Le néolibéralisme est un fascisme : quand les politiques capitulent face au capital

Intro :

Les politiques ont renoncé à s’attaquer au Mur de l’argent. Trop dangereux ?

Mais alors pourquoi continuer à entretenir un simulacre de processus démocratique, si ce n’est pour s’assurer des plans de carrières rémunérateurs dans le secteur public (hauts fonctionnaires, députés, sénateurs…), puis privé (administrateurs…) ; et collaborer ainsi à un capitalisme financier totalitaire qui creuse les inégalités économiques de plus en plus criantes, injustes, socialement criminelles.

Beaux discours et enfumage électoral… :
François Hollande, le 22 janvier 2012, Le Bourget (Seine-Saint-Denis, France) : « Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des États. (…) »

Revue de presse :

  • Régulation financière : l’inquiétante impuissance des pouvoirs publics
    Par Mathias Thépot, La Tribune, le 29 avril 2014
    Trop grosses pour être inquiétées, les plus grandes institutions financières ont pris le dessus sur le pouvoir démocratique. Dans un ouvrage paru récemment, Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat détaillent comment les banques s’activent à maintenir un statu quo en matière de régulation, malgré les manques mis en évidence par la crise financière de 2008.

    L’éclatement de la crise des années 2007-2008 et ses nombreux rebondissements n’ont pas permis, malgré ses efforts, à la puissance publique de reprendre la main sur le monde de la banque et de la finance. Plusieurs de ces batailles entre le pouvoir démocratique et le pouvoir financier sont détaillées de manière pédagogique par deux auteurs, Christian Chavagneux, journaliste à Alternatives économiques, et Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, dans leur ouvrage « La Capture. Où l’on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l’intérêt général, et comment mettre fin à cette situation« . L’ambition réussie du livre est de mettre en évidence les rapports de force, et de montrer à quel point l’inaction en matière de régulation fait peser des risques importants sur l’économie réelle.

    La capture des forces politiques par les intérêts financiers
    Les auteurs dressent un constat étayé des maux du système bancaire (trop d’endettement, capitalisation insuffisante, grande opacité, dévalorisation de la gouvernance des risques) et montrent comment les banquiers arrivent toujours à éteindre les velléités des régulateurs. Des avancées existent, notamment en matière de paradis fiscaux, mais il faut encore passer de la parole aux actes, nous expliquent-ils. Le processus de réforme est, il faut dire, long, fragile et incertain, tant le poids des établissements bancaires est important.
    (…)
    L’exception Roosevelt
    A la recherche de solution pour mettre fin à cette situation de capture, ils se penchent sur l’histoire et identifient la présidence américaine de Franklin Delano Roosevelt (1933-1945) comme une « anomalie historique« . « Il est un des rares chefs d’État à être sorti du jeu d’intérêts, des institutions et de l’idéologie du moment pour bâtir de nouveaux compromis« , nous expliquent les deux auteurs. Dans le « Banking Act » de 1933, également appelé « Glass-Steagall Act« , il va ainsi instaurer la séparation entre la banque de dépôt et la banque d’investissement qui sera effective jusque dans les années 1990.

    Les auteurs attribuent la réussite de Roosevelt au fait qu’une partie des élites politiques et administratives républicaines de l’époque aient accepté de participer à la gestion de la crise bancaire de 1933, et aient soutenu la politique de régulation du nouveau gouvernement démocrate. Roosevelt était de surcroît entouré de conseillers économiques et juridiques proches des milieux d’affaires.Certes, des conseillers proches des milieux d’affaires subsistent dans l’entourage des grands dirigeants de notre monde, mais ils contribuent désormais à l’inverse à tempérer les ambitions réformistes. Malheureusement, « la crise de 2007-2008 ne semble pas susciter de renouvellement intellectuel justifiant une action plus volontariste« , regrettent les auteurs.
    (…)
    Source : www.latribune.fr/opinions/20140429trib000827475/regulation-financiere-l-inquietante-impuissance-des-pouvoirs-publics.html
  • Le néolibéralisme est un fascisme
    Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats

    Par le Soir.be, le 3 mars 2016
    La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats.Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

    Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

    Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

    Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

    L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des Etats. La notion de service public est ridiculisée.

    (…)
    Une caste au-dessus du lot

    La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

    Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.

    Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.

    Ceci dans un Etat où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.
    (…)
    Source : www.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016-03-01/neoliberalisme-est-un-fascisme

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