La France vend ses bijoux de famille : le scénario grec se met en place

Intro :

Si en Grèce le HRADF (Hellenic Republic Asset Development Fund ou TAIPED en grec) brade et privatise à marche forcée depuis 2012 le patrimoine public hellène, pour le plus grand profit des créanciers privés (compagnies, banques…), la France n’est pas en reste, loin de là…

Dans l’hexagone, les gouvernements se suivent – et se ressemblent – tous pressés de vendre les bijoux de famille du pays, sous prétexte de se plier à la sacro-sainte règle « inventée sur un coin de table » d’un déficit public à 3% maximum du PIB, de réduire une dette publique qui n’a cessé d’enfler depuis maintenant quarante ans sur le marché privé (une dette définitivement  irremboursable et illégitime pour une bonne partie).

Un patrimoine public national liquidé, bradé, pourtant constitué et construit grâce aux multiples contributions et aux impôts de générations de citoyens au fil du temps, bien souvent parfois au prix de luttes sociales difficiles.

On assiste donc, comme dans tous les pays qui passent – plus ou moins brutalement et rapidement sous l’emprise et l’empire des intérêts privés (multinationales, fonds spéculatifs…), à la cession – à perte la plupart du temps -, des biens publics qui constituent pourtant la richesse nationale. Un patrimoine commun qui devrait être défendu et protégé des appétits cupides des spéculateurs privés.

Concernant la France, cette liquidation, cette grande braderie nationale est en partie déléguée depuis 2004 à l’Agence des participations de l’Etat (APE), ou bien s’effectue encore à travers les cessions immobilières de l’Etat ainsi que par le biais des ventes domaniales de la Direction Générale des Finances Publiques.
Une activité très lucrative et profitable, à court terme pour les finances de l’Etat mais surtout sur le long terme pour les investisseurs-spéculateurs privés qui mettent ainsi la main notamment sur des infrastructures (aéroports, routes…) à des prix très, très, très rentables.

Dernier exemple emblématique en France, la cession par l’actuel gouvernement Valls et son ministère de l’économie de la participation de l’Etat de 49,99% du capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac, cession immédiate assortie d’une option de vente pour le solde.
Point noir de cette vente – hormis le fait de liquider le bien public -, l’acheteur serait un groupe chinois et canadien dont la société implantée aux Îles Vierges – l’un des paradis fiscaux les plus opaques de la planète -, n’est pas du meilleur effet…

Face à cette offensive de spéculateurs privés qui débouche inexorablement sur une liquidation à perte et sur un appauvrissement du patrimoine de l’Etat et donc des citoyens eux-mêmes, à quand une prise de conscience sur ce dépouillement des biens publics ?

Une offensive et une liquidation réalisées et appuyées de surcroît avec la collaboration des dirigeants politiques européens et la complicité des représentants politiques nationaux, pour la plupart d’entre eux asservis et assujettis aux desiderata des groupes de pression des grandes compagnies privées européennes (European round table, ERT) et transatlantiques (Business Roundtable).


Sites officiels
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Documents officiels
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  • L’Etat va engager l’ouverture du capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac
    Ministère de l’économie, communiqué de presse, le 11 juillet 2014
    Michel SAPIN, ministre des Finances et des Comptes Publics, et Arnaud MONTEBOURG, ministre de l’Economie, du Redressement Productif et du Numérique, annoncent avoir demandé à l’Agence des Participations de l’Etat d’engager une procédure de cession de la participation de l’Etat au capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac. Cette opération se réalisera dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres, ouverte et transparente, lui permettant de céder immédiatement jusqu’à 49,99 % du capital, assortie d’une option de vente pour le solde. La Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse sera également invitée à céder une fraction de sa participation aux côtés de l’Etat, si elle en exprime l’intention.
    L’Etat détient aujourd’hui 60 % du capital d’Aéroport Toulouse Blagnac, aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse qui en détient 25 %, et des collectivités territoriales (Région Midi-Pyrénées, Département de Haute-Garonne, Communauté urbaine de Toulouse Métropole) qui en possèdent chacune 5 %. L’opération a fait l’objet d’une concertation approfondie au cours des derniers mois avec les actionnaires locaux, qui seront pleinement associés à sa mise en œuvre et avec lesquels l’Etat exercera sa vigilance sur les aspects industriels et sociaux des offres des candidats.
    Le Gouvernement publiera prochainement le cahier des charges régissant la procédure, qui devrait aboutir à la sélection de l’acquéreur en novembre prochain.
    Cette opération s’inscrit pleinement dans le cadre des lignes directrices de l’Etat actionnaire définies par le Gouvernement : elle permettra à l’Etat de se désengager à terme du capital de la société tout en s’assurant, par son rôle de concédant et de régulateur, de la résilience économique de l’aéroport et du respect des exigences liées au service public aéroportuaire.
    Source : www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/agence-participations-etat/CP_Ministres_L%27Etat_va_engager_l%27ouverture_du_capital_de_l%27aeroport_de_Toulouse-Blagnac_11072014.pdf


