Résistance : la critique (éclairée et vitale) des élites et oligarchies

Intro :

Plus beaucoup le temps hélas d’écrire. D’autres le font très bien.

Ainsi, un excellent article, publié par la revue trimestrielle Frustration (ci-dessous), qui aborde la problématique soulevée par certains discours, certains médias, certains « spécialistes », qui embrouillent l’analyse (historique, sociologique, géopolitique…) des structures et des réseaux oligarchiques plus ou moins connus ; analyses qui obscurcissent et polluent la critique légitime et vitale du pouvoir grandissant, fascisant, des élites sévissant sur tous les continents.

Des élites, nostalgiques du capitalisme sauvage et du darwinisme social plus particulièrement d’avant le krach de 1929, d’avant les politiques progressistes, régulatrices, redistributives de l’Etat-providence ; des politiques insupportables à ces partisans d’un capitalisme sans limite, totalitaire, adeptes fervents d’une Providence mais sans Etat.

Des élites, (re)fondatrices du (néo)libéralisme, qui sont à l’origine notamment de la pseudo crise de la démocratie du milieu des années 1970 (The Crisis of democracy, 1975), prétexte à l’instauration d’une nouvelle orthodoxie économique (monétarisme) qui débouche depuis 40 ans sur l’accroissement constant – et bien souvent criminel (chômage, précarité, désespérance…, suicides) -, des inégalités socio-économiques entre classes possédantes et classes moyennes/populaires.

Des élites, qui, il y a quarante ans, ont donc vendu la « crise des démocraties » et qui depuis, ont tout fait pour que cette crise saggrave


Article
:

Il n’y a pas de lézards mais il y a bien des capitalistes – Comment anti-complotistes et conspirationnistes empêchent la critique des élites

En mars dernier, le magazine Society bombardait les transports en commun de la couverture de son 27e numéro : un doigt accusateur pointé vers nous accompagné du titre : « Enquête : On vous ment ? Comment le complotisme est devenu l’idéologie dominante ». Ce titre alarmiste montre à quel point les « théories du complot » sont devenus l’objet de prédilection des journalistes mais aussi des politiques qui s’emploient à dénoncer leur multiplication. Le ministère de l’Éducation nationale a ainsi mis en place une série de mesures pour lutter contre leur diffusion dans les établissements scolaires. On apprend sur le site Internet dédié[1] que les enseignants doivent impérativement lutter contre tout discours qui décrirait le cours des événements dans le monde (attentats, guerres, mesures politiques, etc.) comme étant manipulé par un groupe caché d’individus. Cette dénonciation du complotisme a la vertu de lutter contre les explications racistes et simplificatrices des choses : on lutte ainsi contre la propension des jeunes à croire que derrière chaque attentat en France il y aurait « les juifs ». Le problème c’est qu’en luttant contre les explications les plus simplistes on élimine au passage des théories réalistes mais qui décrivent elles aussi quelque chose comme l’action concertée d’un groupe d’individus contre l’intérêt général. Ainsi, si l’on parle par exemple de l’action – pourtant avérée – des multinationales pour orienter la recherche scientifique ou les décisions politiques, on sera complotiste. Si l’on s’interroge sur les raisons véritables des interventions militaires occidentales, on sera complotiste. Si l’on dit que les grands bourgeois ont, en France, tout un tas de connexions politiques et administratives qui leur permettent de promouvoir leurs intérêts financiers et patrimoniaux, on « tombera dans la théorie du complot ». À la longue, cette stigmatisation du complotisme, en mettant dans le même panier des choses qui n’ont pourtant pas le même degré de réalité, discrédite toute critique des élites. Beaucoup trop de gens se retrouvent à devoir se taire plutôt que d’exprimer leur révolte face aux inégalités de pouvoir, pour ne pas être taxés de complotistes. Enseignants, journalistes, sociologues proposent des analyses épurées de toute critique des élites pour ne pas être stigmatisés et subir des sanctions. Comment en est-on arrivé là et comment s’en sortir ?

Montée de la défiance et développement des théories du complot dans les années 1990

Dans les années 1990, la série américaine X-Files enregistrait des records d’audience en France et aux États-Unis. Durant dix ans, la chaîne M6 diffusait cette intrigue dont le principal ressort est la volonté perpétuelle du gouvernement américain et du secteur militaro-industriel d’effacer les traces de ses actions pour s’emparer d’une technologie extra-terrestre, manipuler des populations, laver le cerveau de pilotes d’essais, etc. Les deux charismatiques héros de la série menaient leur enquête dans cette atmosphère paranoïaque où la vérité était toujours « out there » c’est-à-dire au-delà de la version officielle. À l’époque, politiques et intellectuels faisaient de la série le symptôme d’un mal profond qui gangrenait nos sociétés démocratiques : la défiance envers les institutions. Par la suite, cette défiance n’a cessé d’augmenter dans la population française, incarnée par deux préjugés populaires simples : les politiques travaillent pour d’autres intérêts que les nôtres (le « tous pourris ») et la version officielle des faits n’est toujours qu’une partie de la vérité, voire un mensonge (« on ne nous dit pas tout »). De nombreuses affaires sont venues confirmer ces sentiments : les magouilles électorales de tel ou tel politique, les mensonges des gouvernements pour justifier telle ou telle guerre (on pense en particulier à l’inexistence des « armes de destruction massives » pourtant unique justification de l’invasion américaine en Irak en 2003), etc. Ces dérives bien réelles se sont accompagnées de théories plus ou moins farfelues sur les actions cachées de nos dirigeants, l’une des plus extrêmes étant celle qui a attribué (selon diverses modalités) l’attentat contre le Word Trade Center à New York et le Pentagone à Washington DC au gouvernement américain lui-même. Ces théories relatives au 11 septembre 2001 ont connu une grande audience dans les années qui ont suivi, notamment grâce à la viralité de vidéos « documentaires » dans un Internet en plein boom.

