La France en Syrie : une opération qui commence à « payer »…, et à coûter…

Intro :

Ouf ! L’année 2016 semble commencer plutôt bien.

En effet, la chorale des grands médias nous sert les propos, a priori rassurants, de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, comme quoi la stratégie de guerre de la France au sein de la coalition contre l’Etat islamique (EI) en Syrie, commencerait à… « payer ».

Une annonce qui pour mémoire fait écho au sondage réalisé en août 2013 et qui révélait alors que 64% de Français étaient contre une intervention française en Syrie (une proportion d’ailleurs quasi identique à celle du sondage réalisé en mars 2011, quand 63% de Français désapprouvaient une intervention en Libye, intervention militaire qui fut malgré tout déclenchée une quinzaine de jours après ce sondage).

Mais depuis 2013, de l’eau a coulé sous les ponts de Paris. Ou plutôt du sang.

L’opinion publique est sous le choc, reste groggy et quelque peu sidérée par une année 2015 meurtrie une première fois en janvier puis dix mois plus tard, par des attentats, des massacres, des exécutions, d’abord dirigés contre des journalistes puis contre des citoyens anonymes fauchés par de jeunes bourreaux endoctrinés.

Une opinion publique, travaillée par ces événements sinistres, qui a accepté – sans, il est vrai, qu’on lui demande directement son avis -, de voir des forces militaires engagées, en son nom, pour frapper des ennemis directement sur leur terrain.

Une année 2015 donc sanglante et massacrante, marquée pour toujours par ces assassinats aveugles de civils désarmés.

Des violences – ne n’oublions pas, malgré tout –, qui sont hélas le lot quasi-quotidien de milliers de populations civiles dans certains pays ravagés depuis des années voire des décennies par des guerres (plus ou moins justifiées et parfois plus ou moins légales, mais assurément létales).

Des conflits armés qui sont avant tout destinés la plupart du temps à dominer, contrôler, puis piller des pays entiers afin de protéger et servir les intérêts géopolitiques, économiques (hydrocarbures, minerais, ressources diverses…) des plus grandes puissances et les intérêts et profits de leurs firmes supranationales.

Des guerres qui sont donc l’expression brutale de la course cynique, cupide et mortifère que se livrent les grandes puissances avec pour objectif l’hégémonie mondiale.

Tout ceci réalisé le plus souvent au nom d’alibis fallacieux mais honorables et présentables, tels que la défense de la Démocratie, de la Liberté

Pour revenir au cas de la France, le gouvernement socialiste actuellement en poste a donc décidé d’engager des moyens très conséquents dans cette opération extérieure en Syrie.
Un engagement militaire qui, comme toutes les opérations de ce type, comporte un coût économique non négligeable pour les finances publiques.

Un budget qui risquerait fort d’aggraver les finances et le déficit de l’Etat, et donc de déroger à la sacro-sainte règle de politique de rigueur et d’austérité – d’ordinaire présentée comme soi-disant inéluctable (notamment quand il s’agit de politiques budgétaires à caractère social et d’intérêt public), et prêchée par les apôtres et autres ayatollahs néolibéraux de l’Union européenne .

Une opération militaire française qui commencerait donc à « payer », assurément pour certains, comme le secteur de l’industrie de l’armement qui, par nature, tire toujours quelques juteux bénéfices des conflits (sans fin) qui ravagent cette pauvre planète et font s’entre-déchirer les peuples.

Mais une aventure militaire française qui commencerait aussi à coûter.

Car ne nous laissons pas (trop) abuser. Cette expédition militaire – dont encore une fois le peuple français ne voulait pas à une écrasante majorité en 2013 avant qu’interviennent les sinistres événements de 2015 – est une opération consommatrice de très nombreuses ressources matérielles.

Voici quelques éléments chiffrés qui permettent de mieux appréhender la dimension économique de ce déploiement de forces.

Depuis la conférence de presse de l’actuel président de la République, François Hollande, le 7 septembre 2015, et les premières interventions vingt jours plus tard de l’aviation française contre l’Etat islamique en Syrie, ce sont environ 20 000 militaires qui seraient mobilisés en France pour ce conflit ; auxquels s’ajoutent les matériels engagés sur place, notamment le porte-avions Charles-de-Gaulle avec ses aéronefs embarqués et son escorte aéronavale (quatre frégates, un pétrolier ravitailleur, un sous-marin d’attaque).