Revue de presse
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  • Finances publiques – Enquête
    Aéroport de Toulouse: les preuves du mensonge
    Par Laurent Mauduit, Mediapart.fr, le 7 décembre 2014
    Emmanuel Macron prétend que l’aéroport de Toulouse restera contrôlé à 50,1 % par des actionnaires publics. Mediapart publie des fac-similés du pacte d’actionnaires secret qui attestent du contraire : les trois membres du directoire seront désignés par les investisseurs chinois. Et l’État a signé une clause stupéfiante, s’engageant à soutenir par avance toutes leurs décisions.
    (Lire la suite…)
    Source : www.mediapart.fr/journal/france/071214/aeroport-de-toulouse-les-preuves-du-mensonge
  • Economie – Enquête.
    La scandaleuse privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac
    Par Laurent Mauduit, Médiapart.fr, le 28 novembre 2014
    Pour la première vraie privatisation du quinquennat Hollande,Emmanuel Macron veut céder l’aéroport de Toulouse-Blagnac à un groupe chinois implanté dans des paradis fiscaux et à un groupe canadien radié pour dix ans par la Banque mondiale, pour des faits graves de corruption. Enquête sur une cession qui a tout de l’affaire d’État.Depuis que François Hollande l’a promu ministre de l’économie,Emmanuel Macron s’est fait une spécialité de multiplier les provocations en sortant chaque jour de sa hotte un nouveau projet concocté au préalable dans les cénacles patronaux ou dans les milieux de la haute finance dont il vient. Remise en cause des 35 heures, gel des salaires, déréglementation du droit du travail,agression contre les professions réglementées comme celle d’avocat : le successeur d’Arnaud Montebourg multiplie les annonces de nouveaux projets.
    À toutes ces provocations, il va falloir bientôt ajouter un scandale, voire une affaire d’État. Sur décision d’Emmanuel Macron, l’aéroport de Toulouse-Blagnac pourrait être partiellement …
    (Lire la suite… article payant)
    Source : www.mediapart.fr/journal/economie/281114/la-scandaleuse-privatisation-de-laeroport-de-toulouse-blagnac
  • Le gouvernement embarrassé par le rachat de l’aéroport de Toulouse
    Par Martial You, La rédaction numérique de RTL, le 28 novembre 2014
    L’État envisage de vendre l’aéroport de Toulouse-Blagnac. En pôle position pour le racheter, le groupe Friedmann Pacific Investment Group aurait fait une offre 20 à 25% supérieure à celle de ses concurrents, et proposerait jusqu’à 300 millions d’euros pour détenir 49,9% des parts.
    Mais cet investisseur venu de Chine pose problème. Propriété du docteur Poon, la société serait basée dans l’un des paradis fiscaux les plus opaques du monde : les îles Vierges.
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    Source : www.rtl.fr/actu/economie/le-gouvernement-embarrasse-par-le-rachat-de-l-aeroport-de-toulouse-7775636658
  • L’aéroport de Toulouse-Blagnac bientôt chinois
    Par Corinne Bouchouchi, LeNouvelObs.com, le 27 novembre 2014
    L’aéroport de Toulouse est sur le point de passer dans l’escarcelle d’un consortium sino-canadien mené par Friedmann Pacific Investment group (FPI), un fonds basé à Pékin, et Shandong High-speed Group, une entreprise d’infrastructures gérant notamment l’aéroport international de Jinan, dans la province de Shandong.
    (Lire la suite…)
    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141127.OBS6387/l-aeroport-de-toulouse-blagnac-bientot-chinois.html
  • La cession de l’aéroport de Toulouse suscite la polémique
    Replay / Édito – L’État français veut céder 49,9% du capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Jusque-là, la meilleure offre vient d’un consortium sino-canadien : une initiative vivement critiquée.
    Par Bénédicte Tassart, RTL.fr, le 12 novembre 2014
    Faut-il céder l’aéroport de Toulouse-Blagnac à des Chinois ? La privatisation du site tourne au casse-tête. On avait déjà connu pareille situation en Europe, quand les Chinois ont racheté une grosse part de du port du Pirée, en Grèce. Aujourd’hui, l’État français veut céder 49,9% du capital de l’aéroport toulousain. Il reste trois candidats en lice aujourd’hui. L’offre la plus sérieuse viendrait d’un consortium sino-canadien. Au bout des pistes de Toulouse-Blagnac, il y a des activités d’Airbus. N’est-ce pas tenter le diable et donner aux Chinois l’occasion d’espionner tranquillement notre fleuron de l’aéronautique ?
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    Source : www.rtl.fr/actu/economie/la-cession-de-l-aeroport-de-toulouse-suscite-la-polemique-7775292345
  • Privatisation Toulouse-Blagnac : les Chinois alliés aux Canadiens seraient en bonne place
    Par Gil Bousquet, LaDépêche.fr, le 4 novembre 2014
