Syrie, Irak, etc. : les armes de propagande toujours aussi efficaces

Intro :

En février dernier, la guerre en Syrie faisait déjà l’objet ici d’un billet à propos de l’interventionnisme militaire des pays occidentaux, Etats-Unis en tête, suivi de son éternel complice et cousin anglais et de son caniche français, idiot mais utile aux deux premiers, Emmanuel Macron.

Dans ce billet de février, des motivations autres que celles uniquement humanitaires  étaient évoquées pour expliquer cette guerre en Syrie. Notamment le potentiel de ce pays de servir de zone de transit (hub) pour le passage de pipelines d’hydrocarbures au bénéfice des Etats-Unis et de ses partenaires (Qatar, Arabie saoudite notamment) ; mais également la volonté des dirigeants Américains de faire tomber Bachar el-Assad, soutien de la Russie qui, grâce à lui, possède en Syrie des bases, aérienne près de Lattaquié et navale à Tartous, positions stratégiques russes en Méditerranée orientale.

Sans oublier que l’indignation des dirigeants occidentaux contre le « boucher » de Damas étaient à relativiser un tant soit peu, étant donné que de nombreux dictateurs et régimes autoritaires ont été soutenus par les Etats-Unis (l’Apartheid en Afrique du sud, exemplaire parmi beaucoup d’autres), voire qu’ils ont placé au pouvoir des régimes despotiques quand des « salopards », mais « leurs salopards », leurs permettaient de supprimer l’intolérable présence de gouvernements démocratiquement élus qui avaient le tort de vouloir mettre en oeuvre des politiques socialistes, communistes opposées aux intérêts cupides et spéculatifs des firmes américaines (Iran en 1953, Chili en 1973, etc).
Forces occidentales, Etats-Unis en tête, qui ne s’offusquaient pas non plus de fournir des armes chimiques à l’Irak, contre l’Iran par exemple, quand cela arrangeait leurs affaires

C’est dans ce contexte que les forces de Bachar el-Assad, qui étaient en train de l’emporter contre les derniers combattants « rebelles » islamistes dans la Ghouta avec l’appui des forces russes – contexte donc défavorable aux pays occidentaux opposés à Bachar el-Assad et aux intérêts russes -, que l’accusation d’utilisation d’armes chimiques qui auraient été utilisées par le pouvoir syrien contre des populations civiles a recommencé à faire la une des médias.

Que les choses soient claires, Bachar el-Assad et Poutine ne sont pas des modèles de démocratie réelle. Mais pas beaucoup moins que l’essentiel des dirigeants politiques occidentaux, menteurs puisque que dirigeants politiques, hypocrites par ruse et volontiers belliqueux quand il s’agit d’asseoir leurs statures en tant que chefs des armées ; des chefs de guerre, prêts – mais en y mettant un peu plus les formes et l’habillage que d’autres dirigeants moins rodés et soucieux de se parer des apparences vertueuses d’une démocratie de façade -, à engager, voire sacrifier comme dans le passé, leurs peuples respectifs. Afin surtout de pouvoir préserver les intérêts économiques et autres privilèges des décideurs économiques (industriels de l’armement, de la finance, des médias, etc.) qui les ont aidé à accéder à la fonction, au pouvoir suprême.

La défense de la démocratie ou encore de la liberté, ne servent que de prétextes pour justifier l’intervention militaire en vue du maintien ou de la réorganisation de régions entières – le Proche-Orient en est l’exemple depuis des décennies -, afin de servir avant tout des objectifs géopolitiques et économique stratégiques.

Il s’agit donc ici de simplement rappeler certains faits, certaines informations, certaines archives, susceptibles de questionner une certaine propagande politique et médiatique dominante qui matraque et forge l’opinion publique pour lui faire accepter, et même défendre, ce qui ne devrait peut-être pas l’être aussi aisément.

Ainsi, le 10 avril 2018, la revue géopolitique américaine « de référence », Foreign Policy, appelait la France et son président Macron à intervenir en Syrie, même si le président américain Trump n’y allait pas… On appréciera le rôle de caniche idiot-utile de la France et de son président qui s’impatientait d’endosser enfin le rôle de chef de guerre, de tester les derniers missiles hexagonaux et d’apparaître en dirigeant fort.

