La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale (Dardot & Laval, 2010)

Dardot et Laval_La nouvelle raison du monde_Essai sur la société néolibérale

  • Pierre Dardot, Christian Laval, La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale
    La Découverte, coll. « La Découverte/Poche », 2010, 498 p.

    [4ème de couverture] :
    Il est devenu banal de dénoncer l’absurdité d’un marché omniscient, omnipotent et autorégulateur. Cet ouvrage montre cependant que ce chaos procède d’une rationalité dont l’action est souterraine, diffuse et globale. Cette rationalité, qui est la raison du capitalisme contemporain, est le néolibéralisme lui-même. Explorant sa genèse doctrinale et les circonstances politiques et économiques de son déploiement, les auteurs lèvent de nombreux malentendus : le néolibéralisme n’est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d’un capitalisme « pur ». Commettre ce contresens, c’est ne pas comprendre ce qu’il y a précisément de nouveau dans le néolibéralisme : loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l’action de l’État, il se fixe pour objectif de construire le marché et de faire de l’entreprise le modèle du gouvernement des sujets.Par des voies multiples, le néolibéralisme s’est imposé comme la nouvelle raison du monde, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse intacte aucune sphère de l’existence humaine. Cette logique érode jusqu’à la conception classique de la démocratie. Elle introduit des formes inédites d’assujettissement qui constituent, pour ceux qui la contestent, un défi politique et intellectuel inédit. Seule l’intelligence de cette rationalité permettra de lui opposer une véritable résistance et d’ouvrir un autre avenir.
    Source : www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_nouvelle_raison_du_monde-9782707165022.html

Comptes rendus, critiques et recensions :

  • Par Corinne Delmas, « Pierre Dardot, Christian Laval, La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2010, mis en ligne le 18 novembre 2010, consulté le 29 décembre 2015.

    Il faut saluer la publication de cet ouvrage de poche, initialement paru en 2009 dans la collection « Cahiers libres » de la Découverte. Objet de nombreux commentaires1, ce livre érudit éclaire le néolibéralisme qui constituerait la rationalité du capitalisme contemporain et qui, loin de signifier le retour à un capitalisme classique ou « pur », s’appuie sur l’action de l’Etat pour créer un marché et faire de l’entreprise le modèle du gouvernement des sujets
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    Source : https://lectures.revues.org/1194

  • Généalogie de la morale néolibérale
    À propos de : P. Dardot, C. Laval, La Nouvelle Raison du monde, La Découverte.
    Par Arnault Skornicki, le 16 septembre 2009

    Le néolibéralisme sera-t-il balayé par la crise ? Rien n’est moins sûr, à en croire Pierre Dardot et Christian Laval, pour qui le néolibéralisme désigne moins le règne des marchés, qu’une forme d’assujettissement des individus, incités à devenir entrepreneurs d’eux-mêmes.

    Le néolibéralisme n’est plus tout à fait un mystère aujourd’hui, en dépit de ses paradoxes : phobie de l’État et réaffirmation de son autorité ; retrait de la puissance publique et activisme « régulateur » de celle-ci ; minoritaire et marginal il y a encore peu, forme planétaire de la raison économique et politique aujourd’hui. Cet ouvrage riche et important peut se lire comme une ample mise au point sur les origines intellectuelles de cette « nouvelle raison du monde ». Et, trente ans après les intuitions de Michel Foucault, il dresse une impressionnante synthèse des analyses et des critiques du néolibéralisme, à l’heure de la plus grave crise qu’il ait jamais connue.
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    Source : www.laviedesidees.fr/Genealogie-de-la-morale.html

  • La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale, Pierre Dardot et Christian Laval, La Découverte, Paris, 2009, 498 pages, 26 euros.
    Par François Chesnais, Le Monde diplomatique, mai 2009

    D’une grande érudition, ce livre est une invitation pressante à pousser la critique théorique et sociale de l’ordre actuel au-delà des analyses les plus courantes. Les auteurs récusent l’idée que le néolibéralisme se définirait principalement par le retrait de l’Etat, de sorte qu’on pourrait en annoncer la fin. En conclusion d’une analyse portant notamment sur les débats théoriques des cercles conservateurs dans les années 1930, puis les années 1950 et 1960, ils définissent le néolibéralisme « comme l’ensemble des discours, des pratiques, des dispositifs qui déterminent un nouveau mode de gouvernement des hommes selon le principe universel de la concurrence ».

    Pour les principaux théoriciens du néolibéralisme, il ne s’agit pas tant de poser le marché comme une donnée qui limiterait l’action de l’Etat que de fixer aux gouvernements « l’objectif de construire le marché afin de faire de l’entreprise le modèle du gouvernement des sujets ». Ainsi le contenu classique de la démocratie a été fortement érodé, sinon vidé de sens. A lire les passages où ils suggèrent que la concurrence est en passe de « devenir la norme universelle des conduites et ne laisse intacte aucune sphère de l’existence humaine, individuelle ou collective », on est tenté en revanche de penser que les auteurs croient le combat perdu. Mais, en toute fin du livre, ils évoquent les forces de résistance et les pratiques qui pourraient permettre l’émergence d’une « autre raison du monde », dont le travail coopératif et l’assistance mutuelle fourniraient certains des traits.
    Source : www.monde-diplomatique.fr/2009/05/CHESNAIS/17098

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