    Le tandem Lavalin-Shandong High Speed Group proposerait la meilleure offre financière pour reprendre l’aéroport de Toulouse-Blagnac.
    Selon nos informations, le tandem formé par le Canadien SNC Lavalin et le Chinois Shandong High Speed Group pour le rachat de l’aéroport de Toulouse-Blagnac ferait la course en tête. «L’écart de prix entre l’offre sino-candienne et ses concurrents est significatif» a confié une source proche du dossier à La Dépêche du Midi. Alors que des rumeurs donnaient les différents concurrents dont Aéroports de Paris (ADP) et Vinci Airports dans un mouchoir de poche, la donne pour la vente d’une première tranche de 49,9 % détenus par l’état dans le capital de l’aéroport semble sur le point d’être bouleversée.
    (Lire la suite…)
    Source : www.ladepeche.fr/article/2014/11/04/1984659-privatisation-toulouse-blagnac-chinois-allies-canadiens-seraient-bonne-place.html
  • L’État engage la privatisation des aéroports de province
    Par Valérie Collet, LeFigaro.fr, le 11 juillet 2014
    L’APE compte privatiser aéroport par aéroport.
    L’aéroport de Toulouse-Blagnac sera le premier à être privatisé, a annoncé vendredi l’Agence des participations de l’État (APE). Mais si l’opération de cession se passe bien, d’autres devraient suivre. Selon nos informations, Nice, le plus cher, devrait suivre.
    La liste des aéroports de province à privatiser est longue. Et quelques belles pépites sont attendues: Nice en tête, puis Lyon. Toulouse, en troisième position, devrait rapporter quelques centaines de millions d’euros. Les aéroports de moins grande importance, ceux de Bordeaux, Montpellier et Strasbourg font actuellement l’objet de discussions entre l’État et les régions dans le cadre de la loi de décentralisation. Les collectivités pourraient vouloir conserver un pouvoir de mise en concession de ces aéroports.
    Le choix de Toulouse est le résultat d’une négociation fructueuse entre l’APE, la chambre de commerce et les collectivités. L’État a annoncé avoir engagé le processus de cession des 60 % détenus dans la plateforme toulousaine.
    (Lire la suite…)
    Source : www.lefigaro.fr/emploi/2014/07/11/09005-20140711ARTFIG00359-l-etat-engage-la-privatisation-des-aeroports-de-province.php
  • La privatisation des aéroports de province est reportée à l’après 2012
    Par LePoint.fr avec l’AFP, le 21 septembre 2011
    Le gouvernement, qui souhaitait privatiser quatre aéroports régionaux pour renflouer un peu les caisses de l’Etat, a dû abandonner le projet faute d’accord avec les collectivités impliquées, repoussant ce dossier délicat à l’après-présidentielle de 2012.
    Le gouvernement souhaitait céder à des acteurs privés 50% du capital des aéroports de Toulouse, Bordeaux, Montpellier et Lyon, opération qui aurait pu lui rapporter jusqu’à un milliard d’euros.
    Mais les collectivités se montraient réticentes à cette option, souhaitant racheter elles-mêmes ces actifs stratégiques. Le gouvernement leur avait laissé jusqu’au 15 septembre pour se prononcer sur ce dossier.
    Et il semble que « les acteurs locaux veulent garder la main » sur les aéroports, a appris l’AFP auprès d’une source proche du gouvernement. « Donc l’ouverture du capital ne pourra pas intervenir dans l’immédiat ».
    (Lire la suite…)
    Source : www.lepoint.fr/societe/la-privatisation-des-aeroports-de-province-est-reportee-a-l-apres-2012-21-09-2011-1375997_23.php
  • L’Etat va vendre ses aéroports de province
    Par LeParisien.fr, le 8 mars 2011
    Il en détient 60% mais veut s’en séparer. L’Etat va ouvrir au printemps le capital des aéroports de Lyon-Saint-Exupéry, Toulouse-Blagnac, Bordeaux-Mérignac et Montpellier-Méditerranée et du coup abaisser sa participation dans ces différentes plateformes. L’annonce en a été faite lundi par la délégué général de l’Union des aéroports de France (UAF), lors de la présentation annuelle.
    «L’avis du Conseil d’Etat a été rendu, l’arbitrage est désormais dans le camp de Matignon. Il y aura sans doute un appel à candidatures», a déclaré Jacques Sabourin.
    Pour l’instant le tour des tables des actionnaires de ces quatre aéroports est assez simple : 60% pour l’Etat, 25% pour les chambres de commerce et d’industrie locales et 15% pour les collectivités territoriales. L’ouverture du capital permettrait à l’Etat, qui s’est engagé à ce que la part publique reste majoritaire jusqu’au 31 décembre 2013, de céder 50% moins une part. L’opération se déroulerait au plus tard à la fin juin.
    (Lire la suite…)
    Source : www.leparisien.fr/economie/l-etat-va-vendre-ses-aeroports-de-province-08-03-2011-1348991.php
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