Pas de doute donc, il semblait urgent d’agir, sans même attendre les résultats d’une enquête internationale officielle contradictoire.

Or deux ans plus tôt, en septembre 2016, le même magazine américain « de référence » en matière de géopolitique et d’affaires étrangères, Foreign Policy (pour l’anecdote, co-fondé en 1970 par Samuel P. Huntington, professeur américain de science politique connu notamment pour son livre intitulé Le Choc des civilisations paru en 1996), avait fait paraître un dossier très complet dans lequel était expliqué comment Daech s’était procuré fin 2012 des armes chimiques en prenant d’assaut la caserne du bataillon 111 [dite base Cheikh Souleimane] – une vaste base militaire syrienne établie aux environs de la ville de Darat Izza, dans le nord de la Syrie.
Ce dossier très documenté rapportait également les témoignages d’islamistes évoquant l’utilisation d’armes chimiques contres les forces syriennes. Notamment avec du chlore et du sarin, produits évoqués dans les récentes attaques présumées contre des populations de la Ghouta.

La propagande s’appuyant souvent sur la capacité de l’opinion publique à oublier les pièges dans lesquels elle était tombée même peu de temps auparavant, le coup des « armes de destructions massives » pourrait donc avoir été réutilisé par les puissances occidentales quinze ans après la sinistre farce à laquelle s’était prêté le secrétaire d’Etat américain Colin Powell en 2003, soi-disant à son corps défendant, avec « l’incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak« .

Encore une fois, les dirigeants politiques défendent uniquement leur image, leur postérité et leurs intérêts personnels ainsi que ceux des oligarques qui attendent retour sur leur  investissement en les ayant aidé à accéder à la plus haute fonction de la nation et de l’Etat.

C’est donc à l’opinion publique de faire l’effort de ne plus tomber dans le panneau de fréquentes propagandes grossières – mais hélas toujours efficaces -, qui ont à leur compte bon nombre de guerres et de morts inutiles.

 

Revue de presse :

  • Enquête. Comment Daech s’est procuré ses armes chimiques
    Courrier international, par Harald Doornbos et Jenan Moussa, Foreign Policy, le 

    Selon l’enquête menée par Foreign Policy, ce sont les déserteurs du mouvement islamiste Al-Nosra qui ont remis à l’Etat islamique un véritable arsenal pris à l’armée du président Assad.

    En décembre 2012, environ quatre mois avant le divorce entre le Front Al-Nosra et l’organisation qui va devenir l’Etat islamique, des dizaines de djihadistes syriens escaladent une colline et progressent vers la caserne du bataillon 111 [dite base Cheikh Souleimane] – une vaste base militaire établie aux environs de la ville de Darat Izza, dans le nord de la Syrie. La ville a été capturée cinq mois plus tôt par une coalition de brigades rebelles, celle-là même qui assiège la caserne depuis l’été 2012 mais n’est toujours pas parvenue à la reprendre aux troupes fidèles au président syrien Assad.

    Avec l’arrivée de l’hiver, le ciel se couvre et les frappes aériennes de l’aviation syrienne ne suffisent plus à contenir l’avancée des rebelles. De plus, la base est immense : elle s’étend sur quelque 200 hectares et il est difficile d’en protéger tous les accès.Les troupes gouvernementales qui tiennent la caserne ont repoussé un premier assaut début novembre, faisant dix-huit morts dans les rangs du Front Al-Nosra. Mais le vent glacial de décembre n’a fait que renforcer la détermination des rebelles. D’autant que la base est une véritable mine d’or : elle contient des fusils, des pièces d’artillerie, des munitions et des véhicules. Et, au cœur de ses bunkers, elle abrite un trésor plus inestimable encore : un stock secret d’armes chimiques.
    (…)
    Le 31 août 2015, le djihadiste turco-néerlandais Salih Yilmaz, déserteur de l’armée néerlandaise passé à Daech, reconnaissait sur son blog (aujourd’hui désactivé) que Daech avait bel et bien utilisé des armes chimiques à Marea. A un lecteur qui lui demandait pourquoi l’organisation était “accusée d’avoir récemment utilisé des armes chimiques dans la province d’Alep”, Yilmaz répondit : “Où crois-tu que Daech est allé chercher ses armes chimiques ? Chez nos ennemis – et maintenant nous retournons leurs propres armes contre eux.”