Des spécialistes de la lutte contre le conspirationnisme au service de l’ordre établi

Durant les 15 années qui ont suivi, tout un secteur de recherche s’est constitué en France pour répondre scientifiquement à cette vague de théories du complot. Désormais, on trouve deux observatoires du net (Conspiracy Watch et Hoax Buster – sites français comme leur nom ne l’indique pas), deux sociologues spécialistes du complotisme publiant régulièrement des ouvrages sur la question (Gérald Bronner et Pierre-André Taguieff) et une flopée de journalistes qui s’en font les promoteurs. Conspiracy Watch et Hoax Buster se donnent pour mission de répondre aux rumeurs et théories qui circulent sur le web. Hoax Buster est un site collaboratif pas aussi grand que Wikipedia mais fonctionnant de manière similaire : chaque théorie se diffusant vite sur le net (comme celles au sujet des attentats de Charlie Hebdo par exemple) est soumise à l’examen d’une communauté de vérificateurs qui vont recouper les faits et contrôler mutuellement leurs informations. Hoax Buster voit les théories du complot comme des informations parmi d’autres à vérifier.

Conspiracy Watch fonctionne différemment : c’est un site d’analyse du conspirationnisme, défini comme une attitude menant au complotisme. Selon le site, c’est plus précisément une disposition d’esprit « consistant à remettre en cause abusivement l’explication communément admise de certains phénomènes sociaux ou événements marquants au profit d’un récit explicatif alternatif qui postule l’existence d’une conspiration et dénonce les individus ou les groupes qui y auraient pris part. » Le caractère abusif consiste, nous précise l’observatoire, à s’affranchir des règles de l’analyse scientifique (l’examen de preuves, l’acceptation de la contradiction, etc.), et le fait de postuler tient à ce que les auteurs ne parviennent jamais à démontrer l’existence de la conspiration. Conspiracy Watch n’est pas un site participatif mais plutôt une sorte de blog d’un individu, Rudy Reichstadt, qui s’appuie sur son existence pour s’auto-proclamer spécialiste du conspirationnisme.

Côté sociologues, Pierre-André Taguieff est un spécialiste de « l’histoire des idées » enseignant à Sciences Po Paris et qui explique la propension à voir des complots dans l’histoire comme une volonté pour les peuples de compenser la perte de la religion et de « réenchanter » le monde en trouvant des explications plus simples que la réalité « toujours plus complexe ». Il insiste beaucoup sur le fait qu’en définitive, toutes les théories du complot finissent par désigner « le juif » comme manipulateur de première. Dans un registre qui se veut plus scientifique, Gérald Bronner, professeur à l’université Paris VIII, est un spécialiste des croyances et de la rationalité (c’est dire s’il est une référence sérieuse). Dans un livre à succès La Démocratie des crédules, il montre comment l’accès de tous à l’information et à l’opinion, via Internet et la démocratie, permet le succès de théories du complot les plus farfelues. Ses travaux mettent en valeur les mécanismes psychologiques qui poussent à adhérer au conspirationnisme, les « biais cognitifs » (des pentes naturelles de l’esprit à croire le faux plutôt que le vrai). Bronner en appelle à la mobilisation des gens qualifiés et à une « révolution pédagogique » de lutte contre le complotisme à l’école, ce qui a inspiré le ministère de l’Éducation nationale. Mais Gérald Bronner ne s’intéresse pas qu’aux théories du complot les plus farfelues. Il commente aussi les doutes, selon lui excessifs, que ses concitoyens entretiennent à l’égard de la médecine, du secteur pharmaceutique ou encore de nos choix énergétiques.

Et c’est là que le verni de neutralité du chercheur commence à craquer : en mettant dans un même ouvrage les rumeurs les plus farfelues (comme le fait de croire que les traînées de condensation produite par les avions en altitude est en fait de l’épandage de fluor pour juguler l’esprit critique des populations – comme si nos élites avaient besoin de ça, alors qu’elles ont BFM TV et le Parti socialiste) et les doutes populaires à l’égard, par exemple, de la sécurité des installations nucléaires, Bronner contribue à salir les seconds du ridicule des premiers. Puisque douter de nos institutions politiques, sécuritaires et scientifiques serait similaire à croire dans le fait qu’Obama est en réalité un extra-terrestre, alors l’attitude la plus rationnelle serait de ne douter de rien. Il est ainsi l’un des critiques virulents du « principe de précaution », cette norme défendue par les écologistes pour empêcher l’utilisation d’une technologie tant que sa sûreté et sa fiabilité n’ont pas été rigoureusement prouvées. Or, Gérald Bronner, comme beaucoup d’universitaires, fait quelques extras. Il est ainsi membre du conseil scientifique d’Areva, une des plus grandes entreprises constructrices et gestionnaires d’installations nucléaires d’Europe. Si on continue de tirer le fil, on se rend compte ainsi que Pierre-André Taguieff et Rudy Reichstadt sont membres du « cercle de l’oratoire », un groupe de réflexion néoconservateur fondé après les attentats du 11 septembre avec comme objectif de « lutter contre la montée de l’antiaméricanisme en France ». Rudy Reichstadt travaille aussi pour la Fondation Jean-Jaurès, un think tank du Parti socialiste. Ces spécialistes des théories du complot sont donc juges et parties : ils sont à la fois pourfendeurs de toutes les théories qui critiquent les élites politiques, économiques et scientifiques et qui relèvent les liens qui se nouent entre elles et proches de ces élites ! À leur corps défendant ils sont en fait une des nombreuses preuves que décrire le fonctionnement des élites de manière complotiste est en fait tout à fait rationnel.

