Austérité et arnaque ! La règle des 3% maximum du PIB pour le déficit des Etats est née « sur un coin de table »

Intro :

« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ! » clamait une célèbre publicité dans les années 1970, période marquée par le premier choc pétrolier d’octobre 1973 suivi par celui de 1979.

A l’heure d’un modeste renouveau des produits Fabriqué en France pour contrer un tant soit peu les dégâts économiques et sociaux causés par le capitalisme financier mondialisé, il est une idée qui reste assez méconnue du grand public : la règle qui veut que le déficit public d’un Etat ne dépasse pas 3% de son PIB (Produit intérieur brut).

Cette règle, imposée désormais à tous les Etats européens, au risque de se voir infliger en cas de non respect une correction économique de la part des instances européennes, et bien ce ratio de 3% a été créé au début des années 1980 par un Français, monsieur Guy Abeille.

Son récit permet de mieux comprendre l’origine de cet indicateur et éclaire surtout sur son caractère approximatif et inepte, sans le mondre fondement économique défendable. Un indicateur « né sur un coin de table » qui compare « des choux et des carottes » mais qui a pourtant été adopté comme une référence pour contraindre les Etats à mettre en oeuvre des réformes dites « structurelles » et les peuples à subir et endurer les « politiques d’austérité », réformes et politiques destinées en réalité à servir les profits des multinationales et de la finance, les intérêts des plus riches.
Des réformes économiques aux conséquences sociales et sanitaires dramatiques pour les populations, notamment en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, mais aussi en Irlande, en Grande-Bretagne, en Allemagne, etc.

Jusqu’à quand les peuples européens vont-ils encore supporter et accepter cette sinistre mascarade politique et économique qui va a l’encontre leurs intérêts et débouche sur des situations économiques et sociales criminelles contre les plus vulnérables, tandis que les grandes fortunes et autres rentiers ne cessent de voir la part de leurs richesses et de leurs privilèges s’accroître démesurément ?

Revue de presse :

  •  Le déficit à 3 % du PIB, un chiffre né… en France, en 1981
    Le Monde, le 29 septembre 2012
    (…)
    « Une petite poussière »
    « Ça », c’est ce chiffre rond, impair et rapporté au PIB car « tout ce qui est gros semble pouvoir lui être comparé », écrit M. Abeille dans un récit publié par LaTribune.fr en 2010. Ce ratio servira à dédramatiser un déficit qui s’achemine vers 100 milliards de francs, soit environ 3 % du PIB. Grâce à ce critère, « le chiffre massif devint une petite poussière. C’est passé comme de l’eau sur l’aile d’un canard », se souvient M. Abeille.L’homme a confié à nouveau son histoire au Parisien, qui l’a surnommé « Monsieur 3 % » vendredi 28 septembre. Le jour même où la France, pour ramener son déficit à ce chiffre, présentait un plan d’austérité historique. En se rendant au kiosque à journaux ce matin-là, M. Abeille a senti les regards désapprobateurs, entendu les « tout cela, c’est à cause de vous ». « Il ne faut pas faire de moi ce que je ne suis pas », se défend-il aujourd’hui.
    « Absurde »
    Le chiffre n’est devenu le critère que l’on connaît qu’« une fois pris dans la machine du pouvoir », dit-ilM. Abeille n’aurait joué qu’un rôle secondaire dans cette affaire. Pour preuve, Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, qui revendique en partie la paternité de ce 3 %, « ne connaît pas ce monsieur ».Pour M.Attali, ce chiffre a été retenu en France car il correspondait peu ou prou au montant des investissements publics de l’époque. Pour réduire le déficit sans asphyxier l’économie, fixer la limite à 3 % duPIB semblait pertinent.Puis l’Europe s’en est emparé et le reprit dans le traité de Maastricht. Tous les pays semblaient tendre vers ce niveau. Même si le ratio « est devenu absurde », pense l’ancien sherpa de Mitterrand. Et qu’ il « mélange des choux et des carottes », souligne M. Abeille.
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    Source : ww w.lemonde.fr/politique/article/2012/09/29/le-deficit-a-3-du-pib-un-chiffre-ne-en-france-en-1981_1767684_823448.html
  • « A l’origine du déficit à 3% du PIB, une invention 100%… française »
    Par Guy Abeille, économiste, latribune.fr, le 1er octobre 2010
    François Hollande a confirmé dimanche soir l’objectif de ramener à 3% du PIB le déficit public dés 2013, au prix d’un plan de rigueur sans précédent. Mais d’où vient ce chiffre magique tout rond de 3% et pourquoi dirige-t-il aujourd’hui la politique économique en Europe ? Guy Abeille était chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l’ère Mitterrand. Il a raconté pour La Tribune comment est né, en France et non en Allemagne, ce sacro-saint ratio pour les déficits publics. A l’origine, il s’agissait d’imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis cette référence cardinale a fait école, bien qu’elle fut dépourvue du moindre sens économique.
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    Source : www.latribune.fr/opinions/tribunes/20101001trib000554871/a-l-origine-du-deficit-a-3-du-pib-une-invention-100-francaise.html
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