    Par Harald Doornbos et Jenan Moussa  Lire l’article original

    Source : https://www.courrierinternational.com/article/enquete-comment-daech-sest-procure-ses-armes-chimiques

  • Comment un stock d’armes chimiques est tombé dans les mains de Daech
    Par Harald Doornbos et Jenan Moussa — Traduit par Bérengère Viennot, Slate.fr, le 
    Un membre de l’organisation raconte comment des armes parmi les plus dangereuses du monde ont été récupérées par le «califat».Cet article constitue le deuxième épisode d’une série en trois parties sur le récit des débuts de l’organisation État islamique, nourri du témoignage d’un de ses membres, Abou Ahmad. Le premier épisode est disponible ici.

    Abou Ahmad nous a raconté comment l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) en est venu à mettre la main sur les armes parmi les plus terrifiantes du monde, butin de guerre arraché aux forces du président syrien Bachar al-Assad des mois avant la création du groupe.En décembre 2012, environ quatre mois avant la scission entre le Front al-Nosra et l’organisation État islamique, des dizaines de djihadistes syriens escaladèrent une colline en direction du bataillon 111 –une vaste base militaire installée près de la ville de Darat Izza, dans le nord de la Syrie. Cette ville avait été prise environ cinq mois auparavant par une coalition de groupes rebelles. Ces derniers assiégeaient le bataillon 111 depuis l’été 2012, sans parvenir à arracher la base aux troupes loyales au président Assad.
    (…)
    Source : http://www.slate.fr/story/122361/armes-chimiques-etat-islamique
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Crise boursière 2007-2008 : financiers, banquiers responsables… jamais condamnés !

Intro :

En plein 10ème anniversaire de l’éclatement en septembre 2008 du krach boursier américain des crédits subprimes, le bilan reste néanmoins très positif pour les banquiers et les financiers responsables de cette crise financière qui a impacté l’économie mondiale.

En 2009, dans son , le Fonds monétaire international (FMI) estimait 

Un coût gigantesque, très largement supporté par les Etats, dont les dirigeants politiques  à genoux devant les puissances financières, en ont profité pour imposer un peu plus aux citoyens et contribuables les politiques dites d’austérité. Le dépeçage de la Grèce en est l’exemple le plus dramatique en Europe.

Après avoir juré qu’ils ne recommenceraient plus leurs excès démentiels et qu’il fallait à nouveau réguler la finance, une fois les dettes de jeux épongées par les fonds publics, les joueurs du casino-Wall Street ont repris leurs mauvaises habitudes, rejouant avec le feu.

Morale de l’histoire :
Cupidité, cynisme et impunité totale pour les banquiers, les financiers.
Austérité pour les classes populaires et classes moyennes.

La guerre des classes n’en finit pas de sévir, en attendant la prochaine crise boursière qui ne devrait plus tarder et sera le prétexte à saigner encore davantage les peuples.

Revue de presse :

  • 2008-2015, des subprimes aux dettes d’État : sept ans de crises à la loupe
    Par Marie Bartnik, LeFigaro, LE SCAN ÉCO / CHRONOLOGIE – Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers, la quatrième banque d’investissement américaine, fait faillite. Sept ans plus tard, la zone euro se débat encore dans la crise des dettes souveraines. Notre chronologie reconstitue l’enchaînement des événements.
    D’une crise à l’autre… Partie des États-Unis et de la fragilité des crédits immobiliers octroyés aux ménages américains les plus modestes, la crise financière s’est propagée à l’économie réelle, quasi simultanément dans le monde entier. Les États n’ont pas hésité à creuser leurs déficits pour sauver les banques et ranimer leurs économies à la peine. Si bien que la crise économique et financière de 2008 s’est muée en une crise de la dette qui a principalement frappé l’Europe et dont la tragédie grecque est l’un des derniers avatars. Notre chronologie reconstitue l’enchaînement des événements.
    (…)
    Source : http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2015/08/24/29006-20150824ARTFIG00093-2008-2015-des-subprimes-aux-dettes-d-etat-sept-ans-de-crises-a-la-loupe.php
  • Le FMI estime que la crise financière coûtera plus de 4.000 milliards de dollars
    Le Fonds monétaire international a revu à la hausse son estimation du coût de la crise financière mondiale, qui se monte pour lui à plus de 4.000 milliards de dollars.
    Par LaTribune.fr, le
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Banquier d’affaires : « Un métier de pute… » (une insulte faite aux prostituées !)

