Commission Trilatérale ?

Intro :

Le Colloque Walter Lippmann (1938), la Société du Mont Pélerin (1947), le Groupe Bilderberg (1954), le Forum économique mondial de Davos (1971), la Commission Trilatérale (1973), ou plus récemment la World Policy Conference (2008)…., autant de cercles d’influence et quelques autres qui ont oeuvré depuis les années 1940-1950 à la renaissance intellectuelle et politique d’un capitalisme extrême, extrémiste, voire totalitaire (ex : en Amérique du Sud, avec le cas tristement emblématique du Chili et du coup d’Etat de Pinochet en 1973 soutenu par le pouvoir américain et les Chicago Boys…).

Une refondation qui a été présentée sous les apparences séduisantes d’un libéralisme émancipateur et libérateur, d’une « société ouverte » (Open society). Un travail idéologique de refondation et de reconstruction destiné en réalité à redorer les lettres ternies un capitalisme économiquement, socialement et politiquement totalement discrédité dans les années 1930, après notamment le krach de la bourse de Wall Street en 1929 et la désastreuse crise économique mondiale qui avait suivi.

Des personnalités parmi les plus influentes, dans les domaines économique, politique, mais également intellectuel et médiatique, ont donc créé des lieux, des cercles pour réfléchir, débattre sur les meilleures stratégies à mettre en oeuvre pour (ré)instaurer l’idéologie du libre-marché (free-market), du « tout marché », du capitalisme financier, du « capitalisme casino ». Une lutte idéologique dirigée principalement contre le principe de l’Etat-providence et les politiques interventionnistes et régulatrices, une idéologie qu’il est communément convenu d’appeler depuis les années 1970, la mondialisation néolibérale, le « néolibéralisme« .

Car depuis près d’un demi-siècle, les pouvoirs privés et milieux d’affaires (grandes fortunes, banques, multinationales…), en lien avec le complexe militaro-industriel pointé du doigt notamment par le président américain Dwight Eisenhower lui-même lors de son discours de fin de mandat prononcé le 17 janvier 1961, ont repris le contrôle sur les pouvoirs publics, les Etats.

Théorie du complot ?

Si cette thématique des groupes, cénacles, clubs et autres cercles de réflexion et d’influence qui rassemblent les puissants de cette planète, dérange voire effraye certains de ceux qui en connaissent l’existence, renonçant même à les évoquer de peur d’être discrédités, c’est que cette thématique est souvent qualifiée – un peu facilement et paresseusement – de « théorie du complot », ou encore de vision « conspirationniste » de l’histoire.

Des accusations simplistes mais bien pratiques pour couper court à tout débat, formulées – malveillants mis à part -,  par des personnes persuadées d’être informées et instruites alors qu’elles ne le sont pas autant qu’elles le croient et qui manquent singulièrement d’esprit critique et d’objectivité. Des personnes n’osant pas s’aventurer en terra incognita, préférant ne pas prendre le risque de s’exposer à d’éventuelles critiques et railleries en sortant du cadre de pensée et d’analyse autorisé.

Pour être exhaustif, on doit souligner que certaines interprétations très exotiques, voire ésotériques qui circulent ici ou là sur certains sites Internet rendent parfois le sujet alambiqué ; voire sulfureux quand ce sujet est évoqué sur des sites extrémistes. Ce qui, bien évidemment, ne facilite pas sa diffusion auprès d’un public plus large.

Un sujet politique sous-médiatisé

Un public bien souvent ignorant de la simple existence de ces assemblées désormais plus discrètes que secrètes (les plus anciens cénacles ont même, depuis quelques années, des sites web : depuis env. 1998 pour la Trilatérale à l’occasion de son 25ème anniversaire d’existence et beaucoup plus tardivement en 2008 pour le Bilderberg).
Une ignorance concernant l’existence de ces groupes influents, en premier lieu causée par un manque notable d’informations fiables et régulières dans les grands médias, débouchant sur une sous-médiatisation de ce sujet.
Une situation assez regrettable pour la liberté et le droit à l’information, valeurs tant défendues et proclamées par ailleurs…
A quand remonte en effet un reportage sur le Groupe Bilderberg ou la Commission Trilatérale diffusé au cours d’un journal télévisé national du 13h ou du 20h… ?

