Reportage (RTS) : « Les Grecs se cachent pour survivre » (2014)

Document :

  • Les Grecs se cachent pour survivre
    Reportage de Bertrand Theubet, Michel Zendali, diffusé par RTS, le 4 septembre 2014
    Trois millions de personnes sans couverture maladie, des hôpitaux surchargés, des médicaments inaccessibles aux plus pauvres, de longues files d’attente aux soupes populaires la Grèce continue à payer un très lourd tribut à la crise économique. Reportage à Athènes au coeur d’un pays qu’on appelle désormais l’Afrique de l’Europe.
    (Lire et visionner la suite…)
    Source : www.rts.ch/video/emissions/temps-present/6118546-les-grecs-se-cachent-pour-survivre.html


Note
 :

Merci à la RTS (Radio Télévision Suisse francophone) et aux réalisateurs pour ce reportage dramatiquement éclairant et objectif sur la réalité des conséquences sociales et économiques causées par les politiques dites de « rigueur ».
Une politique d' »austérité » infligée au peuple grec par l’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire internationale (FMI) et l’ensemble des créanciers étrangers, y compris français.

Quelques faits évoqués dans le reportage :

  • baisse des revenus de 30 à 40%
  • 3 millions de Grecs privés de couverture maladie depuis 2009 (sur 11 millions d’habitants…)
  • 40% de Grecs vivant en dessous du seuil de pauvreté avec par exemple 900€ par mois pour une famille avec 2 enfants
  • réduction de 25% du budget de la santé
  • une crise sanitaire qui se transforme en crise humanitaire (cas de Sida en hausse très importante)
  • plus d’accès aux vaccins pour beaucoup d’enfants (et donc plus d’accès aux écoles)
  • risque d’épidémie de plus en plus élevé
  • 1 Grec sur 10 serait dépressif : peurs, angoisses chez de nombreuses personnes
  • nombre de suicides multiplié par 2 en moins de 3 ans
  • etc.

Face à ce sinistre bilan causé par les politiques d’austérité soutenues et imposées par l’Union européenne, des initiatives résistantes sont mises en place pour développer l’entraide, la solidarité.

Ainsi le dispensaire de santé d’Helliniko, installé sur le site de l’ancien aéroport d’Athènes  où se sont déroulées les épreuves des Jeux olympiques d’été de 2004.
Cette clinique sociale a été créée par le docteur Georges Vichas, médecin neurologue, en réponse  à « la guerre économique dont les patients privés de couverture santé sont les victimes ».
Un endroit où les Grecs démunis peuvent trouver de quoi se soigner. Mais une structure résistante menacée par une récente descente des forces de l’ordre, après des propos publics très critiques du Dr Vichas contre son ministre de la Santé. Une structure menacée également par la vente des 650 hectares du site où elle se trouve achetés pour 900M€ à un groupe privé gréco-suisse Liatsis, pour un projet de construction d’une ville dédiée au tourisme de luxe pouvant accueillir plus de 30 000 habitants.

Ainsi, la Grèce, berceau de l’Europe, est ciblée et attaquée par les créanciers privés, avec la complicité et la collaboration actives de l’Union européenne, pour mieux la dépecer de ses ressources et ses biens publics convoités par le secteur privé.
Le peuple grec, lui, souffre, voit ses conditions de vie se désintégrer depuis plusieurs années maintenant, sans que cela n’émeuve la plupart des autres citoyens européens, notamment en France.

Accusés de surcroît de tous les maux, de toutes les tares, de toutes les fautes (fainéants, fraudeurs, fascistes), les Grecs trouveront peut-être grâce à ce nouveau reportage, un peu plus de compréhension et de solidarité auprès des autres peuples européens.
Les Français, pour le moment encore épargnés pour un certain nombre et pour quelque temps encore par des « réformes structurelles » de fond que réclame invariablement l’UE (réduction des salaires, des pensions de retraites, des congés payés, des droits sociaux, du droit du travail, des systèmes de couverture santé, augmentation des frais d’accès à l’éducation, etc.), les Français réagiront donc peut-être enfin quand ils verront leur propre modèle social et les protections sociales chèrement acquises après-guerre (Etat-providence) voler en éclat et bradés au profit d’intérêts  privés.

Ce reportage diffusé sur la RTS est donc une preuve supplémentaire, si besoin était, pour celles et ceux qui ignore la réalité de la misère dans laquelle sont plongés les soi-disant « profiteurs » grecs.
Pour justifier les réformes structurelles criminellement antisociales exigées par l’UE, la BCE, le FMI et contraindre la Grèce à brader ses richesses aux compagnies privées, il fallait avant toute chose incriminer et culpabiliser son peuple en le couvrant d’infamies.
Le peuple grec n’a pas à avoir honte : ce ne sont pas les victimes qui sont coupables, mais bien les créanciers privés et leur cupidité sans limite.

Le document diffusé par la RTS apporte un regard lucide sur les conséquences de la politique de rigueur et d’austérité menée par l’Union européenne.
Un reportage qui pose un regard franc sur le cortège de malheurs et de drames sociaux que subissent et endurent les classes populaires et moyennes grecques, et qui est emblématique de ce que subissent, à des degrés divers pour le moment, les peuples du Portugal, d’Espagne, d’Italie, d’Irlande, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de Pologne…
Sans oublier la France, où les plus vulnérables (travailleurs pauvres, chômeurs, petits retraités…) subissent déjà des situations dramatiques.

Vive l’Union européenne ? « Plus jamais ça », qu’ils disaient…

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