La Grèce bradée, le peuple grec saigné (1) : mais Europe figure sur le billet de 10€

Intro :

Ce mardi 23 septembre 2014, la presse a communiqué largement à propos de la mise en circulation de la nouvelle coupure du billet de 10€ par la Banque centrale européenne (BCE).
On nous explique, dans le détail, les petites trouvailles technologiques pour rendre ce nouveau billet plus sûr et plus résistant, les volumes mis en circulation, etc.
On nous annonce même une « innovation majeure » avec l’apparition d’un visage sur ce nouveau billet de 10€ du visage d’Europe, princesse de la mythologie grecque (1).

Et pendant ce temps là, la Grèce, petit pays d’à peine 11 millions d’habitants mais riche de grandes ressources convoitées (immense patrimoine historique et culturel, tourisme, plages, minerais, pétrole…), est en train d’être ravagé, bradé et dépouillé au profit d’intérêts privés (privatisations des biens, services et patrimoine publics à prix bradés…).

Depuis 2010, à chaque « memorandum« , à chaque nouveau plan d' »aide » concocté et dicté par la « Troïka », trio infernal composé du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la BCE, la dette ne cesse bizarrement d’augmenter, prétexte idéal pour réclamer et exiger la mise en oeuvre de nouvelles réformes structurelles, criminelles et anti-sociales.

Le peuple grec sombre ainsi de plus en plus dans la grande pauvreté, la misère la plus mortifère (baisse des salaires et des retraites de près de 40% !, chômage de masse notamment parmi les plus jeunes), la maladie (sécurité sociale détruite et accès aux soins devenu inabordable pour les classes populaire et moyenne) et même la mort (suicides en hausse).

Cette situation fait de l’Union européenne, du FMI et de la BCE, les fossoyeurs assumés du peuple grec ; complices également de la dégradation constante et alarmante des conditions d’existence des Portugais, des Espagnols et des Irlandais (baisse des salaires, des aides sociales et des indemnités de chômage, taxe sur les carburants, baisse des bourses…), mais aussi des Anglais (taux de pauvreté, analphabétisme et régression sanitaire dans certaines régions digne de l’époque de Dickens au 19ème siècle), des Allemands (20% de travailleurs pauvres depuis les réformes des lois Hartz, sous-investissements publics sans précédent).
Sans oublier les Français dont le « modèle social », (re)construit en grande partie après-guerre par le Conseil national de la Résistance, est attaqué de toute part depuis plusieurs décennies, notamment par le grand patronat, les grands groupes privés (depuis 1958 avec l’UNICE devenu en 2007 Business Europe, depuis 1983 avec l’ERT, European round table of industrialists et autres groupes de pression).

Mais l’essentiel n’est pas là semble-t-il. L’essentiel c’est que la princesse grecque Europe figure sur le nouveau billet de 10€…
Les Grecs apprécieront – peut-être… – ce geste à l’égard de leur grande culture, berceau antique de la culture européenne.

Une culture grecque que l’Union européenne, asservie depuis 1957 aux intérêts des grandes compagnies privées et autres établissements financiers,  est en train de ravager, de détruire, de dépouiller, avec la complicité des grands médias qui matraquent et vomissent régulièrement leurs propagande à l’encontre des Grecs, accusés de tous les maux, de toutes les tares (fainéants, fraudeurs, fascistes).

Une manière de culpabiliser la victime pour mieux la racketter, la dépouiller de ses biens au profit des rapaces et prédateurs cupides du secteur privé… ?

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140923.AFP6655/les-nouveaux-billets-de-10-euros-en-circulation.html

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