L’un des rares reportages consacré à la Trilatérale diffusé au cours d’un journal télévisé français remonte déjà à 1989, soit plus de 25 ans :

1989 a été d’ailleurs une année au cours de laquelle la Trilatérale a été très active avec l’Union soviétique et M. Gorbatchev  son dirigeant :

  • Quand M. Gorbatchev dialogue avec la Trilatérale
    Par Le Monde, le 20 janvier 1989

    MM. Giscard d’Estaing, Kissinger et Nakasone devraient avancer prochainement des  » suggestions  » sur la manière dont les grandes organisations économiques internationales comme le GATT (accord sur le commerce international) et la Banque mondiale pourraient faciliter l’adhésion de l’URSS en lui ménageant des  » périodes intermédiaires « .  » Il est évident que l’on doit pouvoir trouver une solution « , a déclaré à cet égard M. Giscard d’Estaing peu après avoir été longuement reçu par M.Gorbatchev, mercredi 18 janvier, en compagnie de l’ancien secrétaire d’Etat américain et de l’ancien premier ministre japonais. Ces trois personnalités du monde occidental se trouvent en ce moment à Moscou pour rédiger, dans le cadre de la Commission trilatérale (1), un rapport sur les conséquences du cours réformateur soviétique sur les relations Est-Ouest.

    Avec la question du désarmement, c’est le dossier des relations économiques entre l’Union soviétique et les pays occidentaux qui a dominé leur entretien avec le secrétaire…
    (Lire la suite…)
    Source : www.lemonde.fr/archives/article/1989/01/20/quand-m-gorbatchev-dialogue-avec-la-trilaterale_4123766_1819218.html?xtmc=commission_trilaterale&xtcr=50

L’explication et la motivation de ces cercles de réflexion et de pouvoir sont beaucoup plus pragmatiques, ce que regretteront peut-être certains. Mais cela n’enlève rien à la pertinence et à la nécessité d’étudier ce sujet afin de mieux comprendre le processus de mondialisation néolibérale, et d’en déconstruire la propagande qui n’a cessé de croitre depuis les années 1960.

Une lutte des classes sociales plus que jamais d’actualité…

Ces cénacles, plus ou moins discrets, réunissant un certain nombre de personnalités parmi les plus influentes au monde, sont la simple – mais bien réelle – expression d’une lutte des classes sociales qui perdure.
Une lutte des classes qui est toujours d’actualité, contrairement à ce que la plupart des intellectuels et autres experts ont osé affirmer et voulu nous faire croire depuis plus de 40 ans, faisant passer pour archaïques et ringards celles et ceux qui osaient encore l’évoquer.

Une lutte des classes qui – comme le reconnaissait lui-même le milliardaire américain Warren Buffet en 2005 – , a été menée et est en train d’être remportée par sa propre classe, celle des puissances de l’argent :

Ces puissances de l’argent étaient composées initialement d’individus majoritairement occidentaux (le Groupe Bilderberg : « C’est très blanc, très Wasp, et on assume… »), puis se sont ouvertes aux autres économies capitalistes, notamment en Asie avec le Japon, avec la création au début des années 1970 de la Commission Trilatérale.
Le point commun de ces représentants de la classe dominante, au-delà de leurs différences ? Le pouvoir, le culte de la cupidité, la défense idéologique et quasi-religieuse d’un libre-échange (free-market) qui n’a en réalité rien de libéral, mais qui génère des profits maximisés pour quelques uns ainsi qu’un accroissement des inégalités économiques et sociales.
Pour résumer, ces cercles de pouvoir participent à cette lutte, cette guerre menée par les riches et ultrariches contre les classes moyennes et populaires.

