Documentaire « Europe à vendre » sur Arte : patrimoines publics et biens communs bradés au privé !

Intro :

Un documentaire très instructif à voir, « Europe à vendre » (Europe for sale) réalisé en 2014 par Andreas Pichler et diffusé mardi 26/08/2014 sur Arte, concernant l’accaparement, le dépeçage de biens publics de pays européens au profit du secteur privé et des grandes compagnies.

Une privatisation du secteur public vers le privé engagée depuis les années 1970-1980 avec un retour à un capitaliste (néo)libéral de la cupidité, du fric à tout prix ; un capitalisme longtemps discrédité notamment après les excès ravageurs qui ont débouché sur le krach boursier américain de 1929.
La privatisation actuelle des biens et services publics a été rendue possible grâce à la complicité, active ou passive, de la plupart des dirigeants politiques (de droite comme de gauche), des grands médias (propriétés, pour la plupart désormais, de groupes financiers) et de certains dirigeants syndicaux réformistes (partenaires sociaux convertis à l’idéologie libérale) prêts à toutes les concessions.

Un documentaire à voir donc, surtout au moment où François Hollande, « ennemi de la finance » auto-proclamé en mai 2012 pour glaner quelques voix supplémentaires en perspective de son élection à la présidentielle, dévoile chaque jour un peu plus son agenda, sa feuille de route, sa vraie nature libérale.
Un pouvoir politique totalement sous influence des groupes de pressions privés (lobbies), entièrement dépendant et aux ordres des grandes fortunes et autres grands actionnaires des entreprises privées.

Jusqu’à quand les peuples, spoliés de leurs biens communs, dépouillés de leurs fragiles protections sociales, saignés pour rembourser des dettes publiques sciemment accumulées depuis 40 ans auprès des marchés financiers privés, combien de temps encore les peuples continueront-ils à subir cette dictature en refusant de voir la vraie nature d’un capitalisme redevenu totalitaire ?

Des générations passées se sont battues pour obtenir certaines avancées sociales qui ont amélioré leur quotidien mais également celui des générations suivantes. L’actuel gouvernement de M. Valls et le président F. Hollande vont enclencher les réformes, demandées et attendues par le grand patronat et les acteurs influents de la mondialisation libre-échangiste ; des réformes qui ont déjà sinistré socialement la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Allemagne….

Une aubaine assurée pour certains partis d’extrême-droite (historiquement libéraux…), qui risque de récupérer une partie importante de l’électorat populaire désabusé et dégoûté par les fausses promesses, les faux espoirs, les mensonges d’un parti socialiste dont il n’y a pourtant plus rien à attendre depuis 1983.

Rediffusion vendredi 29/08 à 8h55 et en vidéo de rattrapage pendant 7 jours jusqu’au mardi 02/09.

Documentaire :

  • « Europe à vendre »
    mardi 26 août à 20h50 (73 min)
    www.arte.tv/guide/fr/048754-000/europe-a-vendre?autoplay=1

    (Texte de présentation Arte) : Avec la crise, la privatisation des biens publics s’accélère partout en Europe. Une enquête édifiante, tant la crise semble pouvoir justifier la vente à la « découpe » des patrimoines naturels et culturels par des municipalités, régions et gouvernements soucieux de renflouer leurs caisses.Montagnes à vendre dans leTyrol oriental pour 121 000 euros !
    En 2011 en Autriche, l’annonce suscite aussitôt la convoitise de sociétés, à condition que les deux sommets (2 600 mètres d’altitude), propriété de l’Agence immobilière fédérale (BIG), une institution publique, portent leur nom. C’est en découvrant cette aberration que le réalisateur entreprend un tour d’Europe pour évaluer la privatisation en cours des biens publics. Un état des lieux stupéfiant, tant la crise justifie la vente à la « découpe » du patrimoine naturel et culturel par des municipalités, régions et gouvernements soucieux de renflouer leurs caisses. En Irlande, l’État, au bord de la banqueroute pour avoir épongé les dettes des grandes banques, est prêt à brader toutes les forêts de l’île, mobilisant des milliers de personnes en colère.

    Cynisme tranquille

    À Paris, c’est l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, que France Domaine souhaitait céder pour un bail de 99 ans à des investisseurs privés, avant de renoncer face à l’opposition au projet. Berlusconi, lui, envisageait même de privatiser les vestiges de l’Antiquité, y compris le Colisée, dont la restauration, urgente, est aujourd’hui financée par Diego Della Valle, le PDG de Tod’s. Berlin craint de perdre la mémoire de son Mur, sous la pression de la spéculation immobilière, et la Grèce, encouragée par la troïka (FMI, Banque centrale européenne, Commission européenne) met en vente des terres et îles vierges, convoitées par des chaînes du luxe, des promoteurs et des milliardaires. Entre cynisme tranquille des uns et résistance fragile des autres, une enquête éclairante sur un phénomène qui menace la liberté des citoyens de l’UE à décider de l’aménagement de leur espace public, urbain ou naturel.

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