Intro :

Emmanuel Macron, l’actuel président de la République française, avait rejoint en 2008 la banque d’affaires Rothschild & Cie.
Il y était chargé des fusions-acquisitions d’entreprises (« fusac »), sans connaissance particulière dans le domaine de la finance, comme le souligne la journaliste d’investigation Martine Orange qui a publié en 2012 Rothschild, une banque au pouvoir (éd. Albin Michel). Emmanuel Macron deviendra même associé-gérant de la banque Rothschild en 2010.
Dans la presse (L’Obs, août 2016), Martine Orange cite Macron qui reconnaît lui-même que les analystes sont parfois aveuglés par leurs habitudes :
« Le métier de banquier d’affaires n’est pas très intellectuel. Le mimétisme du milieu sert de guide. »

Alain Minc, l’un des mentors d’Emmanuel Macron qui l’a chaudement recommandé à son ami David de Rothschild, a expliqué fin 2016 les raisons et dévoilé certaines qualités selon lui d’Emmanuel Macron, qui l’ont incité à pousser David de Rothschild à recruter le jeune inspecteur des finances (et futur président de la République).

Extrait de « Rothschild, le pouvoir d’un nom« , un document de Complément d’enquête signé Amandine Chambelland et diffusé dans Envoyé spécial, le 1er décembre 2016 :

(…)
Commentaire : Alain Minc murmure à l’oreille des grands patrons et des politiques. Ami de David de Rothschild, il a souvent joué le rôle de DRH officieux pour la banque…

– Journaliste : Macron, c’est vous qui avez conseillé à David de Rothschild de le rencontrer ?

– Alain Minc : Non. Il l’avait rencontré mais je lui ai dit : « il faut le prendre à tout prix… »

– Journaliste : Mais pourquoi il faut le prendre à tout prix ?

– Alain Minc : Parce qu’il était exceptionnellement charmant et intelligent. Et que ce sont les qualités d’un banquier d’affaires. Un banquier d’affaires doit être intelligent, souple, rapide, et s’il peut être en plus charmant – parce que c’est quand même un métier de pute… -, c’est une qualité. Et il les avait toutes. Et il a merveilleusement réussi…« 
(…)
Source : http://www.francetvinfo.fr/politique/video-quand-alain-minc-conseillait-a-rothschild-d-embaucher-emmanuel-macron_1949309.html

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David Rockefeller : discrétion et influence

Il y a un an, le 20 mars 2017, décédait le milliardaire américain, David Rockefeller, à près de 102 ans.

David Rockefeller était l’un des petits-fils de John Davison Rockefeller (1839-1937), le fondateur de la Standard Oil – qui deviendra Esso, puis ExxonMobil – et premier milliardaire de l’histoire considéré à l’époque comme un des « barons voleurs« , si cupides qu’ils étaient honnis, détestés par les classes populaires réprimées et par les petits entrepreneurs écrasés par leurs empires monopolistiques, haine que rappelait lui-même David Rockefeller Jr, l’un des fils du défunt David Rockefeller (Financial Times et Le Nouvel économiste, 27/02/2018) ou encore Howard Zinn (Le Monde diplomatique, 09/2002).

David Rockefeller a donc hérité de l’empire monopolistique bâti par son grand-père, puis développé par son père, John Davison Jr (1874-1960).
David Rockefeller, lui, a surtout traversé et marqué le 20ème siècle par son influence politique, sans avoir jamais brigué aucune fonction politique officielle, contrairement à son frère Nelson.

Il fut en effet, cofondateur en 1954 du Groupe Bilderberg, de la Commission Trilatérale en 1973, cette dernière destinée notamment à contrer les projets d’expansion de la Conférence Tricontinentale créée en 1966 à Cuba et qui regroupait les forces « anti-impérialistes » d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine (Tricontinentale, Roger Faligot, 2013).