Pour résumer, l’heure de fonctionnement du porte-avions coûterait aux alentours de 50 000 euros, l’heure de vol des avions Mirage et Rafale se chiffrerait entre 10 000 et 13 000 euros, un coût de l’heure qui grimperait à près de 30 000 euros pour une mission avec un ou deux ravitaillements.

Sans oublier le coût des missiles qui s’élèverait pour les AASM (Armement air-sol modulaire) à environ 350 000 euros l’unité, et environ 850 000 euros l’unité pour les missiles de croisière naval Scalp-EG (Système de croisière conventionnel autonome à longue portée) utilisés pour la première fois depuis la mi-décembre 2015 contre Daech.

Pour un début de comparaison, au cours des sept mois qu’a duré l’opération Harmattan en Libye en 2011 (19 mars au 31 octobre), une quinzaine de missiles Scalp-EG auraient été tirés par l’aviation française.

L’opération française en Libye aurait coûté au final entre 300 et 350 millions d’euros aux contribuables français.

Tout ceci, pour une guerre dont le peuple français ne voulait pas à près des deux tiers et qui a semé le chaos dans un pays qui, depuis, sert de base arrière et de source d’approvisionnement en matériel militaire lourd aux pires mouvements extrémistes.

Dans le cas de la Libye, peut-on considérer que l’intervention française a également « payé »… ?

Enfin, on aurait aimé une détermination et une implication aussi forte de celui qui fait actuellement office de chef d’Etat en France, contre son adversaire déclaré – puis très vite oublié une fois élu démocratiquement -, qu’était soi-disant « le monde de la finance » .

Monde de la finance dont les frasques cupides, insatiables et irresponsables ne cessent de semer le chaos au sein de ce qui reste des sociétés démocratiques, mises à mal et à genoux depuis près d’un siècle maintenant par la croisade néolibérale, renaissante, conquérante et dictatoriale à travers le monde.

Mais quelle naïveté, quelle crédulité encore, de la part de l’opinion publique – de gauche, comme de droite et d’extrême-droite –, de refuser dangereusement de voir le monde tel qu’il est, c’est-à-dire de comprendre enfin que la plupart des dirigeants politiques ne défendent rien d’autre que leurs propres carrières et qu’ils sont devenus, dans leur très grande majorité, les serviteurs des intérêts et des profits des grandes fortunes de l’industrie de l’armement, de la finance, de l’industrie pétrolière et des firmes supranationales.

 

Revue de presse :

  • [rajout] Scalp, GBU, AASM… Ces armes très coûteuses avec lesquelles la France frappe Daech
    Par Vincent Lamigeon, Challenges.fr, le 23 août 2016

    Des bombes guidées laser aux missiles de croisière Scalp à 850.000 euros pièce, la France utilise tout un éventail d’armements pour frapper l’Etat islamique. Dont une bonne partie d’origine américaine.

    Quand il arrive à 800 km/h, mieux vaut ne pas traîner dans les parages. Long de 5 mètres, d’un poids d’1,3 tonne et équipé d’une charge explosive de 400kg, le missile Scalp, développé en collaboration franco-britannique par le missilier européen MBDA, est l’armement le plus redoutable employé par la France au Levant. Depuis l’entrée en action de ce redoutable matériel sur le théâtre irako-syrien le 15 décembre 2015, les forces françaises ont tiré une cinquantaine de ces missiles, appelés Storm Shadow en Grande-Bretagne et Black Shaheen aux Emirats Arabes Unis. Dont une dizaine sur la seule journée du dimanche 21 août, qui a vu l’aviation française détruire un centre de stockage et de maintenance d’armements lourds à Raqqa, le fief de l’EI en Syrie.

    Il faut dire que le missile, déjà utilisé en Libye en 2011, a beaucoup d’arguments. Titré par un chasseur Rafale ou Mirage 2000, quasiment indétectable, il peut être tiré à distance de sécurité: 250 km selon l’armée de l’air, très probablement bien plus. Il dispose d’une précision de l’ordre du mètre. Surtout, il est calibré pour les cibles dites « durcies » (enterrées ou blindées): une première charge pénétrante traverse le sol ou le blindage, avant l’explosion de la charge principale.

    Le Scalp, 850.000 euros pièce


    Mais cette efficacité redoutable a un coût: le prix unitaire du Scalp est estimé à 850.000 euros. De quoi réfléchir avant de décider de l’emploi de cette arme, dont les stocks français sont estimés à environ 500 missiles. Même problème avec le kit de guidage de bombes AASM (Armement Air Sol Modulaire), assemblé à Montluçon par l’industriel français Safran. S’il permet, lui aussi, des frappes de haute précision à distance de sécurité (60 km), son prix unitaire (167.300 euros pièce selon le Sénat, hors frais de développement) le réserve aussi à des cibles d’une certaine valeur ajoutée.