Oui, les élites complotent souvent

Nos trois chercheurs sont un bon exemple de la manière dont nos élites agissent pour préserver leurs intérêts : elles prétendent agir pour l’intérêt général et tiennent un discours technique, scientifique qui ne laisse rien voir de leurs intentions (ici l’utilisation du vocabulaire de la sociologie, le terme d’ « observatoire » pour désigner le site Internet pourtant très politique de Rudy Reichstadt) et qui donc cache leurs intérêts réels au plus grand nombre. L’un des objectifs de leur action est de discréditer la critique sociale. Ils ont d’ailleurs commencé à s’en prendre à ceux de leur propre profession, ces sociologues qui, dans la lignée de Pierre Bourdieu, étudient les mécanismes de reproduction des élites et de préservation de leur domination, notamment à l’école. Ensuite, ils discréditent toute une partie de la gauche antilibérale, accusée elle aussi de complotisme, puisqu’elle dit que les plus riches influencent la vie politique à leur avantage. L’anathème qu’ils ont créé produit des effets puissants, de censure et d’auto-censure, avec une apparence de neutralité scientifique, qui conduit à la préservation de l’ordre social dont ils bénéficient. Gérald Bronner a dû être bien apprécié des partisans du nucléaire pour avoir sa place au conseil scientifique d’Areva. Tandis que Reichstadt et Taguieff produisent des analyses qui plaisent bien aux grands médias pour être devenus leurs interlocuteurs privilégiés. Dans le champ de la recherche, ils sont accrédités par le CEVIPOF, laboratoire de Sciences Po Paris qui a un quasi monopole sur la description des attitudes politiques des Français et qui est trusté par des chercheurs sympathisants ou militants PS ou Les Républicains.

Il n’y a pas que les élites scientifiques qui cachent une partie de leur action et qui jouent en faveur de l’ordre établi. Les élus des grands partis jouent aussi un autre jeu que celui de la simple représentation du peuple. Il faudrait tout de même être particulièrement naïf en 2016 pour croire que nos députés et nos ministres agissent de manière désintéressée et n’ayant qu’à l’esprit la volonté et l’intérêt de leurs électeurs. Le simple fait que plus de 80 % de l’Assemblée nationale est composée de cadres en dit long sur les biais sociologiques de nos représentants : tous bords confondus, ils sont plus à l’écoute de leur classe sociale que du reste de la population. Pire encore, un coup d’œil du côté de leur formation et de leur parcours professionnel laisse clairement penser qu’ils entretiennent des liens de complicité avec l’élite économique, qui fréquente les mêmes grandes écoles qu’eux et les mêmes cercles de sociabilité. Nicolas Sarkozy avec toute sa clique d’amis patrons n’était qu’un aperçu particulièrement caricatural d’une situation banale chez nos « représentants ». Certains politiques passent d’ailleurs allègrement de leur mandat à des activités pour des entreprises privées. On appelle cela le « pantouflage » et cette pratique met en valeur les liens d’interdépendance entre grandes entreprises et politiques : les premières ont besoin d’une classe politique qui ne les bouscule pas trop et qui promeut leurs intérêts, les seconds d’entreprises pour lesquelles travailler aux moments où ils n’ont plus de mandat (quand la gauche perd la majorité au profit de la droite et vice-versa). Aquilino Morelle, ex-conseiller de François Hollande célèbre pour avoir mobilisé un salon de l’Élysée pour faire cirer sa trentaine de paires de chaussures, a eu par exemple ce genre de parcours : haut fonctionnaire à l’Inspection générale des affaires sociales puis conseiller de nombreux hommes politiques des années 1990 à nos jours, il travaille aussi pour le groupe de publicité Euro RSCG (Désormais Havas Worldwide) pour conseiller sur des stratégies de communication visant à améliorer l’image de grands labos pharmaceutiques. Il a même fini par créer sa propre entreprise de conseil pour les industries pharmaceutiques, organisant par exemple des rencontres entre futurs politiciens influents et grandes entreprises. Sachant que son parcours est loin d’être unique, comment s’étonner qu’une grande partie des Français pense que la classe politique est corrompue ? En 2013, selon une enquête[2], nous étions plus de 50 % à être d’accord avec l’énoncé « on ne sait pas qui tire les ficelles » en politique. Sommes nous une majorité de victimes du « complotisme » ?

Ne pas laisser la critique des élites aux conspirationnistes

S’il nous semble donc illégitime d’associer tout soupçon de collusion entre élites et de corruption de leurs membres à du conspirationnisme, il faut aussi admettre qu’il y a de belles conneries qui sont entretenues par les théories les plus extrêmes. Généralement, c’est au niveau des mobiles de l’action de nos élites que nous sommes profondément en désaccord avec les « vrais » complotistes. Par exemple, dire que nos élites agiraient ainsi car elles seraient juives ou sionistes (selon les théories), ou qu’elles partageraient toutes le dessein d’instaurer un Nouvel Ordre Mondial est particulièrement contre-productif car cela passe à côté de la réalité. Si les membres des classes supérieures sont souvent solidaires les uns des autres c’est d’abord pour préserver les intérêts de leur classe et leurs profits financiers et politiques individuels. Ce n’est ni parce qu’ils sont juifs, homosexuels ou francs-maçons qu’ils détournent perpétuellement l’intérêt de la majorité. C’est parce que ce sont des gens riches qui veulent préserver leur richesse dans un monde où la majorité pâtit justement de leur enrichissement. Les riches juifs se foutent pas mal des pauvres juifs. En revanche, ils peuvent tout à fait travailler avec de riches catholiques ou de riches musulmans. Pour le profit, il n’y a pas de barrière ethnique ou religieuse qui tienne, il suffit de voir comment nos hommes d’affaires, universitaires ou politiques qui tiennent pourtant des discours de défiance à l’égard de l’Islam adorent traiter avec les pays du Golfe ! En mettant en avant des logiques religieuses ou raciales, les théories du complot qui pullulent sur Internet détournent les gens de la réalité de notre problème avec les puissants : leur domination économique et financière. En plus, à force de décrire les classes supérieures comme des gens surpuissants, capables d’organiser des manipulations énormes dans le but d’une domination mondiale, on cesse de voir l’énorme fragilité de toutes ces élites : le fait que leur pouvoir ne repose que sur la préservation d’un ordre économique fragile, instable et profondément injuste : le capitalisme.