Bilderberg et Trilatérale, sont deux groupes d’influence rassemblant des dirigeants de haut niveau issus des milieux politique et économique. La Commission Trilatérale était encore récemment qualifiée, par le site du principal magazine économique de Suisse romande, comme « le plus puissant des réseaux d’influences » (voir plus bas Bilan.ch, 24/12/2013).

Deux groupes d’influence dont les principaux buts étaient donc : de travailler à contrer le développement de l’influence socialiste et marxiste à travers le monde ; pour cela, d’oeuvrer à la renaissance du libéralisme économique, en redorant le blason terni du capitalisme, notamment après le krach boursier de 1929 mais aussi après les complicités, les collusions des milieux d’affaires avec les régimes autoritaires pendant la Seconde guerre mondiale ; et plus pragmatiquement, de préserver les privilèges des oligarchies qui s’inquiétaient de voir qu’aux Etats-Unis même – comme le rappelait l’économiste Thomas Piketty au journal Libération en février 2012 -, le taux supérieur de l’impôt de 1932 à 1980 était fixé autour de 80%, dépassant même 91% des années 1940 aux années 1960, quand la réforme du président Roosevelt s’appliquait aux revenus supérieurs à 200 000 dollars, l’équivalent d’un ou 2 millions de dollars aujourd’hui.

Les rentiers devaient donc réagir…

David Rockefeller fut donc l’un des missionnaires, des apôtres les plus influents de cette mondialisation néolibérale, qui a permis aux actionnaires et propriétaires privés de reprendre l’ascendant sur les Etats et les puissances publiques.

Présenté surtout comme un philanthrope, amateur d’art, la « fabuleuse » collection de David Rockefeller fera d’ailleurs l’objet d’une vente aux enchères au mois de mai à New-York, déjà qualifiée de « vente du siècle« .

Une philanthropie et son cortège de charité intéressée qui ne doivent jamais faire oublier le creusement des inégalités entre le 1 % des plus individus les plus riches.
Des riches qui accaparent une part croissante des richesses produites collectivement, et les 40 % de la population la plus pauvre, qui voient leurs ressources diminuer constamment.
Un accroissement des inégalités qui revient au cœur du débat économique. Au point que même le FMI et l’OCDE tirent le signal d’alarme.

Les complices et disciples de David Rockefeller sont nombreux et plus que jamais décidés à poursuivre l’oeuvre de déconstruction sociale, à entretenir cette pseudo crise de démocratie qu’ils ont contribué à aggraver depuis 1975, depuis la publication de ce fameux rapport de la Trilatérale, afin d’asseoir davantage encore leur pouvoir, leur autorité, leurs privilèges.

 

Archives télévisées :


Revue de presse
:

  • David Rockefeller Jr, arrière-petit-fils du premier milliardaire américain
    « D’où vient le bonheur ? De la richesse matérielle ? »