    La plupart des frappes sont donc menées avec des armements moins sophistiqués, et donc moins onéreux, comme les bombes guidées laser GBU. Conçues par les américains Lockheed Martin et Raytheon, ces bombes de 250 à 1.000 kg sont tirées à un rythme quasi-quotidien, la plus utilisée étant la GBU-12 de 250 kg, dont le coût unitaire est de l’ordre de 21.900 dollars, selon la Federation of American Scientists (FAS). A fin décembre 2015, selon le Monde, 680 bombes avaient ainsi été larguées au Levant par l’armée de l’air et la Marine. Cette consommation effrénée avait fait craindre à l’époque une pénurie de bombes, un scénario farouchement démenti par l’état-major des armées.
    (…)
    Source : www.challenges.fr/challenges-soir/20160823.CHA2574/scalp-gbu-aasm-ces-armes-tres-couteuses-avec-lesquelles-la-france-frappe-daech.html

  • Le Drian: la guerre contre le groupe EI commence à « payer »
    Par Ladepeche.fr et AFP, le 31 décembre 2015
    Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, venu fêter le Nouvel An sur le porte-avions Charles-de-Gaulle dans le Golfe, a estimé jeudi que la « guerre » contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) commençait à porter ses fruits.
    (Lire la suite…)
    Source : www.ladepeche.fr/article/2015/12/31/2247899-le-drian-la-guerre-contre-l-ei-commence-a-payer.html
  • La stratégie de Paris contre l’EI commence à payer, dit Le Drian
    Par Marine Pennetier, Reuters France, le 31 décembre 2015
    MANAMA, Bahreïn (Reuters) – La stratégie de la France dans la lutte contre l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie commence à porter ses fruits, a estimé jeudi Jean-Yves Le Drian lors d’un déplacement dans le golfe persique, plus d’un an après le début de l’opération Chammal.
    (Lire la suite…)
    Source : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN0UE1A320151231
  • Syrie : combien coûterait une intervention militaire ?
    Par Vincent Daniel, FranceTVinfo, le 9 septembre 2013
    Défendue par François Hollande et Barack Obama, une éventuelle opération militaire aérienne ne serait pas sans impact sur les finances publiques de la France et des Etats-Unis.
    (…)
    Si François Hollande et Barack Obama apparaissent un peu moins isolés sur la scène internationale, ils ont encore du mal à convaincre leurs propres opinions publiques.

    Selon un sondage Ifop publié vendredi par Le Figaro, 64% des Français se déclarent opposés « à une intervention militaire internationale en Syrie ». Si l’absence d’objectif clairement défini ou encore le risque d’enlisement inquiètent, la question du coût de la guerre n’est pas négligeable pour les Français. Combien pourrait coûter une intervention militaire en Syrie à l’heure où l’Etat réduit ses dépenses et où l’on demande des efforts aux ménages ? Eléments de réponses.
    (…)
    Sept mois en Libye ont coûté 300 millions d’euros à la France

    Quid de la France ? A titre d’exemple, l’engagement français dans le conflit en Libye en 2011 a coûté environ 300 millions d’euros pour une durée de sept mois, selon le ministère de la Défense de l’époque. Premier poste de dépense : les munitions. Viennent ensuite les carburants, ainsi que « la maintenance pour la quinzaine d’avions, la vingtaine d’hélicoptères et la dizaine de navires employés », indiquait à l’époque Le Figaro.

    « Ce qui coûte très cher, ce sont les bombes, tout ce qu’on largue. [Le surcoût] est essentiellement dans les munitions, parce qu’après il faut les remplacer »
    , expliquait Eric Denécé du Centre français de recherche sur le renseignement à Challenges.fr. Le prix d’une bombe oscille entre 250 000 et 350 000 euros, selon le type de missiles utilisés, rapporte L’Expansion. La France ne possède pas de Tomahawks.

