est redevenu une grande puissance pétrolière. Avec  des réserves évaluées à plus de 144 milliards de barils contre 265 milliards pour l’Arabie saoudite et 157 milliards pour l’Iran, il est, selon les dernières statistiques de l’Opep, l’un des pays les plus richement dotés du Moyen-Orient. Et la production, qui fut longtemps désorganisée à cause du conflit avec l’Iran, de la première guerre du Golfe au Koweït, des sanctions de l’Onu puis de l’invasion américaine, retrouve ses records d’antan.
    (Lire la suite…)
    Source : www.slate.fr/story/90929/petrole-irak-kurdistan-geopolitique
  • « IRAK Le pétrole, le nerf de la guerre »
    Par Robert Fisk, The Independent, le 11 août 2014
    La décision du président Barack Obama d’intervenir en Irak pour « prévenir un génocide » ne dit pas la vraie raison de cette mobilisation. En fait, il s’agit de protéger les multinationales du secteur des hydrocarbures implantées au Kurdistan.
    (…)
    « N’est-il pas important de noter, tout de même (ne serait-ce qu’au passage), que sur des réserves pétrolières de 143 milliards de barils en Irak, quelque 43,5 milliards se trouvent au Kurdistan, en plus des 25,5 milliards de barils de réserves supposées et de 3 000 à 6 000 milliards de mètres cubes de gaz ? Les grandes multinationales du secteur des hydrocarbures se pressent au Kurdistan (d’où, d’ailleurs, les milliers d’Occidentaux installés à Erbil, même si leur présence ne nous est guère expliquée) et ont déjà investi dans la région plus de 10 milliards de dollars. Mobil, Chevron, Exxon et Total sont largement implantées (il est hors de question de laisser l’EI déranger ces entreprises-là) dans ce coin du monde où les exploitants pétroliers empochent 20 % des bénéfices totaux. »
    (Lire la suite…)
    Source : www.courrierinternational.com/article/2014/08/11/le-petrole-le-nerf-de-la-guerre?page=all
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