Grèce : le traquenard des Jeux olympiques de 2004

Intro :

En 2004, la Grèce organisait les Jeux olympiques d’été. Des JO parmi les plus chers de l’histoire (12 milliards d’euros au lieu des 4,5 milliards prévus initialement…) et qui ont contribué à aggraver le déficit et la dette du pays.
Pour comparaison, le budget des JO de Londres en 2012 est passé de 4,3 milliards d’euros à plus de 11 milliards d’euros, mais pour un pays parmi les plus riches du monde et peuplé de 65 millions d’habitants (contre moins de 11 millions d’habitants pour la Grèce…).

Dix ans plus tard, le pays est soumis au diktat de la troïka (UE, BCE, FMI), la population est littéralement saignée et les biens publics (aéroports, hôpitaux, plages, ressources naturelles…) sont bradés depuis 2012 par le biais du Hellenic Republic Asset Development Fund (HRADF, TAIPED en grec), tandis que 21 des 22 infrastructures sportives construites et payées au prix fort pour cet événement sont désormais laissées à l’abandon.

A se demander si l’attribution des JO à la Grèce n’a pas été un moyen très efficace de contribuer à l’aggravation de l’endettement du pays, pour ensuite contraindre l’Etat grec à liquider – à bas prix -, son patrimoine et ses biens, pour le plus grand profit des compagnies privées et autres « investisseurs » étrangers. Le racket par la dette ?

Revue de presse :

  • « Les sites abandonnés des Jeux olympiques d’Athènes 2004, 10 ans plus tard, en photos »
    Par Grégoire Fleurot, Slate.fr, le 14 août 2014
    Dix ans après que la Grèce a organisé le plus grandiose des spectacles sportifs du monde, beaucoup de ses sites olympiques ont été abandonnés, tandis que d’autres sont encore utilisés occasionnellement pour des évènements non-sportifs comme des conférences ou des mariages.
    Pour beaucoup de Grecs qui s’étaient enorgueillis à l’époque, les Jeux olympiques sont désormais une source de colère, alors que le pays connaît la dépression, un chômage record et la pauvreté depuis six ans.
    Au moment de fêter le dixième anniversaire de la compétition, qui a eu lieu du 13 au 29 août 2004, beaucoup se demandent en quoi la Grèce, qui est un des plus petits pays à avoir jamais organisé la compétition, a bénéficié de l’évènement, qui a coûté des milliards d’euros.
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    Source : www.slate.fr/grand-format/sites-abandonnes-jeux-olympiques-athenes-2004-photos
  • « La Grèce dans la crise à cause des JO de 2004 ? »
    Par Pierre, Digitalsport.fr, le 22 février 2012
    Depuis 5 ans, la Grèce connait une récession économique des plus fortes. Le gouvernement n’y a pas résisté et la place du pays dans l’UE est aujourd’hui mise entre parenthèses. Si certains accusent les politiques grecques d’avoir plongé le pays dans cette situation à cause d’une incapacité à instaurer une politique fiscale optimale d’autres pensent que c’est la faute aux Jeux Olympiques de 2004 qui ont été le début de la fin.

    Cette idée n’est pas infondée. En effet, les JO de 2004 se sont révélés être un gouffre financier pour le pays, le coût projeté de l’événement étant très, très éloigné du coût réel et les bénéfices étant surestimés.
    (…)
    Un rapport de la BBC fait même état d’un chiffre de 10 milliards d’euros payés par la Grèce pour ces JO. Une addition un peu trop salée pour le berceau de l’olympisme qui pensait bénéficier de retombées économiques puissantes à l’occasion du retour des JO à Athènes. En décembre dernier, Jacques Rogge, a confirmé le rôle joué par Athènes 2004 dans les finances de l’état grecque. « Le coût des Jeux a augmenté la dette grecque de 2 à 3 % » affirmait le président du Comité international olympique dans les colonnes du quotidien grec conservateur Kathimerini.
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    Source : www.digitalsport.fr/2012/02/la-grece-dans-la-crise-a-cause-des-jo-de-2004/

  • LONDRES 2012 « Les villes olympiques gagnent rarement »
    Par The Independent, le 25 août 2008
    Au moment où Pékin dresse le bilan de ses olympiades, la capitale britannique fait également ses comptes en perspective des prochains Jeux olympiques. Mais rares sont les villes qui ont jusqu’à présent su tirer profit de ce type d’événement.
    (…)
    Tout s’annonçait bien pour Londres 2012 mais des fissures commencent à apparaître. (…)
    Une étude gouvernementale réalisée le mois dernier a en outre montré que la participation aux évènements sportifs de Londres était en baisse. Et le budget des Jeux 2012 est passé de 3,4 milliards de livres (4,3 milliards d’euros) à 9,3 milliards (11,7 milliards d’euros). S’il est peut-être trop tard pour tirer les enseignements de ce qu’ont vécu les autres villes, ceux-ci sont cependant clairs.

    Athènes 2004
    Le bilan des Jeux Athènes est peut-être le pire de tous. Quatre ans après la cérémonie de clôture des Jeux, 21 des 22 sites sont à l’abandon. La piscine est vide et sale, des squatters campent devant le complexe sportif Faliron, couvert de graffitis. Les Jeux d’Athènes, dont l’organisation a coûté la somme record de 9,4 milliards de livres (12 milliards d’euros), ont laissé une dette énorme à la Grèce. Dans les mois qui ont suivi, le déficit se montait à 50 000 euros par foyer et les contribuables remboursent encore aujourd’hui. L’entretien des sites a coûté à lui seul 500 millions de livres (627 millions d’euros). Athènes est devenu le modèle de ce qu’il ne faut pas faire quand on organise les Jeux.
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    Source : www.courrierinternational.com/article/2008/08/25/les-villes-olympiques-gagnent-rarement?page=all

  • « 13/08/2004 : JO d’Athènes : les plus coûteux de l’histoire »
    Par Alain Echegut, Lesechos.fr, le 27 juin 2005
    La facture des jeux Olympiques d’été pourrait dépasser les 6 milliards d’euros et pénaliser les contribuables grecs pour une décennie au moins.
    Extraits :
    (…)
    Certains analystes estiment même que le coût définitif de l’organisation pourrait se monter à 10 milliards d’euros et ainsi lourdement pénaliser les contribuables grecs pour au moins une décennie. Le budget original prévoyait un coût total de 4,6 milliards,
    (…)
    Si ces JO sont les plus chers de l’histoire, c’est aussi en raison d’un plan démentiel de sécurité qui représente un budget exceptionnel de 1,2 milliard d’euros, cinq fois plus qu’aux derniers Jeux d’été de Sydney (en 2000).
    (…)
    Mais le déploiement d’une armada de 70.000 hommes, l’assistance de l’Otan et la mise en place d’un conseil d’expertise antiterroriste réunissant 7 pays (Allemagne, Australie, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Israël)… bref, toutes ces mesures ne sont-elles pas démesurées par rapport à un événement qui se veut avant tout sportif et festif ?
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    Source : www.lesechos.fr/27/06/2005/lesechos.fr/300033611_13-08-2004—jo-d-athenes—les-plus-couteux-de-l-histoire.htm
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