On a donc raison de ne pas vouloir céder à l’injonction des intellectuels et des politiques à « ne pas tomber dans la théorie du complot ». Bien sûr que nos élites ne font que comploter pour conserver leur pouvoir, qu’elles ne font que mentir en nous faisant croire au bénéfice pour tous de la croissance économique et à la Ve République qui serait au service du peuple ! Il faut le dire et le répéter car, à force de prendre des précautions, on laisse aux fascistes, gourous délirants et autres paumés qui peuplent le web le monopole de la description de l’oppression politique, économique et sociale. Si l’on empêche des collégiens et des lycéens de penser, à l’école, la possibilité de critiquer des élites qui méritent perpétuellement de l’être, alors on les obligera à aller chercher cette critique ailleurs, sur ces sites qui résument grossièrement la domination des puissants à un seul grand dessein plutôt qu’à la multiplicité de leurs gros profits.


[1] Une définition pour le moins extensive est donnée sur la page du colloque : « Discours de mise en accusation, une théorie du complot consiste à dévoiler l’identité de ceux qui ont intérêt au prétendu complot et qui en sont les commanditaires. Ainsi, une théorie du complot désigne toujours, explicitement ou non, un groupe d’individus ou une organisation plus ou moins structurée comme étant à l’origine du complot allégué : sorcières, lépreux, Templiers, juifs, jésuites, francs-maçons, Illuminati, Synarchie, Sages de Sion, sionisme international, Commission Trilatérale, groupe de Bilderberg, services secrets, banques, groupes industriels, multinationales, « complexe militaro-industriel », mouvements politiques ou religieux, sociétés secrètes, etc. Les mobiles avancés sont invariablement : la soif de domination, la quête du pouvoir, l’argent, etc. »

[http://www.education.gouv.fr] page « Journée d’étude Réagir face aux théories du complot »

[2]  « La moitié des Français croient aux théories du complot », Le Monde, 3 mai 2013.

Source : http://www.frustrationlarevue.fr/?p=840

Publié dans Solidarités & résistances

Mardi 14 juin 2016 : manifestation contre la Loi Travail (#PSpourri)

Défendez les droits sociaux conquis par les combats des Anciens et des Anciennes :

Manifester MARDI 14 JUIN 2016 contre la Loi Travail (et s’abonner à Siné Mensuel…) !!

  • Départ à 13h de la Place d’Italie en direction des Invalides
    (Place d’Italie > Avenue des Gobelins > Boulevard Port-Royal > Boulevard Invalides > Esplanade Invalides)

Note M&Cies :

Les modèles de réformes, allemand (Schröder-Hartz) et anglais (Thatcher > Cameron) – dont s’inspire l’attelage néolibéral Hollande-Valls-Macron-Sapin-El Khomri… -, ont systématiquement débouché sur le développement des emplois précaires (CDD, temps partiels, intérim…).
Moins de chômage… ? …Mais plus de travailleurs pauvres !
Retour au 19ème siècle… pour le plus grand bonheur et profit des multinationales.

Sites :


Article sur la Loi Travail
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  • Déluge de bombes sur le code du travail
    Par Martine Bulard, Les Blogs du Diplo, La Valise diplomatique, le 19 février 2016
    Le patronat et Nicolas Sarkozy en rêvaient, MM. François Hollande et Manuel Valls l’ont fait : si, par hypothèse funeste, le projet de loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » (sic) devait voir le jour, le code du travail ressortirait en miettes. (Le texte complet peut être téléchargé par exemple sur le site de l’Ugict-CGT). « L’objectif, précise la ministre du travail Myriam El Khomri dans un entretien aux Echos (18 février 2016), est de s’adapter aux besoins des entreprises ». On s’en doutait un peu — encore qu’il s’agisse d’une étrange vision des entreprises, réduites à leurs seules sphères dirigeantes.

    Bien sûr, il ne s’agit que d’un projet et tout peut encore bouger. Le pouvoir excelle dans les manœuvres consistant à laisser fuiter les dispositions les plus folles pour ensuite accréditer l’idée que le pire a été évité. Ainsi il a laissé courir le bruit que les heures supplémentaires ne seraient plus rémunérées pour finalement décider un plancher obligatoire de 10 %. Tout le monde crie victoire alors que jusqu’à présent la norme était de 25 %, sauf quelques exceptions !

    Roi de l’entourloupe, le président de la République assure ne pas toucher aux fondamentaux : contrat de travail à durée indéterminée qui reste la règle et la semaine de 35 heures qui demeure la norme légale. Mais il transforme ces deux principes en coquilles vides. Si les mots restent, la protection des salariés disparaît et avec elle l’égalité de traitement des citoyens devant la loi.