Des élites qui avaient donc besoin, pour s’organiser, se structurer et mener à bien leur croisade, de se rassembler dès après-guerre afin d’oeuvrer de concert à redorer les lettres gravement ternies du capitalisme extrémiste responsable de la grande crise des années 1930.
Des assemblées encore utiles à ces élites pour organiser et propager le processus de mondialisation néolibérale à l’ensemble de la planète transformée en véritable échiquier géopolitique et supermarché globalisé imposant des modes de consommation et de vie standardisés.

Car dès l’origine, en dépit des dénégations officielles, l’un des objectifs premiers de ces cercles influents a été d’influer sur les orientations économiques et sur le cours des décisions politiques des pays basés sur une économie capitaliste. Notamment contre l’ennemi de toujours, qu’étaient les pays dirigés selon des politiques marxistes, mais également contre les Etats-providence d’après-guerre basés sur des économies mixtes (capitalisme d’Etat) jugées trop interventionnistes sur le marché et donc préjudiciables aux intérêts des capitalistes libéraux nostalgiques du libre-marché.

Pour toutes ces raisons, ces cénacles, clubs, groupes, assemblées d’élites peuvent, et même doivent, faire l’objet d’une analyse journalistique, historique, politique.
Une certaines quantité d’éléments factuels existent, bien que l’actualité médiatique contemporaine délaisse bien souvent aux réseaux sociaux ces cénacles. Exception faite de certains journaux et auteurs, sérieux, qui traitent ces sujets, au même titre que n’importe quel autre sujet politique.

On peut noter et  s’amuser d’ailleurs, que la presse et les médias dans leur ensemble investiguaient bien plus sur ces sujets dans les années 1970-1980 qu’ils ne l’ont fait ces deux dernières décennies.
Pourquoi une telle économie de moyens de traitement à l’égard des ces assemblées VIP plus ou moins discrètes ? Affaire de mimétisme… ?


Commission Trilatérale (1973)
:

  • Site officiel : h ttp://trilateral.org/
  • Liste participants (mise à jour mensuelle) : h ttp://trilateral.org/download/file/TC_list_1-15(1).pdf


Articles phares :

  • Le retour des barons flingueurs
    Par Marc Roche et Lettre de la City, Le Monde, le 12 juin 2012
    Au-delà de l’argent et de la réussite, de la puissance et de la gloire, ces deux noms symboles font rêver : Rothschild et Rockefeller. Ce sont des noms qui effacent les prénoms.

    L’alliance stratégique conclue le 30 mai entre RIT Capital Partners, présidée par le Britannique Lord Jacob Rothschild, et la société américaine Rockefeller Financial Services marque le retour de ces deux figures emblématiques de la finance anglo-saxonne. Grâce à deux vieux dragons qui ont repris du service – Jacob Rothschild, 76 ans, et David Rockefeller, 96 ans -, la City et Wall Street font à nouveau cause commune. Pour le meilleur comme pour le pire…
    (…)
    On ne présente plus David Rockefeller, ex-président de la banque de détail Chase Manhattan (qui a fusionné en 2001 avec JP Morgan). Cette star de Wall Street est le petit-fils du magnat du pétrole John D. Rockefeller, qui avait fondé en 1882 Rockefeller Financial Services pour gérer la fortune du clan. Prototype par excellence du robber baron, ces « barons voleurs » du XIXe siècle honnis en raison de leurs abus, John D. Rockefeller avait fondé le premier monopole aux Etats-Unis avec la compagnie pétrolière Standard Oil. A coups d’audace, de poigne et avec l’aide de quelques amis puissants, boucaniers de la finance et politiciens corrompus…

    Rockefeller appartient aussi à une grande famille WASP (white anglo-saxon protestant, c’est-à-dire Blancs anglo-saxons protestants) de la Côte est des Etats-Unis.