    L’héritier d’une des plus célèbres dynasties américaines parle art et philanthropie
    Par Andrew Edgecliffe-Johnson, Financial Times et Le Nouvel économiste, le 27 février 2018
    (…)
    New York, explique-t-il, est “notre lieu de culture, notre lieu de l’esprit, notre lieu de l’Art, notre lieu d’affaires”. C’est, je me dis en moi-même, une façon assez arrogante de décrire le cœur de ce qui fut à une époque l’un des empires économiques les plus cruels de l’histoire américaine, mais cela illustre bien à quel point les Rockefeller ont réussi à transformer leur image, de boucaniers des affaires en piliers de l’establishment. “Je pense que mon arrière-grand-père et mon grand-père ont été horrifiés par l’ampleur de la réprobation publique et dans certains cas de la haine envers notre famille, il y a plus de cent ans” me dit-il plus tard, mais “je ne rencontre pas souvent des gens qui semblent sincèrement nous détester, moi ou ma famille”.
    (…)
    Source : https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/david-rockefeller-jr-arriere-petit-fils-du-premier-milliardaire-americain-62634/
  • Décès de David Rockefeller, dernier de la dynastie
    Par Le Parisien, avec AFP/Adalberto Roque, le 21 mars 2017
    Le parcours du milliardaire et philanthrope, très influent sur plusieurs décennies, a été notamment salué par Bill Clinton et George Bush.
    David Rockefeller, puissant banquier, philanthrope et plus influent héritier de l’une des plus puissantes dynasties américaines, est mort lundi dans son sommeil à l’âge de 101 ans.
    (…)
    Source : http://www.leparisien.fr/international/deces-de-david-rockefeller-dernier-de-la-dynastie-21-03-2017-6780567.php
  • Le dernier petit-fils de John Rockefeller, David Rockefeller, est mort à 101 ans
    Celui qui dirigea la Chase Manhattan Bank (devenue JP Morgan Chase) pendant près de 35 ans en avait fait l’une des banques américaines les mieux représentées à l’étranger.
    Par Le Monde.fr avec AFP, le L’une des plus puissantes dynasties américaines perd l’un de ses membres, David Rockefeller, puissant banquier, philanthrope et dernier petit-fils de John Rockefeller. Il est mort « tranquillement pendant son sommeil », suite à un arrêt cardiaque lundi 20 mars, à l’âge de 101 ans, a annoncé son porte-parole, Fraser Seitel.
    « Il est resté actif jusqu’au dernier moment », a souligné M. Seitel, qui travaillait avec lui depuis 1970. « Il vivait chaque jour au maximum », a-t-il ajouté. Avec sa femme, Margaret, décédée en 1996, David Rockefeller avait 6 enfants, 10 petits-enfants et 10 arrière-petits-enfants. Mais aucun de ses descendants « n’a atteint ni peut-être aspiré à avoir sa stature », soulignait le New York Times.
    (…)
    Source : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/03/20/le-dernier-petit-fils-de-john-rockefeller-david-rockefeller-est-mort-a-101-ans_5097823_3382.html
  • Susan & David Rockefeller, quand l’or noir vire au vert
    Par Cristina D’Agostino, Bilan, 24 décembre 2013
    Ils se disent philanthropes avant tout. Très engagés écologiquement, ils sont aux côtés des politiques et puissants de ce monde qui soutiennent leurs causes environnementales. Rencontre exclusive avec l’un des couples les plus influents des Etats-Unis.
    Quatrième de sa génération, David Rockefeller Junior préside depuis 2010 le conseil de la Fondation Rockefeller dont les fonds propres s’élèvent à 3,5 milliards, dirige le Rockefeller & Company et administre l’Asian Cultural Council et le MoMA. Le moment venu, il succédera à son père, le célèbre banquier David Rockefeller aujourd’hui âgé de 98 ans, cofondateur entre autres du Groupe de Bilderberg et de la commission Trilatérale, le plus puissant des réseaux d’influences.
    (…)
    Source : http://www.bilan.ch/luxe-les-plus-de-la-redaction/susan-david-rockefeller-quand-lor-noir-vire-au-vert
  • Le retour des barons flingueurs
    Au-delà de l’argent et de la réussite, de la puissance et de la gloire, ces deux noms symboles font rêver : Rothschild et Rockefeller. Ce sont des noms qui effacent les prénoms.
    Par Marc Roche et Lettre de la CityLe Monde, le Au-delà de l’argent et de la réussite, de la puissance et de la gloire, ces deux noms symboles font rêver : Rothschild et Rockefeller. Ce sont des noms qui effacent les prénoms.
    L’alliance stratégique conclue le 30 mai entre RIT Capital Partners, présidée par le Britannique Lord Jacob Rothschild, et la société américaine Rockefeller Financial Services marque le retour de ces deux figures emblématiques de la finance anglo-saxonne. Grâce à deux vieux dragons qui ont repris du service – Jacob Rothschild, 76 ans, et David Rockefeller, 96 ans -, la City et Wall Street font à nouveau cause commune. Pour le meilleur comme pour le pire…
    Comme il est difficile, quand on entre dans la vie professionnelle doté d’un tel patronyme, de prétendre être autre chose qu’un héritier ! Pourtant, l’intensité et la nature de la passion des deux patriarches pour les affaires font d’eux des personnages d’une autre envergure que de simples fils à papa pour qui le hasard a toujours pris l’aspect de la fortune. Refusant de vivre de leurs rentes, ils ont réussi à mêler la tradition familiale qu’ils vénèrent et le désir de se réaliser. Du grand art…
    (…)
    Source : http://www.lemonde.fr/international/article/2012/06/12/le-retour-des-barons-flingueurs_1717095_3210.html
