Grèce : mouvements de résistance populaire en Crète

Crète

Intro :

Vive l’Union européenne, Cheval de Troie des marchés financiers et des multinationales !
Le dépeçage de la Grèce continue. Les ravages sur l’environnement également. Les firmes et autres compagnies nord-américaines, européennes et asiatiques font leur marché et mettent la main sur le patrimoine et les ressources du pays à prix bradés, cassés. Les profits, comme toujours, iront à quelques bénéficiaires cupides, jamais rassasiés de fric.

Actuellement, cette mainmise sur la Grèce se poursuit plus que jamais. La Crète – plus grande île grecque, avec une position stratégique en mer Méditerranée orientale -, est la cible de travaux démesurés en vue d’installer des éoliennes, installations auxquelles s’opposent et résistent les populations locales.

Pays de seulement onze millions d’habitants (population presque équivalente à celle de l’Île-de-France), mais composé d’un littoral gigantesque, la Grèce est un pays éminemment géostratégique.
Situé au carrefour à la fois des Balkans, de l’Europe orientale, du détroit des Dardanelles, des côtes méditerranéennes du Proche-Orient avec le bassin Levantin, ainsi que du continent africain avec la Libye, l’Egypte et son canal de Suez, la Grèce est un pays convoité, qu’il convient pour certains de maintenir sous contrôle (situation encore plus marquée depuis les mémorandums soi-disant destinés à venir en « aide » au pays…).

Tous les stratèges occidentaux connaissent l’importance de la Grèce. En premier lieu les dirigeants militaires et politiques américains qui bénéficient en Crète d’une base navale (VIème flotte US) de la plus haute importance, située à Souda juste à côté de Chania (La Canée) dans la partie ouest de l’île.

A ce titre, la menace européenne (et surtout allemande) d’un Grexit agitée lors du véritable coup d’Etat anti-démocratique du duo autoritaire et austéritaire Merkel et Schaüble contre le gouvernement grec emmené par Tsipras et Varoufakis en juin-juillet 2015 – Grexit qui aurait sorti la Grèce (du piège) de la zone euro, voire de l’Union européenne -, ce scénario était particulièrement grotesque et mensonger.

Car sortir la Grèce de l’euro, pire, de l’UE, aurait signifié prendre le risque inimaginable de livrer ce pays – encore une fois, essentiel pour les intérêts occidentaux -, sur un plateau à la Russie, qui n’aurait pas tardé à investir cette zone, de la plus haute importance en Méditerranée orientale (les Russes n’ont d’accès à la Méditerranée qu’à partir de la Syrie avec la base navale de Tartous).

Hélas, les citoyens français lambda – qui s’imaginent être informés objectivement par les grands médias propriétés de quelques potentats (Arnault, Bergé, Bolloré, Dassault, Drahi, Lagardère, Niel, Pigasse…) -, continueront de répéter imbécilement sur les Grecs ce que la presse aux ordres vomit chaque jour du matin au soir depuis maintenant le début de la crise grecque : c’est-à-dire que les Grecs méritent leur sort, qu’ils seraient d’incorrigibles fainéants, fraudeurs… comme la presse aime à les décrire.
Une stratégie perverse qui vise principalement à culpabiliser les victimes, afin de permettre aux structures financières et autres affairistes de grands chemins de délester, de dépouiller le peuple grec de ses biens publics, de son patrimoine, de ses ressources naturelles, en expliquant, en prétextant qu’il faut « réformer », « restructurer », etc.

Ces mêmes citoyens, enfumés et intoxiqués par la mauvaise soupe journalistique française raciste à l’égard des Grecs, comprendront à leur tour – mais trop tard -, ce que subit le peuple hellène, quand eux mêmes et leur éventuelle descendance, seront dépouillés des derniers biens publics et protections sociales obtenus et arrachés de haute lutte par certains esprits lucides et combatifs des temps passés ; des anciens et anciennes qui se sont opposés et révoltés contre la cupidité pathologique et insatiable des classes possédantes et dirigeantes uniquement préoccupées par leurs seuls intérêts, toujours au détriment de l’intérêt général des hommes, femmes et enfants qui font vivre la société.

