A lire : « Faut-il faire sauter Bruxelles ? » (F. Ruffin, 2014)

  • « Faut-il faire sauter Bruxelles ? » (François Ruffin, Fakir Editions, 2014, 7 €)

L’essayiste Raoul-Marc Jennar invite à lire le dernier ouvrage de François Ruffin intitulé « Faut-il faire sauter Bruxelles ? » (Fakir Editions, 2014, 124 p., 7 euros)


Voici ce qu’il en dit :

« (…) L’auteur a parcouru le quartier européen de Bruxelles. Au gré de son passage dans chacun des bâtiments, c’est l’institution qu’ils hébergent qui est passée au crible. Le Parlement européen d’abord, où une plaque à l’entrée, inaugurée par la Française Nicole Fontaine, alors présidente, retient l’attention : elle est signée par la « Fédération européenne du lobbying et public affairs », signe spectaculaire de l’influence décisive qu’exerce le monde des affaires et de la finance dans cette institution censée représenter l’intérêt général.

Vient ensuite la Commission européenne où l’auteur décortique le statut véritable de ces « experts indépendants » qui alimentent les propositions de cette institution dotée du monopole de l’initiative. Par exemple, des financiers liés au secteur privé choisis pour formuler des propositions en matière financière. Ce passage par la Commission justifie un chapitre consacré à Delors (le père, en France, du tournant de la rigueur de 1983) avec un rappel bienvenu du rôle extrêmement néfaste de celui qui a habillé d’un discours social des projets faisant passer les règles de la concurrence avant tout autre considération.

Un détour par la Confédération européenne des syndicats (CES) pour souligner à quel point elle est piégée dans le « dialogue social » inventé par Delors qui a transformé la CES en courroie de transmission du patronat. Après avoir examiné quelques-unes des politiques initiées à Bruxelles, l’auteur interroge Geoffrey Geuens (auteur de La Finance imaginaire, Bruxelles, Aden, 2011) dont on retiendra cette vérité qu’oublient souvent ceux pour qui la sortie de l’UE mettrait automatiquement fin à tous nos maux : l’UE « reproduit à l’échelle continentale le fonctionnement des oligarchies nationales : dans chaque pays, les élites connaissent la même endogamie des mariages à l’intérieur d’un groupe réduit, la même fusion des intérêts politiques et financiers, l’emprise des intérêts privés sur les pouvoirs publics. (…) Les diktats de la Commission ne s’imposent pas de l’extérieur à des Etats victimes. Ils correspondent aux intérêts des différentes bourgeoisies nationales. » (…) »
Source : http://www.jennar.fr/?p=3539

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