    Le judaïsme a cimenté la dynastie des Rothschild, « prince des banquiers et banquier des princes ». Et, à l’inverse des Morgan, la lignée Rockefeller n’est pas marquée par une tendance à l’antisémitisme présente dans l’aristocratie WASP comme en témoigne l’alliance entre William Rockefeller et la banque Kuhn, Loeb & Company dans la bataille en 1901 pour le contrôle de la ligne de chemin de fer Northern Pacific.

    Fréquentant les mêmes cercles de l’establishment transatlantique, en particulier la Commission trilatérale, David Rockefeller connaît Lord Jacob Rothschild depuis des lustres.
    (…)
    Source : www.lemonde.fr/international/article/2012/06/12/le-retour-des-barons-flingueurs_1717095_3210.html?xtmc=commission_trilaterale&xtcr=6
  • Trente ans d’une institution secrète
    Pouvoirs opaques de la Trilatérale
    Par Olivier Boiral, Le Monde diplomatique, novembre 2003
    Dirigeants des multinationales, gouvernants des pays riches et partisans du libéralisme économique ont vite compris qu’ils devaient se concerter s’ils voulaient imposer leur vision du monde. Dès juillet 1973, dans un monde alors bipolaire, David Rockefeller lance la Commission trilatérale, qui va marquer le point de départ de la guerre idéologique moderne. Moins médiatisée que le forum de Davos, elle demeure très active, au travers d’un réseau d’influences aux multiples ramifications.Il y a trente ans, en juillet 1973, à l’initiative de M. David Rockefeller, figure de proue du capitalisme américain, naissait la Commission trilatérale. Cénacle de l’élite politique et économique internationale, ce club très fermé et toujours actif de hauts dirigeants a suscité nombre de controverses, surtout à ses débuts (1). La Commission entend alors devenir un organe privé de concertation et d’orientation de la politique internationale des pays de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon).
    Sa charte fondatrice résume : « Centrée sur l’analyse des enjeux majeurs auxquels font face l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon, la Commission s’attache à développer des propositions pratiques pour une action conjointe. Les membres de la Commission regroupent plus de 200 distingués citoyens provenant des trois régions et engagés dans différents domaines (2). »

    La création de cette organisation opaque, où se côtoient à huis clos et à l’abri de toute compromission médiatique des dirigeants de multinationales, des banquiers, des hommes politiques, des experts de la politique internationale, ou encore des universitaires, coïncide à ce moment avec une période d’incertitude et de turbulence dans la politique mondiale. La gouvernance de l’économie internationale semble échapper aux élites des pays riches, les forces de gauche paraissent de plus en plus actives, en particulier en Europe, et l’interconnexion croissante des enjeux économiques appelle une coopération plus étroite entre les grandes puissances. La Trilatérale va rapidement s’imposer comme un des principaux instruments de cette concertation, soucieuse à la fois de protéger les intérêts des multinationales et d’« éclairer » par ses analyses les décisions des dirigeants politiques (3).
    (Lire la suite…)
    Source : www.monde-diplomatique.fr/2003/11/BOIRAL/10677


Revue de presse
:

  • Étranger. Les Américains méfiants et les Allemands séduits La Trilatérale opte pour un soutien conditionnel à M. Mikhail Gorbatchev
    Par Le Monde, le 12 avril 1989
    Le « style Gorbatchev » a trop séduit et inquiété les Occidentaux pour que le rapport signé par Valéry Giscard d’Estaing, Henry Kissinger et l’ancien premier ministre japonais Yasuhiro Nakasone, ne retienne pas l’attention. Dans l’esprit des auteurs, une « réconciliation à long terme » avec l’Est passe par une coopération sélective et soigneusement conditionnelle. Appelant l’Ouest à ne pas être réduit « à la défensive » par le « sens de l’initiative surprise » du numéro un soviétique, ils préconisent un mélange « de coopération et de confrontation ». Opposés à l’injection massive de crédits en URSS, les auteurs plaident pour la promotion de sociétés mixtes destinées à la production de biens de consommation dont Moscou a le plus urgent besoin pour rendre crédible sa politique de réformes auprès de la population. De telles sociétés pourraient bénéficier du « même degré de garantie que les ventes de biens d’équipement », cette garantie pouvant être apportée « partiellement par une institution spécialisée au sein de la CEE ou de l’OCDE ». De même, soutenir de nouvelles institutions chargées, en URSS, de la formation, des petites entreprises, des services ou de l’agriculture privée leur parait constructif. Ultime proposition,…
    (Lire la suite…)
    Source : www.lemonde.fr/archives/article/1989/04/12/etranger-les-americains-mefiants-et-les-allemands-seduits-la-trilaterale-opte-pour-un-soutien-conditionnel-a-m-mikhail-gorbatchev_4108946_1819218.html#gCmLHIXBYFvxbbug.99
  • Quand M. Gorbatchev dialogue avec la Trilatérale
    Par Le Monde, Bernard Guetta, le 20 janvier 1989
    MM. Giscard d’Estaing, Kissinger et Nakasone devraient avancer prochainement des  » suggestions  » sur la manière dont les grandes organisations économiques internationales comme le GATT (accord sur le commerce international) et la Banque mondiale pourraient faciliter l’adhésion de l’URSS en lui ménageant des  » périodes intermédiaires ». »Il est évident que l’on doit pouvoir trouver une solution « , a déclaré à cet égard M. Giscard d’Estaing peu après avoir été longuement reçu par M.Gorbatchev, mercredi 18 janvier, en compagnie de l’ancien secrétaire d’Etat américain et de l’ancien premier ministre japonais. Ces trois personnalités du monde occidental se trouvent en ce moment à Moscou pour rédiger, dans le cadre de la Commission trilatérale (1), un rapport sur les conséquences du cours réformateur soviétique sur les relations Est-Ouest.
    Avec la question du désarmement, c’est le dossier des relations économiques entre l’Union soviétique et les pays occidentaux qui a dominé leur entretien avec le secrétaire…
    (Lire la suite…)
    Sources :
    www.lemonde.fr/archives/article/1989/01/20/quand-m-gorbatchev-dialogue-avec-la-trilaterale_4123766_1819218.html#b3yQH2ptC4RVyE3m.99
    www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=633594&xtmc=trilaterale&xtcr=201
  • Droits de l’homme et diplomatie
    Croisade polonaise
    Par Claude Julien, Le Monde diplomatique, janvier 1986
    UN monde pourtant bien confortable a basculé. Comment ne pas compatir à la douleur de ceux que frappe un deuil aussi cruel ? Tout, en effet, était naguère tellement plus simple : serrant les rangs, l’Occident tout entier montrait d’un doigt vengeur l’ »empire du mal », refusait pratiquement tout contact avec lui, suivait M. Reagan dans son inébranlable politique de confrontation, se félicitait de voir les Etats-Unis appuyer leur fermeté stratégique sur un prodigieux accroissement de leur budget militaire. Les choses étaient si claires que, à l’Elysée, un président socialiste accomplissait un geste dont son prédécesseur s’était prudemment abstenu : il plaidait en faveur du déploiement des Pershing en Allemagne fédérale. Puis, d’une formule superbe, il balayait toutes les objections : les SS-20, disait-il, sont à l’Est, et les pacifiques à l’Ouest.
    (…)