    Jusqu’à présent, le principe fondamental du droit du travail donnait la priorité aux lois édictées par les élus de la République à moins qu’un accord à un niveau inférieur (branche, entreprise) se révèle plus favorable au salarié. Désormais, un accord dans une entreprise prévaut sur la loi, même s’il est défavorable à ce dernier. Singulière conception de l’« égalité réelle » ! Cette disposition fondamentale permettra au prochain président de la République d’amputer ce qui restera (encore) des droits des travailleurs.

    Quant au fameux contrat de travail à durée indéterminée (CDI) maintenu dans la loi, il pourra être rompu à tout moment en cas « de réorganisation de l’entreprise » ou de « conquête de marché ». Au delà de ces situations somme toute très fréquentes, la direction n’aura même plus à se justifier : il lui suffira de payer trois mois de salaire pour les employés embauchés depuis moins de deux ans, six pour les moins de cinq ans, etc. La notion même de licenciement abusif disparaît de fait. Le patron qui paye peut se séparer de son salarié sans risque de pénalité supplémentaire.

    Même tour de passe-passe pour les 35 heures. Entre les dérogations, un décompte du temps de travail et le paiement au rabais des heures supplémentaires, la réforme Aubry va passer aux oubliettes…

    Après une lecture rapide des 131 pages de ce nouveau code du travail, on peut retenir les dispositions concernant la durée du travail, la réforme des prud’hommes (le prochain numéro du Monde diplomatique, en kiosques le 2 mars, y consacrera un article), l’élargissement du droit de licencier et de réduire autoritairement les salaires, le moindre paiement des heures supplémentaires, etc.
    (…)
    Source : www.monde-diplomatique.fr/carnet/2016-02-19-code-du-travail


Revue de presse
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  • « Moins de chômeurs mais beaucoup plus de pauvres en Allemagne » ?
    Par Antoine Krempf, France Info, Le vrai du faux – 2015/2016, le 28 mars 2016
    L’ancien ministre de l’Education et député socialiste Benoît Hamon regrette que l’on compare trop souvent le taux de chômage français à ceux de la Grande-Bretagne et l’Allemagne sans parler du taux de pauvreté plus élevé dans ces deux pays.

    L’écart est même un peu plus élevé que ce qu’affirme le député socialiste. D’après les derniers chiffres d’Eurostat, le taux de risque de pauvreté en Allemagne et au Royaume Uni est de 17%, contre un peu plus de 13% pour la France. Précision, qle risque de pauvreté correspond à 60% du revenu médian, aides sociales comprises.

    Il dépend donc du niveau de vie dans chaque pays. En France, cela représente 987 euros par mois.  Et par ailleurs, c’est donc aussi vrai que le chômage est beaucoup plus faible chez nos voisins britanniques et allemands, un peu plus de 5%, soit deux fois moins qu’en France.

    Un paradoxe apparent qui s’explique en fait logiquement par le nombre de travailleurs pauvres au Royaume-Uni et en Allemagne. Plus de 20% des salariés y gagnent moins de deux tiers du salaire médian, contre 6% en France. Il s’agit surtout de salariés à temps partiels ou en contrats temporaires.

    Ce décalage entre la France et la Grande-Bretagne existe depuis très longtemps. Par contre il y a vraiment eu un basculement en Allemagne sur la dernière décenie. En l’espace de dix ans la proportion de travailleurs qui vivent sous le seuil de pauvreté a plus que doublé Outre-Rhin.

    Source : http://www.franceinfo.fr/emission/le-vrai-du-faux/2015-2016/moins-de-chomeurs-mais-beaucoup-plus-de-pauvres-en-allemagne-28-03-2016-07-51

  • Austérité. L’Allemagne compte dix fois plus de nouveaux pauvres que la France
    Par Ivan du Roy , le 5 mars 2015
    La Commission s’était engagée à faire sortir de la pauvreté 20 millions d’Européens d’ici 2020. Tel était l’une des ambitions sociales de sa stratégie « pour une croissance intelligente, durable et inclusive » définie en 2010. Concrètement, le nombre de personnes pauvres ou en situation d’exclusion sociale devait passer sous la barre des 100 millions en 2020. Cinq ans plus tard, à mi-parcours, on en est très loin ! Plus de 120 millions de personnes sont toujours considérées comme pauvres au sein des 28 États membres. Ce tableau de la pauvreté révèle quelques surprises [1].
    (…)
    Source : http://www.bastamag.net/L-Allemagne-compte-dix-fois-plus-de-nouveaux-pauvres-que-la-France
  • La Grande-Bretagne, royaume des travailleurs pauvres
    Par Eric Albert (Londres, correspondance), Le Monde Economie, le 10 décembre 2014
    Quand Keith Goodes a terminé son travail au centre pour handicapés adultes de Barnet, dans le nord de Londres, il enchaîne immédiatement sur son second emploi. En début de soirée, il part s’occuper à domicile d’une autre personne handicapée. « Je commence mes journées à 8 heures. Je termine à 20 h 30. Mais j’envisage de prendre un troisième emploi le samedi matin, parce que je ne gagne vraiment pas assez », explique ce Londonien de 54 ans.

    Selon des chiffres publiés, mardi 9 décembre, par le Bureau britannique des statistiques, jamais le taux d’emploi n’a été aussi élevé au Royaume-Uni : 87,7 % des familles ont au moins une personne avec un travail. Mais derrière ce record historique se cachent des hommes et des femmes comme M. Goodes, forcés de faire des horaires à rallonge pour boucler leurs fins de mois.
    (…)
    Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/10/britannique-au-travail-et-pauvre_4537786_3214.html

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« J’ai embrassé un flic… » (de trop près)

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Si c’est le Figaro et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) qui le disent…

Article :

  • Violences policières : une association entend «briser le silence»
    Par Caroline Piquet, Le Figaro, le 14 mars 2016
    L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) dénonce une «opacité criante» qui entoure les violences policières en France, en publiant un rapport à charge sur le sujet ce lundi.

