19 janvier 2015 : meeting parisien de soutien à Syriza

19 janvier 2015, Susan George au  Gymnase Japy à Paris

19 janvier 2015, Susan George au Gymnase Japy à Paris

Intro :

Un aperçu du meeting organisé le lundi 19 janvier dernier au Gymnase Japy, Paris 11ème arr., en soutien au parti de gauche grec Syriza, en perspective des élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce.
Avec notamment le discours de Susan George, présidente d’honneur d’Attac, qui souligne notamment l’idéologie quasi-religieuse des politiques dites d’austérité destinées à punir, à racheter une supposée faute des peuples endettés.

Si faute coupable et criminelle il y a réellement, c’est bien celle d’une minorité d’individus qui se gavent, s’engraissent et prospèrent à bon compte depuis le milieux des années 1970 au prétexte d’une mondialisation « néolibérale » qui devait profiter soi-disant à tous, mais qui n’en finit plus de creuser des inégalités injustifiées et injustifiables.

Documents :

  • Captation vidéo de la soirée :


    Quelques intervenants
    :
    (à 8:45) Vangelis Goulas, de Syriza Paris
    (à 10:00) Susan George (texte retranscrit plus bas)
    (à 16:00) Pierre Laurent
    (à 37:38) J-Luc Mélenchon
    (à 46:45) Collectif Solidarité France Grèce pour la santé
    (à 52:10) Cécile Duflot
    (à 1:29:40) Clémentine Autain
    (à 1:40:45) Liêm Hoang Ngoc
    (à 1:56:00) Giorgos Katrougalos, député européen Syriza

  • Retranscription du discours de Susan George, présidente d’honneur d’Attac :

    « Chers amis, chers camarades,

    Je suis très honorée de participer à cette soirée en soutien àSyriza et pour affirmer le droit du peuple grec de se prononcer le 25 janvier sans interférence ou de tentatives d’intimidation venant de quiconque, y compris de la commission européenne ou des autres gouvernements européens.Le peuple grec subit déjà les mensonges et les menaces de la droite grecque, et il est inadmissible qu’il ait à subir aussi ceux qui viennent de l’étranger. Rappelons-le à chaque occasion en France et en particulier à notre commissaire à Bruxelles.

    Je suis présente ce soir pour affirmer et apporter toute la solidarité d’Attac à Syriza, non seulement parce que son programme est le seul en mesure de changer le destin des Grecs, humiliés, appauvris, meurtris, attaqués de toute part, privés d’avenir et d’espérance, mais aussi parce que la victoire de Syriza peut déclencher un grand mouvement de libération dans toute l’Europe.

    La victoire de Syriza peut être une victoire pour nous tous en provoquant un réexamen de fond en comble de la dette grecque et partant, de la dette des pays de l’union européenne. Attac France et les autres Attac d’Europe, y compris Attac Allemagne estiment que ce sera sur ce dossier que Syriza peut rendre un immense service, non seulement au peuple grec, mais à nous tous.

    Je n’ai pas le temps de raconter les manigances des gouvernements grecs précédents ni les maquillages apportés aux livres de comptes grecs par Goldman-Sachs, mais en 2015 il n’est pas inutile de rappeler qu’en allemand, le mot dette – schuld – est le même que le mot pour faute et sous-entend le péché – mea culpa, « c’est ma faute », se traduit meine schuld.

    Nous sommes face à un discours quasi-religieux et à une politique de punition qui ne dit pas son nom, et surtout ne dit jamais que les prêts de la Troïka à la Grèce après la crise et jusqu’en 2012 ont servi essentiellement à rembourser les banques françaises et allemandes. Ces prêts n’ont en rien contribué au bien ni au bien-être du peuple grec.
    Au contraire, ils ont énormément augmenté la dette qui écrase les Grecs et aggrave les atteintes aux droits de l’homme dans ce pays.

    Rappelons aussi qu’après la deuxième  guerre mondiale, l’Allemagne a très vite vu sa dette réduite des deux tiers, elle a obtenu toutes sortes de facilités de paiement et d’aides dont le plan Marshall pour se reconstruire et que les autorités allemandes n’ont jamais payé les réparations de guerre qu’elles devaient à la Grèce.

    C’est à nous de rappeler constamment ces vérités, y compris au gouvernement français qui a tendance à obéir au doigt et à l’oeil à la doctrine de la Bundesbank. Les Grecs n’ont pas à subir cette loi des « deux poids deux mesures » et les souffrances qu’elle impose.

    A Attac, nous sommes persuadés qu’une commission d’audit de la dette grecque établie par un gouvernement Syriza découvrirait très vite tous les éléments de ce que les juristes appellent la dette odieuse. Une dette odieuse est illégitime. C’est une dette qui ne peut pas et ne doit pas être intégralement remboursée. Personne n’a élu la Troïka, ni les dirigeants des banques françaises et allemandes, ni les gouverneurs de la banque de France ou de la Bundesbank.

    Soutenir Syriza, c’est soutenir non seulement le peuple grec mais tous les peuples d’Europe. Nous avons assez de la stupidité économique et des conséquences sociales désastreuses, des politiques néo-libérales que la Troïka et nos gouvernements serviles nous imposent.

    C’est la Grèce qui a la première inventé la démocratie. Ensemble, faisons tout pour qu’à partir du 25 janvier elle puisse la réinventer et la faire régner, en Grèce et partout en Europe.

    Vive la Grèce, vive l’Europe démocratique !
    Merci. »

Publicités
Cet article, publié dans Actions & soutiens, Grèce, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.