  • Trente ans d’une institution secrète
    Pouvoirs opaques de la Trilatérale
    Dirigeants des multinationales, gouvernants des pays riches et partisans du libéralisme économique ont vite compris qu’ils devaient se concerter s’ils voulaient imposer leur vision du monde. Dès juillet 1973, dans un monde alors bipolaire, David Rockefeller lance la Commission trilatérale, qui va marquer le point de départ de la guerre idéologique moderne. Moins médiatisée que le forum de Davos, elle demeure très active, au travers d’un réseau d’influences aux multiples ramifications.Par Olivier Boiral, Le Monde diplomatique, novembre 2003
    Il y a trente ans, en juillet 1973, à l’initiative de M. David Rockefeller, figure de proue du capitalisme américain, naissait la Commission trilatérale. Cénacle de l’élite politique et économique internationale, ce club très fermé et toujours actif de hauts dirigeants a suscité nombre de controverses, surtout à ses débuts (1). La Commission entend alors devenir un organe privé de concertation et d’orientation de la politique internationale des pays de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon). Sa charte fondatrice résume : « Centrée sur l’analyse des enjeux majeurs auxquels font face l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon, la Commission s’attache à développer des propositions pratiques pour une action conjointe. Les membres de la Commission regroupent plus de 200 distingués citoyens provenant des trois régions et engagés dans différents domaines (2). »La création de cette organisation opaque, où se côtoient à huis clos et à l’abri de toute compromission médiatique des dirigeants de multinationales, des banquiers, des hommes politiques, des experts de la politique internationale, ou encore des universitaires, coïncide à ce moment avec une période d’incertitude et de turbulence dans la politique mondiale. La gouvernance de l’économie internationale semble échapper aux élites des pays riches, les forces de gauche paraissent de plus en plus actives, en particulier en Europe, et l’interconnexion croissante des enjeux économiques appelle une coopération plus étroite entre les grandes puissances. La Trilatérale va rapidement s’imposer comme un des principaux instruments de cette concertation, soucieuse à la fois de protéger les intérêts des multinationales et d’« éclairer » par ses analyses les décisions des dirigeants politiques (3).
    (…)
    Source : https://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/BOIRAL/10677
  • Il y a un siècle, l’Etat américain était (déjà) la providence des riches
    Au temps des « barons voleurs »
    Les nombreux scandales financiers de ces derniers mois aux Etats-Unis ont rappelé à certains Américains la période de la fin du XIXe siècle marquée par la dictature économique et sociale des « barons voleurs » (J.P. Morgan, Rockefeller, Ford, etc.) A l’époque, la présidence, le Congrès, la Cour suprême et les deux principaux partis, tous étroitement liés aux trusts industriels et financiers, avaient dû sévir pour sauver la réputation du système et garantir sa stabilité. Dans un livre majeur qui vient d’être traduit en France (1) et dont nous publions des bonnes feuilles, l’historien américain Howard Zinn consacre un chapitre à cette période pendant laquelle le capitalisme ne cessait d’avoir recours à l’Etat, en particulier pour réprimer les soulèvements sociaux.Par Howard Zinn, Le Monde diplomatique, septembre 2002
    Dans les manuels d’histoire américains, on trouve peu de traces des conflits de classes du XIXe siècle. Les périodes qui précèdent et suivent la guerre de Sécession (1860-1865) ne sont abordées que sous l’angle des questions politiques, électorales ou raciales. Même lorsqu’ils traitent des rapports sociaux et de l’économie, ces manuels se concentrent sur la fonction présidentielle et perpétuent ainsi la traditionnelle focalisation sur nos « héroïques dirigeants », aux dépens des luttes populaires.
    (…)
    Source : https://www.monde-diplomatique.fr/2002/09/ZINN/9340
  • Les puissances économiques qui soutiennent J. Carter
    Une stratégie « trilatérale »
    Le succès de M. Jimmy Carter n’est pas uniquement celui d’un homme qui, entouré de quelques fidèles collaborateurs, aurait su rassembler sur son nom une majorité des suffrages exprimés. Pourtant, vivace restera la légende d’une fulgurante ascension explicable par la seule aptitude de l’ancien gouverneur de Georgie à exposer des thèses qui touchent la sensibilité du public. La réalité politique s’accommode mal d’une aussi séduisante simplification.En réalité, la candidature de M. Jimmy Carter a été préparée de longue main et soutenue jusqu’à la victoire par des hommes qui représentent le plus haut niveau de puissance. Parmi eux, les présidents de la Chase Manhattan Bank, de la Bank of America, de Coca-Cola, Bendix, Caterpillar, Lehman Brothers, Sears & Roebuck, Texas Instruments, Exxon, Hewlett-Packard, C.B.S., etc. Ces hommes, avec quelques universitaires, des syndicalistes (aciérie, automobile) et seulement dix hommes politiques – dont bien entendu M. Jimmy Carter et le nouveau vice-président, M. Walter Mondale, – constituent la branche américaine de la « Commission trilatérale », créée en 1973 par M. David Rockefeller et dirigée, jusqu’à une date récente, par le professeur Zbignew Brzezinski, principal conseiller de M. Jimmy Carter.