    «Briser le silence, combattre les excès.» Tel est l’objectif de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) qui publie ce lundi un rapport sur les violences policières en France. «Quelles armes les forces de sécurité utilisent-elles en France? Quand en font-elles usage?», s’est interrogée l’association. Les autorités n’étant pas très prolixes sur le sujet, l’Acat a dû s’atteler à un travail de fourmi. Pendant dix-huit mois, elle a épluché la presse, des rapports publics, des décisions de justice et auditionné plus d’une soixantaine de personnes (syndicats de policier, magistrats, victimes, médecins, sociologues, etc.) pour faire un état des lieux de la situation.

    Au bout du compte, 89 cas de violences policières ayant eu lieu entre 2010 et 2015 ont retenu son attention: ces situations «concernent tant des décès (26) que des blessures graves (29 infirmités permanentes) ou moins graves (22), portent sur l’ensemble du territoire et couvrent tout type d’intervention de police et de gendarmerie (interpellations, transports, garde à vue, manifestations, etc.)». «Un échantillon», décrit l’Acat dans son rapport de 110 pages, précisant que l’ensemble de ces situations ne représentent que «la face émergée de l’iceberg». Voici les principaux résultats de son enquête.

    Qui est concerné ?

    D’après les données que s’est procurées l’association, la police nationale serait particulièrement concernée par le phénomène, les réclamations faites auprès du défenseur des droits impliquant majoritairement des agents de police. «Ce constat ne doit pas exempter la Gendarmerie nationale, qui est, elle aussi, mise en cause dans plusieurs affaires graves», prévient toutefois l’Acat. En face, les victimes sont essentiellement des jeunes hommes de moins de 35 ans, «issus de minorité visible et de quartiers populaires».

    Au moins 40 personnes victimes des flashball

    Sur ces dix dernières années, l’association a recensé au moins 39 personnes grièvement blessées et une décédée par des tirs de lanceurs de balles de défense (le Flashball Superpro et le LBD 40×46). Introduites en France en 1995, «ces armes, initialement prévues pour des situations extrêmes, sont actuellement utilisées lors de manifestations ou d’opérations de maintien de l’ordre», déplore l’Acat. «Quelques mètres ou un mauvais angle suffisent à entraîner un dommage irréversible.» Parmi les 39 blessés, 21 ont été éborgnés ou ont perdu la vue. Les victimes étaient souvent jeunes: une sur trois était mineure. Courant 2015, le défenseur des droits Jacques Toubon avait demandé de remplacer le Flash-Ball Superpro par le lanceur de balles 40/46. L’Acat va plus loin et souhaite le retrait total de ces deux armes. Une requête inenvisageable pour le ministère de l’Intérieur, qui, déjà l’année dernière, refusait «de désarmer les forces de l’ordre».
    (…)
    Source : www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/14/01016-20160314ARTFIG00217-violences-policieres-une-association-entend-briser-le-silence.php

Publié dans Forces armées

Elections, mascarade démocratique et jeu de dupes

Intro :

Les élections se suivent, et se ressemblent ; les hommes (et femmes) politiques aussi, complices et valets du big business et de la finance (surendettement progressif des Etats sur les marchés financiers privés, réduction et destruction de l’Etat-providence, réformes structurelles et politiques d’austérité socialement criminelles, augmentation des inégalités…), au profit des intérêts privés contre l’intérêt public des citoyens.

Petit souvenir, en 2002, Ralph Nader, fustigeait G. W. Bush et Al Gore.
Quatorze ans plus tard, la même analyse s’applique à Barack Obama, à Hillary Clinton, comme en son temps à son mari William « Bill » Clinton, dont les campagnes électorales ont été financées massivement par Wall Street.
Et Donald Trump trompe son monde en faisant croire qu’il sera le candidat anti-système, alors qu’il contribuera également à l’affaiblissement des politiques publiques au profit d’un capitalisme sauvage, archaïque et brutal.

Article :

  • Le vétéran toujours vert
    Par Eric Decouty, Marianne, le 25 mars 2002
    « La seule différence entre George Bush et Al Gore est la vitesse avec laquelle ils se mettent à genoux devant les grandes firmes », clamait Ralph Nader pendant la dernière élection présidentielle américaine.
    Vétéran de tous les combats contre le big business, le candidat écolo s’est d’abord fait les dents, il y a trente ans, contre les grands groupes automobiles, coupables de sacrifier la sécurité de leurs clients à leurs bénéfices.
    Ensuite, il a élargi sa lutte aux cigarettiers, aux géants de la pharmacie et aux tenants de l’économie financiarisée, d’ailleurs moins enclins à bomber le torse depuis le scandale Enron.
    Aujourd’hui, il voudrait imposer une couverture sociale pour tous, un moratoire sur la peine de mort, un renforcement du droit social et un dégel du salaire minimal.
    Un programme qui fleure bon la social-démocratie, mais qui suffit à le faire passer pour un dangereux hurluberlu. »
    Le véritable extrémisme, rétorque-t-il, est de tolérer que dans une société aussi riche que la nôtre 20% des enfants continuent à vivre au-dessous du seuil de pauvreté… »
    Source : www.marianne.net/Le-veteran-toujours-vert_a130890.html
Publié dans Etats-Unis

Sécurité sociale 1946-2016 : 70ème anniversaire mais un avenir menacé

Documentaire :

Note M&Cies :

La Sécurité sociale fête ses 70 d’existence.
Ce devrait être une fête nationale, une conquête saluée au plus haut niveau politique.