Article :

  • La température continue de monter en Grèce, y compris dans les îles…
    Par Yannis Youlountas, le 3 octobre 2015
    La situation se durcit, d’heure en heure, dans l’ouest de la Crète, les actions de sabotage se renforcent, les tags « EDF go home » se multiplient sur les murs de Chania et Réthymnon, alors que plusieurs centaines de policiers anti-émeutes supplémentaires vont débarquer lundi.En ce moment même, un bateau contenant trois éoliennes géantes attend dans le port de Chania. Ces éoliennes doivent être transportées en convoi terrestre sous haute-surveillance vers les montagnes de Réthymnon, en début de semaine prochaine, dès que les renforts de policiers anti-émeutes auront débarqué.

    De nombreux autres bateaux vont arriver à Chania et Héraklion dans les prochains jours, affrétés par diverses sociétés, parmi lesquelles la principale est la firme française EDF qui prépare à elle seule l’implantation de 47 nouvelles éoliennes géantes avec sa filiale locale.Ce projet éolien industriel et gigantesque est en train de détruire toutes les montagnes de Crète sur toute sa longueur soit 256 km (voir détails sur les cartes ci-jointes), dans des proportions incroyables, y compris en zone Natura 2000. Tout ça pour produire six fois plus d’énergie que les besoins de la Crète (qui utilise déjà le photovoltaïque, l’hydroélectrique, etc.) et permettre à des grandes firmes de faire des bénéfices énormes en profitant des financements publics (40% de l’Union européenne, autant du contribuable grec, à plus d’un million d’euro l’éolienne géante) tout en revendant l’électricité deux fois son prix habituel et en s’appuyant sur les contraintes des mémorandums successifs en matière de privatisations (de l’énergie, du bien commun, des territoires…).

    Des centaines d’habitants sont chassés, des bergers arrêtés, des apiculteurs inquiétés, y compris des personnes âgées (une personne de 90 ans s’est même vu passer les menottes dans un petit village près de Palea Roumata, sur les hauteurs du département de Chania). Les montagnes deviennent, les unes après les autres, zones interdites et la révolte gronde.

    Les assemblées populaires se multiplient. La résistance s’organise, notamment autour du collectif Leftera Vouna (Montagnes Libres). Plusieurs centaines d’opposants sont déjà en action à l’heure qu’il est.

    Les Français qui croient encore que l’ennemi vient d’ailleurs n’ont rien compris au capitalisme : les firmes françaises sont parmi les plus virulentes en Grèce, conseillées par des hommes politiques grecs et/ou français payés comme consultants et/ou représentants. Une aubaine financière juteuse dont profitent des hommes d’affaires ivres de plaisir qui sèment la misère, la destruction et, surtout, la colère.

    Les responsables ont beau se cacher derrière d’interminables rangées de policiers anti-émeutes, ils n’échapperont pas à la riposte. Surtout en Crète. C’est mal connaître l’histoire de cette île…

    Yannis Youlountas
    po/ collectif Leftera Vouna

    Cartes en illustration : extraits du film « Je lutte donc je suis » conçus avec le collectif Leftera Vouna sur la base précise des sources officielles.

    PS1 : dans le film « Je lutte donc je suis », cette lutte en Crète est présentée en images durant dix minutes, tournées aux côtés du principal collectif, Leftera Vouna.
    Quelques extraits sont disponibles également à la première et à la quatrième minutes de la bande-annonce longue du film : https://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY

    (Lire la suite…)
    Source : http://blogyy.net/2015/10/03/la-temperature-continue-de-monter-en-grece-y-compris-dans-les-iles/

Publicités
Cet article, publié dans Grèce, Union européenne, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.