    Une heure de vol en Rafale représente entre 10 000 et 13 000 euros, selon des experts cités par Libération, et entre 10 000 et 11 000 euros pour le Mirage. Des chiffres qui ne tiennent pas compte du coût du carburant. « Mais qu’ils volent dans le ciel français au cours d’entraînement ou lors de missions, ces vols ont de toute façon un coût », relativise un expert interrogé par le quotidien. Là aussi, qu’il soit engagé dans une opération ou non, le porte-avions Charles de Gaulle génère un coup : une heure d’intervention est chiffrée à 50 000 euros, comme le note L’Expansion.
    (…)
    Comment financer le surcoût d’une éventuelle opération militaire ? Chaque année, la France réserve dans sa loi de finances initiale une somme dédiée aux opérations militaires extérieures (Opex) en cours ou prévues. Fin 2010, le Parlement a par exemple provisionné 630 millions d’euros pour les Opex de 2011, indépendamment du budget de la Défense. Mais en cours d’année, les différentes interventions (en particulier celle en Libye) ont engendré un surcoût total pour les finances publiques de 541 millions d’euros (voir le graphique ci-dessous). Une somme relativement marginale si on la compare avec le budget de la Défense – 37,4 milliards d’euros cette année-là.
    Source : www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/syrie-combien-couterait-une-intervention-militaire_405619.html
  • SONDAGE. Syrie : 64% des Français sont contre une intervention française
    Par Le Parisien, le 30 août 2013
    C’est un non franc et massif. Selon un sondage réalisé par l’institut BVA pour i > télé – CQFD – « le Parisien » et « Aujourd’hui en France », les Français sont très majoritairement hostiles à une participation de notre pays à une intervention militaire (64 %) contre le régime de Bachar al-Assad.Dans le détail, ils redoutent que cette intervention fasse basculer la Syrie vers un régime islamiste (37 %), qu’elle embrase la région (35 %) et qu’au final elle ne change rien à la situation des habitants au quotidien (22 %). Autres préoccupations : le manque de preuves claires de l’implication du pouvoir dans l’utilisation des gaz chimiques (17 %) ou encore le risque d’attentats, de représailles du régime et de ses alliés contre les intérêts français (18 %).«Réflexe patriotique» dès que l’opération est déclenchée
    Bref, il faudra que François Hollande fasse preuve de pédagogie s’il veut renverser la tendance alors que plusieurs pays occidentaux ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas à d’éventuelles frappes. « Attention, les Français ne sont pas des va-t-en-guerre, mais ils se rangent majoritairement derrière le chef de l’Etat — par réflexe patriotique — dès que l’opération est déclenchée », tempère Céline Bracq, de BVA.
    (Lire la suite…)
    Source : www.leparisien.fr/politique/syrie-64-des-francais-contre-une-intervention-francaise-30-08-2013-3093841.php
  • La France a tiré plus de 4.500 munitions en Libye
    Par Michel Cabirol  , La Tribune, le 6 octobre 2011
    Les forces françaises ont utilisé 4.621 munitions, dont quinze missiles de croisière Scalp, pour l’opération Harmattan, selon le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

    On en sait plus sur la quantité de munitions utilisées en Libye par les forces françaises. Des informations jusqu’ici tenues secrètes. Lors de son audition à l’Assemblée nationale mardi, qui n’était pas ouverte à la presse, le ministre de la Défense Gérard Longuet a révélé aux députés de la commission de la défense le nombre de missiles et bombes tirés par les forces françaises engagées sur le théâtre d’opération Harmattan.

    Selon des sources concordantes, interrogées par latribune.fr, 240 missiles, dont 15 missiles de croisières Scalp (au prix unitaire de 626.000 euros hors taxe selon un rapport du ministère de la Défense) et 225 bombes de précision AASM (350.000 euros selon une estimation du site web lepoint.fr), ont été tirés par les Mirage et Rafale de l’armée de l’air, a indiqué le ministre de la Défense.

    En outre, ils ont déversé sur les cibles libyennes 950 bombes américaines à guidage laser GBU de divers types (GBU-12 de 250 kilos, des bombes GBU-24 de 500 kilos, et des GBU-49), dont le coût est estimé entre 70.000 et 90.000 dollars (entre 52.100 et 67.000 euros). Enfin, les hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de Terre (Alat) ont utilisé 431 missiles air-sol Hot (40.000 euros pièces) et la Marine a tiré 3.000 obus.

    Selon Gérard Longuet, la consommation de ces munitions est  « compatible avec nos stocks ». Le ministère de la Défense a prévu de reconstituer les stocks de missiles et bombes.