Car la « Sécu », dispositif de solidarité face à la maladie qui a permis aux plus modestes des citoyens de se faire soigner à moindre coût ou quasi gratuitement, est emblématique du progrès social mis en place après les violences et les horreurs de la deuxième guerre mondiale.

Mais ce 70ème anniversaire est relativement peu mis en avant. Service minimum.

Car depuis les années 1960-1970 et le retour d’un capitalisme financier extrémiste d’essence totalitaire (c’est-à-dire toujours plus de profits démesurés pour quelques individus au détriment du reste de la population, ce qui provoque un creusement des inégalités économiques), la Sécurité sociale fait partie de ces précieuses conquêtes sociales que certains intérêts privés, insatiablement cupides et d’inspiration néolibérale, souhaitent réduire et détruire. Ceci afin de s’ouvrir de nouveaux marchés, celui de la santé, avec à la place d’une Sécu solidaire, des systèmes d’assurances privées, sélectives et hors de prix, comme aux Etats-Unis notamment.

Pour mémoire, le principe de la Sécurité sociale est un des éléments figurant dans le programme progressiste que le Conseil national de la Résistance (CNR) avait imaginé et voté clandestinement sous l’Occupation en mars 1944.
Les bases de la Sécurité sociale ont ensuite été officialisées à la Libération par l’ordonnance du 4 octobre 1945, puis par la loi du 22 mai 1946 qui a posé le principe de la généralisation de la sécurité sociale à l’ensemble de la population (mais les professions non salariées non agricoles s’y opposeront).
Un dispositif solidaire dont chacun, pauvre ou riche, pouvait et peu encore bénéficier de nos jours.

Un précieux héritage, qui permet aux plus jeunes comme aux plus âgés, d’accéder à des traitements et des soins que seuls les plus fortunés peuvent se payer dans d’autres pays où ce système de Sécurité sociale n’existe pas, n’existe plus.

Car des hommes et des femmes se sont battus, au prix de leur vie parfois, pour que le progrès social ne soit plus affaire d’une providence très aléatoire, ou le fait du bon vouloir et des bonnes grâces de quelques grandes fortunes cherchant – par une charité et une philanthropie bien ordonnées et intéressées -, à s’acheter une conscience morale (façon, pour des dynasties de prédateurs économiques, de redorer leur image souvent assez peu reluisante quant à la manière dont ils avaient et ont accumulé leurs richesses à la sueur et au sang des plus pauvres).

La Sécurité sociale aiguise donc toujours les appétits cupides et voraces, notamment des compagnies d’assurance, qui se fichent du progrès social et des populations désargentées les plus démunies dans l’impossibilité de payer pour se soigner.
Des populations qui seront hélas de plus en plus nombreuses dans les années à venir avec la mise en coupe réglée de l’Etat social (avec la complicité des hommes et femmes politiques), et le creusement des inégalités économiques du fait de l’accaparement croissant des revenus et des richesses créées par une minorité d’individus fortunés profiteurs de crise.

Des intérêts privés qui fustigent par ailleurs le déficit « abyssal » du budget de la Sécurité sociale, dans les groupes médias qui leur appartiennent le plus souvent et leur ouvrent leur pages et écrans.
Ces lobbies privés vomissent régulièrement sur la Sécurité sociale, l’estimant inadaptée au contexte économique actuel. Ils veulent en finir une bonne fois pour toute avec cette Sécu, afin de pouvoir vendre au prix fort leurs contrats d’assurances santé et exclure ainsi des soins celles et ceux qui ne pourront pas s’acquitter de leurs produits spéculatifs aux tarifs prohibitifs.

Mais si déficit du budget de la Sécurité sociale s’élève à plusieurs milliards, il convient d’en rappeler les principales causes :

– Une augmentation des dépenses de santé, supérieure à la croissance économique moyenne, sur laquelle sont basées les recettes et une surmédication, inutile, coûteuse, voire dangereuse … Ce qui fait le bonheur et les profits des laboratoires pharmaceutiques privés qui peuvent écouler parfois à prix d’or leurs traitements, pas toujours d’ailleurs au bénéfice de la santé des patients quand on voit les nombreux scandales sanitaires et qu’on s’interroge sur l’inertie de certains institutions d’Etat censées veiller à la politique sanitaire… ;

– Une baisse des recettes, causée : par l’allégement ou l’exonération des cotisations sociales patronales (les fameuses « charges » si souvent fustigées par le grand patronat), baisse non compensée par l’Etat dans le budget ; le reversement partiel de taxes sur l’alcool et le tabac ; ou encore, le travail au noir pratiqué dans certains secteurs (notamment BTP, hôtellerie-restauration…) et la fraude sur le paiement des cotisations sociales (manque à gagner annuel de 20 à 25 milliards d’euros pour la Sécurité Sociale selon la Cour des comptes en 2014).

Par conséquent, ceux-là mêmes qui critiquent et veulent la mort de la Sécurité sociale en pointant son coût, sont souvent responsables pour beaucoup de son mauvais état de santé… Tout en profitant par ailleurs de certaines politiques de remboursement très rentables pour certains de leurs produits lancés sur le marché du médicament à des tarifs surévalués, voire sans réel apport pour la santé des patients.
Le beurre et l’argent du beurre…

En mémoire de celles et ceux qui, eux, se sont battus courageusement pour le programme du CNR pendant la deuxième guerre mondiale, et notamment pour la création de la Sécurité sociale, le documentaire de Gilles Perret intitulé « Les Jours heureux » (2013) leur rend hommage et sonne comme une mise en garde et un appel pour protéger ces précieux dispositifs pensés par les anciens pour le progrès social et le bien de toutes et tous.

