BCE : audit (américain) des 130 banques de la zone euro

Intro :

Début 2013, le Financial Times annonçait que la Banque centrale européenne (BCE) s’apprêtait à augmenter ses effectifs, en recrutant de 500 à 2000 personnes, afin de superviser les 130 plus importants établissements bancaires des 17 pays de la zone euro dans le cadre de son projet d’union bancaire.
A partir de novembre 2014, les plus gros établissements bancaires européens « dépassant 30 milliards d’euros d’actifs ou pesant plus de 20% du PIB de leur pays d’origine » passeraient ainsi sous l’autorité de la BCE.

Le 12 septembre 2013, le Parlement européen votait pour l’établissement de cette union bancaire. La BCE se voyait confier officiellement la mission de « contrôle prudentiel des établissements de crédit ».
Un Mécanisme de surveillance unique (MSU), principalement destiné aux banques de la zone euro, doit être mis en place à cet effet. L’objectif affiché de ce MSU est de « restaurer la confiance dans le système bancaire européen » pour les marchés financiers.

Au printemps 2014, la BCE devait procéder à l’évaluation des banques concernées afin de juger de la situation réelle des groupes bancaires en effectuant une revue de la qualité des actifs (Asset Quality Review ou AQR).
A la surprise de nombreux spécialistes, Mario Draghi, président de la BCE depuis 2011 (et ancien vice-président pour l’Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs de 2002 à 2005), a décidé de confier cette opération sensible à un cabinet de conseil privé américain, Oliver Wyman, basé à New-York.

Confier cette évaluation à un cabinet américain, aux compétences discutées par certains (en 2006, à la veille de la crise des subprimes, le cabinet Oliver Wyman avait déclaré la banque Anglo Irish Bank comme la plus performante au monde, trois ans avant qu’elle ne s’écroule), semble assez insolite.
Assez insolite et même inquiétant, au moment même où les négociations (dont le contenu est inaccessible aux citoyens) sont toujours en cours depuis juin 2013 entre les Etats-Unis et l’Union européenne, dans le cadre d’un accord de libre-échange (TTIP) portant sur un large périmètre de secteurs d’activités, notamment bancaires.

L’indépendance et la souveraineté de l’Union européenne semblent un très lointain objectif.  Ne parlons même plus de la souveraineté des Etats européens… Ou plutôt si, parlons-en et demandons des comptes aux dirigeants politiques qui mettent, chaque jour un peu plus encore, les démocraties européennes sous le joug des marchés financiers et fournissent aux partis d’extrême droite un avenir radieux.

Revue de presse :

  • Les banques européennes passées au scanner pendant un an par la BCE, à la recherche de « faiblesses »
    Par Laure De Charette, EcoDigest, le 24 octobre 2013
    Un check-up de la tête aux pieds. La Banque centrale européenne a annoncé qu’elle allait commencer à évaluer, une par une et pendant un an, les 128 plus grandes banques d’Europe (qui représentent à elles seules 85% des actifs bancaires de la zone euro) pour voir si oui ou non elles sont solides.  Pourvu que les résultats, qui ne seront connus que l’an prochain, soient bons !
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    Source : www.economiematin.fr/news-bce-banques-europeennes-audit-solidite
  • BCE. Les marchés dans l’attente du verdict de l’AQR européen
    Par Revue-Banque.fr, le 22 octobre 2013
    Article extrait de Revue Banque n°765 « La loi bancaire : la France précède l’Europe »
    Le monde en sait plus depuis le 23 octobre sur l’évaluation de la qualité des actifs (AQR – Asset Quality Review) des banques européennes à laquelle la Banque Centrale Européenne (BCE) va se livrer, de début novembre à octobre 2014. Elle sera entamée avant la réalisation de stress-tests effectués par la BCE avec l’EBA (Autorité bancaire européenne), également prévus pour fin 2014.
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    Source : www.revue-banque.fr/risques-reglementations/breve/les-marches-dans-attente-verdict-aqr-europeen
  • Le curieux choix de la BCE pour évaluer les banques européennes
    Par Caroline Morisseau, BFM Business, le 21 octobre 2013
    La BCE doit publier, mercredi 23 octobre, les modalités du passage en revue des actifs qu’elle mènera sur les banques européennes. Elle a choisi d’être assistée par le cabinet américain Oliver Wyman, qui traîne une réputation sulfureuse.
    (Lire la suite…)
    Source : http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/curieux-choix-bce-mener-stress-tests-627902.html
  • Banque centrale européenne (BCE)
    Communiqué de presse, le 12 septembre 2013
    La BCE se félicite du vote du Parlement européen sur la création d’un Mécanisme de surveillance unique
    La Banque centrale européenne (BCE) se félicite du vote, aujourd’hui, par le Parlement européen d’une législation ouvrant la voie à l’établissement d’une union bancaire. Aux termes du règlement du Conseil confiant à laBCE des missions spécifiques ayant trait aux politiques en matière de contrôleprudentiel des établissements de crédit (règlementMSU), un nouveau système de contrôle bancaire sera créé, instaurant un Mécanisme de surveillance unique pour les banques de la zone euro (et des autres États membres de l’Union européenne souhaitant adhérer à ce mécanisme). Une étape décisive pour restaurer la confiance dans le système bancaire européen vient ainsi d’être franchie.Une fois que le règlement aura été approuvé par le Conseil de l’Union européenne et publié au Journal officiel de l’Union européenne, il entrera en vigueur et laBCE pourra engager officiellement l’ensemble des travaux préparatoires indispensables afin d’être pleinement à même d’accomplir ses missions de supervision douze mois plus tard.«  Ce vote marque une réelle avancée vers l’établissement d’une union bancaire, élément clé d’une véritable union économique et monétaire. Nous mettrons tout en œuvre pour créer la structure nécessaire sur le plan organisationnel, notre objectif étant d’assumer nos responsabilités en matière de supervision un an après l’entrée en vigueur de la législation, et sommes impatients de coopérer avec les autorités nationales afin de contribuer à la restauration de la confiance dans le secteur bancaire » a déclaré Mario Draghi, président de la BCE.

    Parallèlement à l’adoption du règlement, M. Draghi et M. Schulz, président du Parlement européen, ont signé une déclaration engageant les deux institutions à conclure formellement un Accord inter institutionnel sur les aspects pratiques de leur coopération concernant les questions liées au Mécanisme de surveillance unique.

    Source : w ww.ecb.europa.eu/press/pr/date/2013/html/pr130912.fr.html

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