    Au total, les surcoûts de l’opération Harmattan ont atteint entre 300 et 350 millions d’euros (primes, munitions…) pour vaincre les troupes du colonel Kadhafi.
    Source : www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20111006trib000654710/la-france-a-tire-plus-de-4.500-munitions-en-libye.html
  • Libye : la facture des missiles de croisière Scalp s’élève (déjà) à plus de neuf millions d’euros
    Par Jean-Dominique Merchet, Marianne, le 5 octobre 2011
    Le ministre de la Défense Gérard Longuet a indiqué hier aux députés que 11 missiles de croisière de type Scalp-EG avaient été tirés en Libye, en deux frappes successives (sept puis quatre).
    Selon un document parlementaire, l’ensemble du programme Scalp (développement compris) a couté 382 millions d’euros pour un total de 450 missiles. Soit, 850.000 euros pièce. Onze Scalp représentent donc une somme de 9,35 millions d’euros.Le Scalp-EG est un missile de croisière d’une portée de 400 kilomètres. Il permet donc des frappes d’une grande précision, sans mettre en danger les avions au-dessus des défenses aériennes ennemies.
    D’autres munitions moins chères ont été tirées (A2SM, bombes guidées GBU) et selon nos informations, le coût total au terme de plus de deux semaines d’intervention dépasserait les trente millions d’euros.
    A l’unité, ces munitions se révèlent très couteuses, mais contrairement aux guerres du passé, leur extrême précision permet d’en employer très peu et de ne pas mettre en danger les avions qui les tirent.
    Source : www.marianne.net/blogsecretdefense/Libye-la-facture-des-missiles-de-croisiere-Scalp-s-eleve-deja-a-plus-de-neuf-millions-d-euros_a212.html
  • Libye: Combien coûte la guerre à la France?
    Armement. Au cinquième jour de l’intervention internationale…
    Par 20minutes.fr, le 23 mars 2011
    Avions de chasse, frégates, porte-avions… La France n’a pas lésiné sur les moyens pour montrer son implication dans l’opération «Aube de l’Odyssée», et a déployé du matériel de très haute technologie, et donc coûteux. Au cinquième jour de l’intervention internationale en Libye se pose déjà la question du coût financier engendré par l’opération. 20minutes.fr fait le point.
    Le coût final dépendra bien évidemment de la durée de l’opération, mais certains chiffres sont déjà avancés, dans la mesure où les matériels génèrent une dépense, qu’ils soient engagés ou non. Ce coût est prévu par le budget global du ministère de la Défense, qui s’élève à quelque 31 milliards d’euros pour 2011.

    4,8 millions d’euros pour les avions de chasse
    Selon une source aéronautique citée par l’AFP, une heure de vol de Rafale coûte ainsi entre 10.000 et 13.000 euros, et entre 10.000 et 11.000 euros pour les Mirage. Avec déjà 400 heures de vol effectuées entre samedi et lundi, le prix grimpe déjà à environ 4,8 millions d’euros. Mais cette somme s’entend hors carburant. Au cours d’une mission, les avions sont ravitaillés une fois ou deux. Le coût total pour une heure de vol d’un Rafale reviendrait ainsi à environ 29.000 euros selon certaines estimations.Cependant, l’arrivée du porte-avions «Charles-de-Gaulle» sur zone devrait permettre d’économiser au niveau du carburant – les appareils ayant décollé jusqu’à mardi des bases françaises, à six heures de vol aller-retour de la Libye. Mais l’économie réalisée doit être relativisée, dans la mesure où le porte-avions coûte 50.000 euros l’heure de fonctionnement, selon les chiffres de France Info.  Sans compter le groupe aéronaval qui ne le quitte pas, et qui comprend quatre frégates, un pétrolier ravitailleur et un sous-marin d’attaque. Rien que l’heure d’intervention de ce dernier s’élève à environ 10.000 euros.

    Un surcoût: les missiles, bombes et munitions
    A ces dépenses, il faut ajouter les missiles, les bombes (notamment GBU12 ) et les munitions qui sont utilisées par l’armée française. «Le surcoût, ce qui coûte très cher, c’est tout ce qu’on largue. Il est essentiellement dans les munitions, parce qu’après il faut les remplacer», souligne Eric Denécé du Centre français de recherche sur le renseignement dans Ouest France. Le prix d’un missile AASM évolue ainsi entre 250.000 et 350.000 euros l’unité.

    Au final, si les forces mobilisées restent les mêmes, la guerre pourrait coûter entre 150 et 250 millions d’euros selon Pierre Maulny, spécialiste des questions de Défense à l’Institut des relations internationales et stratégiques, cité par Libération.
    Source : www.20minutes.fr/monde/692730-20110323-monde-libye-combien-coute-guerre-france
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