Revue de presse :

  • Les cinq méthodes de l’industrie pharmaceutique pour nous bourrer de médicaments inutiles
    Par Sarah Lefèvre, Reporterre, le 10 février 2016
    L’industrie pharmaceutique va bien, très bien même. Grâce aux Français, leurs plus fidèles clients au monde, mais d’abord grâce à un intense et efficace travail de l’ombre auprès des autorités politiques et sanitaires et des médecins. Si la santé des laboratoires est renforcée par ces pratiques, ce n’est pas le cas de celle des patients.
    Au concours des consommateurs du comprimé, les Français figurent toujours sur la première marche du podium. En moyenne : quatre comprimés avalés par jour pour l’ensemble de la population et une facture de 34 milliards d’euros en 2014. Soit 2,7 % de plus que l’année précédente, dont 20 milliards pris en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique s’affirme comme la plus rentable au monde et elle ne cesse de progresser : 639 milliards d’euros de chiffres d’affaires global pour le secteur en 2013, en croissance de 4,5 % par rapport à 2012 .
    (…)
    Source : http://reporterre.net/Les-cinq-methodes-de-l-industrie-pharmaceutique-pour-nous-bourrer-de
  • Un levier de pouvoir peu à peu confisqué aux salariés
    Une autre histoire de la Sécurité sociale
    Par Bernard Friot et Christine Jakse, Le Monde diplomatique, décembre 2015
    Depuis sa création en 1945, le régime général de la Sécurité sociale subit le feu des « réformateurs » de tout poil. Comment expliquer cet acharnement contre un système que l’on réduit souvent à une simple couverture des risques de la vie ? C’est qu’au-delà de l’assurance sociale, les pionniers de la « Sécu » forgeaient un outil d’émancipation du salariat géré par les travailleurs.
    (…)
    Source : www.monde-diplomatique.fr/2015/12/FRIOT/54395
  • La Sécurité sociale a 70 ans
    Par Vie publique.fr, le jeudi 1er octobre 2015
    Le 4 octobre 1945 était promulguée l’ordonnance portant organisation de la sécurité sociale. Son article 1er précise : « Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent. »
    Cette ordonnance est complétée par l’ordonnance du 19 octobre 1945 qui organise les assurances sociales pour les risques maladie, invalidité, vieillesse et décès ainsi que pour les charges de maternité.
    En 1946, la loi du 22 août définit les quatre prestations de la branche famille : les allocations familiales versées sans condition de ressources à partir du deuxième enfant, l’allocation de salaire unique versée dès le premier enfant, les allocations prénatales, l’allocation de maternité. L’assurance-chômage est instituée plus tardivement.
    (…)
    Source : www.vie-publique.fr/focus/securite-sociale-70-ans.html
  • Le « trou de la Sécu » expliqué en quatre points
    Par Clément Martel (avec Caroline Félix), Le Monde.fr, le 1er octobre 2014
    La ministre de la santé, Marisol Touraine, a dévoilé lundi 29 septembre le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2015. L’un des principaux enjeux du texte est de rendre compte des mesures qui permettront de réduire le « trou de la Sécu », une nouvelle fois beaucoup plus important que prévu.
    (…)
    Source : www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/01/le-trou-de-la-secu-explique-en-quatre-points_4498114_4355770.html
  • Les salaires, variable d’ajustement
    Vous avez dit « baisser les charges » ?
    Par Christine Jakse, Le Monde diplomatique, novembre 2012
    Les discussions autour du rapport de M. Louis Gallois sur la compétitivité des entreprises françaises mettent l’accent sur la réduction des « charges ». Elles alimentent un débat biaisé. Patronat et gouvernement agissent en effet comme si les cotisations sociales — le vrai nom desdites « charges » — étaient un prélèvement indu qui handicape le développement économique. Or les cotisations constituent d’abord une part du salaire.

    Nous ne pouvons pas continuellement avoir des charges sociales qui pèsent sur le travail. »
    Cette conviction exprimée par le ministre socialiste de l’économie et des finances, M. Pierre Moscovici (Le Monde, 17 juillet 2012), compte au nombre des idées ayant survécu sans encombre à l’alternance politique du printemps dernier.

    Baisser le « coût du travail » en réduisant les « charges » à travers une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) « sociale » : telle était aussi la promesse du candidat de la droite, M. Nicolas Sarkozy. Cet objectif figure également en bonne place sur la liste des conditions énoncées par le Cercle de l’industrie, une association de dirigeants d’entreprise, pour « rebâtir notre industrie » : « En France, affirme-t-il, la part prise sur les charges patronales pour financer la protection sociale est élevée, alors que le consommateur est relativement peu taxé. Un transfert massif des cotisations patronales vers une autre assiette fiscale permettrait à la France de converger avec l’Allemagne et de sortir de cette situation sans issue en initiant le choc de compétitivité attendu. »

    « Coût du travail » au lieu de « salaires » ; « charges » au lieu de « cotisations » : trente années de convergence politique entre la droite et la gauche de gouvernement ont banalisé ces expressions, la vision du monde qu’elles véhiculent, les conséquences sociales qu’elles induisent. Cette métamorphose du langage n’est pas anodine. Aussi sûrement qu’un coût appelle une réduction, la charge qui « pèse » (sur le travail), « écrase » (les chefs d’entreprise) et « étouffe » (la création) suggère l’allégement ou, mieux encore, l’exonération.
    (…)
    Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2012/11/JAKSE/48338
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