    Améliorer les relations Est-Ouest par le développement des échanges économiques : tel est bien l’un des thèmes constants de la Commission trilatérale, soigneusement examiné, lors de sa réunion d’avril 1985 à Tokyo, par une personnalité ouest-allemande. Assez naturellement, le même orateur était invité à développer le même sujet au mois de mai suivant, au cours de la conférence du groupe de Bilderberg réuni près de New-York (6).
    (…)
    Comme toujours dans l’histoire, les relations diplomatiques – entre adversaires mais aussi, bien souvent, entre alliés – comportent de tacites marchandages qui n’excluent pas le sordide. La pureté d’un idéal ne garantit jamais son triomphe, qui, dans une large mesure, dépend d’obscures tractations, d’accommodements parfois douteux, de concessions réciproques. De compromis boiteux en cotes mal taillées, des résultats concrets ne peuvent être atteints que progressivement, à force d’habileté et de patience, à condition de ne jamais perdre de vue l’objectif final.
    Quel objectif ? L’auteur d’un rapport pour la Commission trilatérale estime que « seule une évolution graduelle est possible » , et qu’elle doit viser simultanément « un renforcement des droits de l’homme et un renforcement de l’autonomie des pays d’Europe de l’Est. Tel est bien le sens à peine voilé du communiqué publié à Bruxelles voilà plus d’un an, à l’issue de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’alliance atlantique ; ce texte souhaitait « un effort réaliste pour établir de meilleures relations entre l’Est et l’Ouest ; des contacts bilatéraux réguliers de haut niveau peuvent y contribuer  (8)  ».
    (…)
    « Graduellement »  : tel est bien le maître mot de toute diplomatie réaliste, sans doute dépourvue de panache, mais la seule acceptable. L’un des conférenciers de la Commission trilatérale, lors de sa réunion en avril à Tokyo, disait avec raison qu’une « stratégie manifeste » (overt strategy) de répudiation du partage de l’Europe ne pourrait que « renforcer la résistance au changement souhaitable ». Il évoquait 1’ « amère leçon » que 1’on peut tirer de « nombreuses tentatives, depuis la guerre, d’accroître l’autonomie des pays qui composent le bloc soviétique : elles se terminèrent dans un bain de sang ou la répression politique » . Il recommandait la prudence et préconisait des changements progressifs à l’intérieur d’un « cadre de références auquel Moscou ne pourrait pas faire objection » .
    (Lire la suite…)
    Source : www.monde-diplomatique.fr/1986/01/JULIEN/39019
  • Les recommandations de la Trilatérale
    Par Le Monde, le 5 juin 1984
    Une réduction du temps de travail en Europe, une politique active de croissance économique au Japon et une diminution des dépenses militaires aux États-Unis sont préconisées dans un rapport rédigé pour la commission trilatérale et publié intentionnellement à la veille du sommet des grands pays industrialisés à Londres.
    La commission trilatérale, organisme privé de réflexion créé en 1973, regroupe des personnalités politiques et du monde des affaires des États-Unis, d’Europe de l’Ouest et du Japon.
    Selon les auteurs de ce document de quatre-vingt-dix pages -l’ancien secrétaire au Foreign Office, M. David Owen, l’ancien ministre japonais des affaires étrangères, M. Saburo Ikota, et l’ancien conseiller du président des États-Unis pour les affaires de sécurité nationale, M. Zbigniew Brzezinski, – les démocraties industrielles des trois continents sont confrontées à quatre types de menaces : la guerre nucléaire, les bouleversements sociaux dans les pays du tiers-monde, les risques d’affrontement entre l’Est et l’Ouest à propos de conflits régionaux de plus en plus destructeurs, et la détérioration de la coopération économique et politique multilatérale.
    Face à ces menaces,..
    (Lire la suite…)
    Source : www.lemonde.fr/archives/article/1984/06/05/les-recommandations-de-la-trilaterale_3024152_1819218.html#xJgXsIXW2JL3tyYO.99
  • La « Trilatérale » s’inquiète de « menaces majeures » mais se félicite du « déclin du modèle soviétique »
    Par Le Monde, le 3 avril 1984
