GREXIT : menace, et bluff…

Intro :

Pendant les négociations entre le gouvernement grec et la Troïka-mafia, la menace du « Grexit » a été le coup de bluff de la part des représentants de la Commission européenne, de la BCE, du FMI.
Un coup de bluff notamment du ministre fédéral des finances allemand W. Schäuble.

Car la Grèce constitue un enjeu géostratégique et géopolitique majeur pour les Occidentaux, Etats-Unis en tête.

Revue de presse :

  • Le Grexit en 10 questions
    Par Catherine Chatignoux, Jean-Philippe Lacour, Anne Bauer et Pierrick Fay, Les Echos, le 9 juillet 2015
    Alors que la Grèce a présenté jeudi à ses créanciers de nouvelles propositions de réforme en vue d’un accord, retour en dix questions sur les enjeux d’un éventuel « Grexit ».(…)
    (…)
    8-Quelles sont les conséquences géopolitiques ?
    La Grèce ne se résume pas à des chiffres sur sa dette et sa croissance, ce que les dirigeants européens savent bien.Comment l’Europe expliquerait-elle à ses partenaires internationaux qu’elle lâche la Grèce au moment où elle se bat pour l’Ukraine sur son flanc est ?
    Un paradoxe difficilement défendable, qui l’affaiblirait vis-à-vis de la Russie.
    (…)
    Enfin, face à l’instabilité de la rive sud de la Méditerranée, le pays est un point central dans le dispositif de l’Otan, mais aussi des Américains [note personnelle : rajout inutile selon moi puisque l’Otan c’est les Américains…], qui disposent encore d’une base pour leur flotte à Souda en Crète, non loin des côtes syriennes. En ajoutant l’élément de stabilité que représente Athènes face à ses voisins des Balkans, la nécessité de son maintien dans l’Union européenne ne fait aucun doute. » (A. B.)
    (…)
    Source : www.lesechos.fr/monde/europe/021198411174-le-grexit-en-dix-questions-1136005.php
  • Grèce : un pays géostratégique
    Par M&Cies, le 21 février 2015
    Intro :
    Dans son ouvrage intitulé La revanche de la géographie. Ce que les cartes nous disent des conflits à venir (2012), le journaliste américain Robert D. Kaplan, spécialisé en sciences politiques, évoque l’importance stratégique de la Grèce.Il cite et reprend notamment les analyses du géographe et géopoliticien britannique, Harold J. Mackinder (1861-1947).
    La Grèce, un petit pays par son nombre d’habitants mais géographiquement important.

    Extrait :
    (…)
    « Au début de la guerre froide, la Grèce dut lutter pour rester dans le camp occidental, elle fit face à une guerre civile entre communistes et miliciens de droite, mais les négociations entre Churchill et Staline finirent par lui faire intégrer l’OTAN.
    Comme le précise Mackinder, la Grèce se situe juste en dehors du coeur de l’Eurasie, ce qui la rend amie des puissances maritimes, mais si elle venait à tomber aux mains d’une puissance du Heartland comme la Russie, cette dernière « prendrait probablement le contrôle de l’île monde. »
    Bien entendu, la Russie n’est pas près de prendre le contrôle de la Grèce. Il est pourtant intéressant d’imaginer à quel point la Russie aurait été renforcée si les négociations avaient placé la Grèce dans le bloc communiste : elle se serait trouvée aux portes de l’Italie, sans parler de tout l’est méditerranéen et du Moyen-Orient. »
    (…)
    Robert D. Kaplan, La revanche de la géographie. Ce que les cartes nous disent des conflits à venir (2012 ; 2014, Editions du Toucan)
    Source : https://mondialisationetcies.wordpress.com/2015/02/21/grece-un-pays-geostrategique/
  • La Grèce, un enjeu stratégique
    Par Laurent Lemarchand, Ouest-France.fr, le 20 février 2015
    A force de laisser les comptables gérer l’aventure européenne, on en finirait pas oublier l’essentiel. Tout le monde a les yeux braqués sur le cadastre grec, sur le faible résultat des réformes engagées par Athènes depuis quatre ans en échange de plusieurs plans d’aides. Sur les diverses hypothèses de « Grexit », d’une sortie ordonnée ou chaotique de la Grèce de la zone euro. Les yeux rivés sur les comptes, on en oublierait le paysage. Or, tout comme les dirigeants de l’Union européenne ont cru pouvoir avancer avec l’Ukraine sur la seule voie du libre-échange, sans se soucier des répercussions stratégiques d’un tel rapprochement, ils risquent de commettre la même erreur avec Athènes. Jouer les tatillons sur les comptes d’un pays qui ne pèse que 2% du PIB européen, en oubliant l’avalanche géostratégique qui guette. Et dont Tsipras lui-même est parfaitement conscient. La Grèce n’est en effet pas seulement une affaire économique et financière que tous les contribuables européens commencent à connaître par coeur. C’est d’abord une affaire stratégique. Perdre la Grèce, c’est créer, aux portes de l’Europe, un trou noir stratégique qui pourrait très vite se révéler être un puissant facteur de déstabilisation pour l’Union européenne. Washington (qui ne cesse de faire pression pour qu’un accord soit trouvé entre le gouvernement Tsipras et ses créditeurs de la Troïka) et Moscou (qui a déclaré à plusieurs reprises sa disponibilité à soutenir Athènes en cas de besoin) l’ont clairement compris. Bruxelles et Berlin un peu moins.
    (Lire la suite…)
    Source : http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2015/02/20/grece-euro-tsipras-syriza-moscou-russie-13536.html
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