Des Trillions pour la spéculation, les miettes et les ardoises pour les cons…

Tignous "Le fric c'est capital" (éditions 12bis, 2010)

Tignous « Le fric c’est capital » (éditions 12bis, 2010)

Intro :

Austérité, rigueur, discipline budgétaire, modération salariale, demandes sociales raisonnables et réalistes… Autant de qualificatifs envoyés systématiquement à la face des contribuables, des salariés, des chômeurs, mais dont s’exonèrent allègrement et sans le moindre scrupule les marchés financiers et les investisseurs privés.
Le monde cupide de la finance, des multinationales, des grandes fortunes et autres rentiers se fait fort d’exiger des petites gens, d’imposer aux peuples, ce dont ses membres dorés sur tranche sont incapables eux-mêmes.

Par contre, les peuples, classes moyennes et populaires, sont toujours stigmatisés comme populistes dès qu’ils rechignent, renâclent à courber l’échine, et osent relever la tête pour réclamer justice.
Des « populistes », que les sommités de la finance privée et leurs laquais politiques de tous bords, sont pourtant bien contents de trouver et de mettre à contribution quand il s’agit d’éponger leurs dettes de jeux gigantesques après avoir fait flamber la bourse-casino, comme en 2007-2008 et en attendant le prochain krach qui ne saurait tarder.

L’avidité pathologique de ces classes possédantes minoritaires emmène la planète entière à la catastrophe.
Et comble du cynisme, ce sont ces individus, ces entités, qui exigent des autres des sacrifices perpétuels, dans le seul but de dégager toujours plus de profits pour leur petite caste et asseoir toujours davantage leur pouvoir sans limite : réformes structurelles qui déstructurent les sociétés, politiques d’austérité criminelles qui asphyxient et tuent les petites gens (chômage, travailleurs pauvres, crise du logement, études, santé et retraite hors de prix…).

Or, l’argent est bien là.
Un argent qui circule dans le monde dans des proportions démentielles en centaines de milliers de milliards de dollars, avec une richesse mondiale qui se chiffre en milliers de milliards de dollars.
Mais un argent qui ne profite qu’à la spéculation, qui ne bénéficie qu’à quelques milliers d’individus à travers le monde, accumulant maladivement et avidement toujours plus de richesses pour satisfaire leur névrose et leur soif de domination.
Des individus s’obligeant, de temps à autre, à sacrifier une (toute) petite part de leur fortune (et seulement les intérêts de préférence, s’il vous plait), à quelques fondations (défiscalisées) et bonnes oeuvres (la charité plutôt que l’impôt solidaire) afin de soigner leur communication, leur image, leur postérité : « Les bonnes oeuvres rachètent les mauvaises consciences… » (M. Twain).


Revue de presse
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  • Richesse mondiale et trésorerie des entreprises record… mais économie au ralenti : où passe l’argent ?
    Par Atlantico.fr, d’après Deloitte, le 18 octobre 2014
    Selon la banque Credit Suisse, la richesse mondiale continue de progresser alors que les économies sont à l’arrêt. Les entreprises battent tous les records en matière de trésorerie en accumulant des montagnes de cash. Dernier paradoxe, les investisseurs mondiaux se précipitent pour détenir de la dette d’Etat pourtant très peu rémunératrice. L’argent existe mais ne circule plus.
    Le 15 octobre, la Banque Crédit Suisse publiait son « Global Wealth Report » annuel, ayant pour objectif de dresser un état de la richesse économique mondiale. Et en 2014, cette richesse a atteint un nouveau record à 263 trillions de dollars, soit une hausse de 8.3% depuis 2013, ou 20 trillions supplémentaires en une seule année. Concernant l’Europe, les résultats sont identiques, la hausse atteint 10.6% pour afficher une richesse totale de 85.2 trillions de dollars. A la simple vue de ces chiffres, il reste  à se poser la question de la crise…quelle crise ? Si l’argent ne manque pas à travers le monde et en Europe, c’est bien sa circulation dans l’économie « réelle » qui pose problème.

    Des entreprises qui détiennent des montants record en trésorerie

    3500 milliards de dollars. Il s’agit du montant détenu en trésorerie par les 1000 plus grandes entreprises cotées au monde à la fin 2013. Si l’ensemble des sociétés américaines affichent 1600 milliards au compteur, l’Europe n’est pas en reste. En effet, selon les estimations du cabinet Deloitte, ce sont 1000 milliards d’euros qui constituent le matelas de sécurité des entreprises cotées en Europe et en Afrique du sud.
    Et pour les entreprises aussi, la répartition est très inégale. C’est ainsi que 17% des entreprises de la zone considérée (Europe et Afrique du Sud) détiennent 75% des 1000 milliards en question. Des montants en forte hausse depuis le début de la crise en 2007, soit une progression de 40% en 6 années.
    (Source Deloitte)
    Source : www.atlantico.fr/decryptage/richesse-mondiale-et-tresorerie-entreprises-record-mais-economie-au-ralenti-ou-passe-argent-nicolas-goetzmann-1812492.html
  • Europe 1, Médiapolis
    Par Michel Field et Olivier Duhamel
    , le 22 décembre 2012
    Invité : Michel Rocard
    (…)
    Michel Rocard : « (…) Je vais donner son vrai nom à cette crise de la dette souveraine en Europe, c’est un surcroît de dette publique créé par nous (…) dans le capharnaüm extrêmement dangereux d’une finance privée devenue folle. Ecoutez bien… Il y a dans le monde aujourd’hui, une liquidité mondiale créée par les banques – elle a doublé depuis cinq ou six ans -, qui est à 800 T… – il faut que nos auditeurs apprennent les nouvelles unités monétaires (…) il nous est émergé une nouvelle unité, le T, pour trillion, un T c’est mille milliards de dollars ; nous avons donc 800 mille milliards de dollars en ballade dans le monde, dont les milliers de transactions quotidiennes concernent de l’exportation ou d’autres services pour 2% – concerne la vraie économie pour 2% -, et pour 98% jouent sur des marchés spéculatifs. Et ça peut exploser tous les jours. Parce que la contrepartie de cette monnaie n’est pas en sécurité. C’est un endettement extrême. Ça peut sauter n’importe où. Ça, c’est le vrai danger ! La petite Europe à côté de ça n’est qu’un détonateur. »
    Source : www.europe1.fr/mediacenter/emissions/mediapolis/sons/mediapolis-22-12-12-1356875
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