    Washington (AFP, AP). – La commission trilatérale, qui regroupe des personnalités d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et du Japon appartenant au monde politique, syndical, patronal et universitaire, a commencé, le dimanche 1er avril, une réunion de travail de trois jours à huis clos. Elle a notamment entamé l’examen d’un rapport écrit par MM. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller pour la sécurité nationale du président Carter, David Owen, leader du Parti social-démocrate britannique, et Saburd Okita, ancien ministre japonais des affaires étrangères.
    Selon les auteurs de ce rapport, le monde actuel connaît quatre  » menaces majeures « . Il s’agit, d’une part, de la  » détérioration importante de la coopération politique et économique multilatérale, de la montée du chômage, de la baisse des niveaux de vie et de la démocratie « . D’autre…
    (Lire la suite…)
    Source : www.lemonde.fr/archives/article/1984/04/03/la-trilaterale-s-inquiete-de-menaces-majeures-mais-se-felicite-du-declin-du-modele-sovietique_3012890_1819218.html#b4s8rZWIKSxyLbHq.99
  • Un président nationaliste pour l’Amérique en crise ?
    L’investiture de M. Ronald Reagan par la convention républicaine de Detroit confirme la poussée d’un courant nationaliste et protectionniste, toujours vivace aux Etats-Unis mais tenu en lisière par les internationalistes qui ont entouré le président Carter pendant sa campagne électorale, puis à la Maison Blanche.
    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les thèses mondialistes et libre-échangistes avaient prévalu dans les deux grands partis américains, assurés de la puissance économique de leur pays et de la solidité du dollar. Cependant, au fur et à mesure que croissaient les désillusions et les difficultés, le parti républicain est passé sous l’influence des milieux protectionnistes, représentant les secteurs industriels les moins impliqués dans les échanges internationaux (voir l’article de Thomas Ferguson et Joel Rogers, « Un capitalisme divisé », dans le Monde diplomatique de septembre 1979). Contraints à abandonner leurs liens traditionnels avec le parti républicain, des dirigeants des banques d’affaires et de secteurs industriels dynamiques, fortement engagés sur les marchés extérieurs, se sont alors retrouvés au sein de la Commission trilatérale qui a fourni au président Carter nombre de conseillers et de collaborateurs influents.
    La compétition Reagan-Carter recoupe ainsi, pour une bonne part, un affrontement entre partisans et adversaires du protectionnisme. En choisissant comme colistier M. George Bush, membre de la Commission trilatérale, le candidat républicain entend, toutefois, montrer que son nationalisme n’implique pas nécessairement une rupture totale entre les deux grands courants du capitalisme américain.
    La grande bataille économique
    Par Thomas Ferguson et Joel Rogers, Le Monde diplomatique, août 1980
    AU cours de ces derniers mois, le système politique américain a été durement secoué par une série d’événements. L’intervention militaire en Iran a échoué. M. Cyrus Vance s’est démis de ses fonctions de secrétaire d’Etat. Les négociations sur la mise en place d’un nouveau système monétaire international ont été interrompues. Des Noirs en colère ont déclenché des émeutes à Miami. L’économie s’est enfoncée dans la récession, et l’augmentation du chômage, sur deux mois, a été la plus forte de toute l’histoire moderne des Etats-Unis.
    Dans la course à la présidence, M. James Carter n’apparaît guère comme un candidat solide. Il a perdu au profit de M. Edward Kennedy le soutien d’Etats aussi traditionnellement acquis aux démocrates que ceux de New-York, de Pennsylvanie et de Californie, et son emprise sur le parti s’effrite chaque jour. Le rejet récent par le Congrès de son projet de loi visant à taxer le pétrole importé constitue le premier veto opposé à un président, depuis 1952, par un Parlement où son propre parti est majoritaire. A l’époque, du reste, le président Truman n’était pas candidat à sa propre succession… Sur un arrière-plan de désintégration accrue du bipartisme traditionnel, le Ku Klux Klan et d’autres groupes réactionnaires concurrents connaissent un regain de popularité ; la candidature indépendante de M. John B. Anderson pourrait provoquer une situation telle que ce serait finalement la Chambre des représentants qui aurait à désigner le président. Enfin, le candidat républicain, M. Ronald Reagan, fait de plus en plus figure de futur occupant de la Maison Blanche.
