« J’ai embrassé un flic… » (de trop près)

Intro :

Si c’est le Figaro et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) qui le disent…

Article :

  • Violences policières : une association entend «briser le silence»
    Par Caroline Piquet, Le Figaro, le 14 mars 2016
    L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) dénonce une «opacité criante» qui entoure les violences policières en France, en publiant un rapport à charge sur le sujet ce lundi.

    «Briser le silence, combattre les excès.» Tel est l’objectif de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) qui publie ce lundi un rapport sur les violences policières en France. «Quelles armes les forces de sécurité utilisent-elles en France? Quand en font-elles usage?», s’est interrogée l’association. Les autorités n’étant pas très prolixes sur le sujet, l’Acat a dû s’atteler à un travail de fourmi. Pendant dix-huit mois, elle a épluché la presse, des rapports publics, des décisions de justice et auditionné plus d’une soixantaine de personnes (syndicats de policier, magistrats, victimes, médecins, sociologues, etc.) pour faire un état des lieux de la situation.

    Au bout du compte, 89 cas de violences policières ayant eu lieu entre 2010 et 2015 ont retenu son attention: ces situations «concernent tant des décès (26) que des blessures graves (29 infirmités permanentes) ou moins graves (22), portent sur l’ensemble du territoire et couvrent tout type d’intervention de police et de gendarmerie (interpellations, transports, garde à vue, manifestations, etc.)». «Un échantillon», décrit l’Acat dans son rapport de 110 pages, précisant que l’ensemble de ces situations ne représentent que «la face émergée de l’iceberg». Voici les principaux résultats de son enquête.

    Qui est concerné ?

    D’après les données que s’est procurées l’association, la police nationale serait particulièrement concernée par le phénomène, les réclamations faites auprès du défenseur des droits impliquant majoritairement des agents de police. «Ce constat ne doit pas exempter la Gendarmerie nationale, qui est, elle aussi, mise en cause dans plusieurs affaires graves», prévient toutefois l’Acat. En face, les victimes sont essentiellement des jeunes hommes de moins de 35 ans, «issus de minorité visible et de quartiers populaires».

    Au moins 40 personnes victimes des flashball

    Sur ces dix dernières années, l’association a recensé au moins 39 personnes grièvement blessées et une décédée par des tirs de lanceurs de balles de défense (le Flashball Superpro et le LBD 40×46). Introduites en France en 1995, «ces armes, initialement prévues pour des situations extrêmes, sont actuellement utilisées lors de manifestations ou d’opérations de maintien de l’ordre», déplore l’Acat. «Quelques mètres ou un mauvais angle suffisent à entraîner un dommage irréversible.» Parmi les 39 blessés, 21 ont été éborgnés ou ont perdu la vue. Les victimes étaient souvent jeunes: une sur trois était mineure. Courant 2015, le défenseur des droits Jacques Toubon avait demandé de remplacer le Flash-Ball Superpro par le lanceur de balles 40/46. L’Acat va plus loin et souhaite le retrait total de ces deux armes. Une requête inenvisageable pour le ministère de l’Intérieur, qui, déjà l’année dernière, refusait «de désarmer les forces de l’ordre».
    (…)
    Source : www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/14/01016-20160314ARTFIG00217-violences-policieres-une-association-entend-briser-le-silence.php

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