François Hollande : les Grecs sont libres de voter ce qu’ils veulent, mais…

Intro :

L’année démarre fort, ou plutôt continue, côté propagande et langue de bois politique (le contraire eut été surprenant).
Avec la perspective des élections législatives annoncées en Grèce le 25 janvier prochain, les dirigeants politiques au plus haut niveau, suivis par leurs commentateurs attitrés, se sentent investis pour bourrer le crâne de l’opinion publique, à défaut de bourrer les urnes directement.

En effet, ce scrutin du 25 janvier est annoncé comme une possible victoire du parti de gauche Syriza emmené par Alexis Tsipras qui dit vouloir revoir les règles imposées par les créanciers de la dette grecque.
Des marchés financiers aidés dans leur macabre mais juteuse besogne, rappelons-le, par l’Union européenne avec ses « politiques d’austérité » et ses « plans d’aides » qui ne font qu’accentuer la misère d’un nombre croissant de Grecs (mais également ailleurs en Europe, des Portugais, des Espagnols, des Italiens, des Irlandais, des Anglais…).

Des politiques d’austérité supportées par les peuples, mais très rentables pour les spéculateurs privés. La plupart des dirigeants politiques européens, à l’écoute de leurs généreux bailleurs de fonds privés, rentiers et autres banquiers inquiets de la baisse éventuelle de rendement de leurs placements (obligations d’Etat, etc.), montent donc au créneau comme de bons petits soldats chargés de défendre la rente plutôt que la démocratie semble-t-il.

François Hollande, un « ami » de la Grèce ?

François Hollande accomplit donc sa tâche et déclare en substance en ce début 2015 : les Grecs sont libres de voter comme bon leur semble, mais...
Des propos qui ne sont qu’une pitoyable redite de sa déclaration de juin 2012 quand il mettait en garde les Grecs pour qu’ils votent souverainement mais surtout correctement

A un peu plus de deux années d’écart, François Hollande ressert donc les mêmes plats indigestes. En effet, presque mot pour mot, le président français reconnaît l’entière souveraineté des Grecs à voter comme ils l’entendent, mais
Ce « mais » – ces « mais » de 2012 et 2015 –,  sont à eux seuls des ingérences inexcusables.

Que François Hollande commence par respecter et appliquer son propre programme électoral de 2102 avant de donner des leçons de politique et de sommer les Grecs de respecter leurs engagements, qui leur ont été dictés et imposés et dont les conséquences économiques, sociales et sanitaires sont catastrophiques et dramatiques.

Pour sa part, le peuple grec a déjà suffisamment d’ennemis et de spéculateurs prédateurs contre lui (encore une fois, comme au Portugal, en Espagne, en Italie, en Irlande, au Royaume-Uni… et en France) pour mériter d’être épargné par une nouvelle calamité, avec notamment ce soi-disant « soutien » venant de l’ex-ennemi de la finance, François Hollande-Moi-président.
 

Revue de presse :

  • France Inter, édition spéciale avec François Hollande
    Le 5 janvier 2015
    Patrick Cohen (8h12) : « On va commencer par les questions européennes. Nous sommes à trois semaines d’un scrutin important et symbolique en Grèce, qui pourrait voir accéder aux responsabilités le parti de la gauche radicale Syriza qui a percé en réaction ou en opposition aux politiques d’austérité. Angela Merkel, la chancelière allemande, a fait savoir, ou a laissé dire ce week-end qu’en cas de victoire de Syriza elle laisserait la Grèce sortir de l’euro. Est-ce une perspective raisonnable ou acceptable à vos yeux… ?
    François Hollande : « Je ne sais pas exactement qu’elle est la réalité de cette déclaration de Mme Merkel. Mais je vais vous dire qu’elle est la position de la France, donc la mienne. Les Grecs, ils sont libres de décider souverainement de leurs gouvernants. C’est le sens de l’élection qui va avoir lieu à la fin du mois de janvier. Les Grecs, c’est une démocratie. Ce sont des citoyens qui doivent se prononcer comme ils l’entendent. Les gouvernants qu’ils vont avoir à choisir auront à respecter les engagements qui ont été pris par leur pays…. »
    P. Cohen : « …Et les responsables européens aussi… »
    F. Hollande : « … et les responsables européens aussi… »
    P. Cohen : « … Un certain nombre de signaux qui ont été envoyés… »
    F. Hollande : «… et les responsables européens, quelques soient les gouvernants. Quant à l’appartenance de la Grèce à la zone euro, c’est à la Grèce seule d’en décider. Il n’y a pas aujourd’hui à émettre je ne sais quelles considérations qui voudraient que, selon le vote des Grecs, ils ne seraient plus ou ils seraient encore dans la zone euro. Je me suis bien fait comprendre. Les Grecs sont libres de choisir leur destin… Mais en même temps, il y a des engagements qui ont été pris, des obligations qui ont été posées. Tout cela devra être forcément respecté. »
    (Ecouter la suite…)
    Source : www.franceinter.fr/emission-le-79-edition-speciale-avec-francois-hollande

(…)

  • François Hollande met en garde les électeurs grecs
    Par Sylvie Johnsson, France Info, le 13 juin 2012
    Dans une interview accordée ce mercredi à la télévision grecque Mega Channel, à quatre jours des élections législatives dans le pays, le président français rappelle les Grecs à leurs engagements, sous peine de devoir quitter la zone euro.
    « J’ai conscience que les électeurs (grecs) doivent avoir la pleine souveraineté mais je dois les prévenir que si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement, alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro » explique le président français en tant qu’ « ami de la Grèce » dans cette interview dont le texte a été diffusé par l’Elysée.
    (Lire la suite…)
    Source : www.franceinfo.fr/actu/europe/article/francois-hollande-met-en-garde-les-electeurs-grecs-156307
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