    Pendant plus d’une génération, la formule politique du New Deal a structuré la vie publique américaine. Elaborée à une époque où les Etats-Unis dominaient l’économie mondiale, où l’énergie était bon marché, où le capital et le travail participaient de concert au progrès industriel et où l’autorité des dirigeants n’était pas contestée, cette formule a aujourd’hui fait son temps. Partout ses fondements économiques, politiques et sociaux (…)
    (Lire la suite…)
    Source : www.monde-diplomatique.fr/1980/08/FERGUSON/35706
    Article original : www.cows.org/_data/files/1980_Un_president_nationaliste_pour_lAmerique_en_crise.pdf
  • L’ambassadeur et la Trilatérale
    Par Le Monde, le 14 janvier 1978
    Richard N.Gardner, ambassadeur des États-Unis à Rome, est un spécialiste du droit international (il a une chaire àl’universitéColumbia), qui a été, de 1961 à 1965, sous-secrétaire d’État adjoint chargé des organisations internationales.Mais il est aussi un des membres de la Commission trilatérale, organisation  » privée  » créée en 1973 afin de renforcer la  » coopération  » entre les États-Unis, le Japon et l’Europe occidentale.Parmi les membres de cette commission figuraient, dans la liste publiée en août 1975, MM. Brzezinski, Carter (alors ancien gouverneur de Georgie), Mondale (devenu vice-président des États-Unis), David Rockefeller, Cyrus Vance et… Richard N. Gardner M.Kissinger a participé aux travaux de la commission depuis son départ du département d’État.Parmi les membres européens, figuraient notamment, pour l’Italie, M. Giovanni Agnelli (Fiat), et, pour la France, MM. Raymond Barre, René Bonety (C.F.D.T.), Michel Debatisse (F.N.S.E.A.), Paul Delouvrier (E.D.F.), Jacques de Fouchier (Banque de Paris et des Pays-Bas), Pierre Jouven (Pechiney-Ugine-Kuhlmann), Roger Martin (Saint-Gobain-Pont-à-Mousson).
    Les représentants des plus grandes firmes japonaises ont participé et participent aux travaux de la Commission trilatérale, travaux qui ont fait l’objet de plusieurs publications, cependant que la plupart des réunions sont organisées dans la plus grande discrétion. Mais ne s’agit-il pas d’une commission  » privée  » ?…
    Source : www.lemonde.fr/archives/article/1978/01/14/l-ambassadeur-et-la-trilaterale_2990173_1819218.html?xtmc=commission_trilaterale&xtcr=141
  • À Washington Un groupe d’experts internationaux approuve la proposition française de conférence trilatérale
    Par Henri Pierre, Le Monde, le 14 décembre 1974
    Washington. – La  » commission trilatérale « , organisation privée influente réunissant d’importantes personnalités de la politique, de la banque et des affaires, ainsi que des universitaires des États-Unis, de l’Europe et du Japon, vient de formuler des recommandations qui, sur bien des points, se distinguent nettement et vont même à rencontre des thèses de M. Kissinger. En fait, cette commission créée en 1972 par M. David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank, et frère du vice-président des États-Unis, a repris un certain nombre d’idées exprimées par M. George Ball, ancien sous-secrétaire d’État et, à un moindre degré, par M. Delouvrier, président de l’Électricité de France.
    En ce qui concerne le problème de l’énergie, les recommandations de la commission approuvent l’initiative française d’une conférence à trois composantes ou encore d' » une série de conférences avec la participation de certains pays hautement industrialisés, de certains producteurs et de certains pays à faible revenu… « .
    La commission invite les principaux pays consommateurs à prendre…
    (Lire la suite…)
    Source : www.lemonde.fr/archives/article/1974/12/14/a-washington-un-groupe-d-experts-internationaux-approuve-la-proposition-francaise-de-conference-trilaterale_3091333_1819218.html?xtmc=commission_trilaterale&xtcr=176
Publicités