Grèce : « Nous sommes face à un discours quasi-religieux et à une politique de punition qui ne dit pas son nom »

Tandis que Merkel, l’idiote-utile de la géopolitique américaine, et surtout son sinistre des finances, Wolfgang Schäuble, bouffi d’orgueil et de morgue, n’en finissent pas de se gausser de leur coup d’Etat bancaire imposé à la Grèce, le peuple grec, lui – après le numéro de politicien de Tsipras -, se déchire sur l’avenir politique et économique du pays.

Un peuple grec qui n’en finit plus de subir et de supporter des “réformes structurelles” brutales et autres “plans d’ajustements” aux conséquences sociales criminelles.
Sans oublier la mortifère politique dite d’”austérité”, relent d’une morale religieuse culpabilisatrice qui associe la dette à la faute morale (schuld), comme le rappelait la grande Susan George, présidente d’honneur d’Attac, lors d’un meeting de soutien à Syriza à Paris (19 janvier 2015) :

Susan George : “(…) Je n’ai pas le temps de raconter les manigances des gouvernements grecs précédents ni les maquillages apportés aux livres de comptes grecs par Goldman-Sachs, mais en 2015 il n’est pas inutile de rappeler qu’en allemand, le mot dette – schuld – est le même que le mot pour faute et sous-entend le péché – mea culpa, « c’est ma faute », se traduit meine schuld.
Nous sommes face à un discours quasi-religieux et à une politique de punition qui ne dit
pas son nom (…). »

Si la dette, selon le Dr Schäuble, est assimilable à une faute morale, que dire alors des dirigeants allemands successifs qui ne se sont jamais acquittés de leurs propres dettes de guerre. Des dettes de guerre, il faut le rappeler, effacées d’un trait de plume avec l’assentiment et l’appui intéressé de la puissance américaine qui avait besoin d’une Allemagne réunifiée, puissante, pour asseoir son hégémonie en Europe et plus largement en Eurasie.

Des réformes imposées à la schlague à la Grèce et à son peuple, réformes qui, contrairement à ce que répètent la plupart des commentateurs, fonctionnent très bien en atteignant leur objectif initial : le dépeçage, le pillage au rabais d’un pays, de ses infrastructures, de ses ressources naturelles, la transformation d’une économie au format néolibéral. Les profits pour le secteur privé (financiers, multinationales, rentiers), et les restes pour les classes moyennes (en voie de disparition) et classes populaires (de plus en plus appauvries…).

Une volonté de “réformer” la Grèce et son peuple qui ne date d’ailleurs pas d’hier chez certains dirigeants allemands :
“L’Allemagne contre la Grèce… tout contre” link to wp.me

Un programme que M. Schäuble et ses petits camarades de cette Union européenne des marchés ne demandent qu’à voir appliquer en France : MM. Hollande-Valls-Macron s’y emploient ardemment et servilement, comme avant eux MM. Mitterrand, Chirac-Juppé, Sarkozy ; et à n’en pas douter, le cas échéant, comme s’y emploierait également une extrême-droite française, plus proche d’un capitalisme inégalitaire qu’elle tente de le faire croire avec un discours pseudo-social.

N’en doutons pas, le bon Dr Schäuble, “droit dans ses bottes” et spécialiste de la saignée néolibérale, apportera toute son expérience acquise en Grèce pour aider à la mise en oeuvre en France de sa vision économique et politique d’une société efficace et bien ordonnée comme il la conçoit, ainsi que ses petits copains et coquins de la finance et du business.

Un bel avenir en perspective, que goûtent donc déjà, pour ne parler que de l’Europe, les Portugais, Espagnols, Grecs, Italiens, Irlandais, mais aussi les peuples des anciens pays de l’Est qui découvrent, ou vont découvrir, les joies de la mondialisation néolibérale (les profits pour quelques uns et les coûts et les restes pour les peuples), sans oublier le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec leurs millions de travailleurs… pauvres.

Publicités
Cet article, publié dans Allemagne, Grèce, Union européenne, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.