    Dans un récent rapport, cette Commission – « trilatérale » parce qu’elle regroupe l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et le Japon – estimait que les démocraties libérales tendent à devenir « ingouvernables », qu’elles sont gravement menacées par les intellectuels et les journalistes, et qu’il convient de renforcer le principe d’autorité (cf. « le Monde diplomatique », mars 1976). Sur le plan mondial, elle souhaite resserrer les liens entre pays capitalistes avancés pour faire face au tiers-monde et à la progression électorale communiste en Europe de l’Ouest.Parmi les membres français – qui, bien entendu, n’ont pas eu à intervenir dans le choix de M. Jimmy Carter – de la Commission trilatérale, on relève les noms des présidents ou directeurs généraux de Pechiney-Ugine-Kuhlmann, Saint-Gobain-Pont-à-Mousson, E.D.F., U.A.P., Banque de- Paris et des Pays-Bas, Compagnie financière (Edmond de Rothschild), mais aussi des syndicalistes (René Bonety, de la C.F.D.T., et Michel Debatisse, de la F.N.S.E.A.) et le « professeur Raymond Barre », entre-temps devenu ministre de M. Jacques Chirac, puis premier ministre.Les hommes d’affaires de la branche américaine de la Commission trilatérale possèdent des liens traditionnels – qu’ils n’ont certes pas rompus – avec le parti républicain, considérablement dévalorisé par le scandale du Watergate et la brève présidence de M. Ford. Ils ont jugé prudent de miser sur un candidat démocrate, et leur choix se fera un jour ou l’autre sentir dans la conduite de la diplomatie américaine.Par Diana Johnstone, Le Monde diplomatique, novembre 1976
    La politique étrangère du nouveau gouvernement américain sera, comme elle l’a été la plupart du temps depuis Truman, le produit d’un consensus des élites qui entrainent la grande majorité des hommes politiques des deux partis. Elle sera donc « bipartisane ». Mais elle sera aussi « trilatérale ». « Aux Etats-Unis – en tout cas parmi des élites, – le trilatéralisme est devenu pratiquement la position de consensus en politique étrangère », écrit Richard Ullman, professeur de relations internationales à l’université de Princeton. Ce consensus est l’oeuvre de la Commission trilatérale, un groupe de « citoyens privés » formé en 1973 à l’initiative de David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank.

    Cette commission est « trilatérale » parce que vouée à une association plus étroite entre les trois centres du capitalisme avancé – Amérique du Nord, Europe occidentale et Japon. Ses quelque deux cents membres – dont un nombre important d’industriels et de banquiers – sont partagés à peu près également entre ces trois régions. Pourtant, constate le professeur Ullman, « le trilatéralisme en tant qu’expression d’un ensemble de rapports internationaux est une invention tout à fait américaine. La commission trilatérale est née et a été élevée aux Etats-Unis ». D’ailleurs, « vu de Washington – quelle que soit l’administration, quelque « bonnes » que soient ses intentions, – un trilatéralisme efficace tend à se réduire au soutien efficace apporté par les Européens et les Japonais aux positions américaines ».
    (…)
    Source : https://www.monde-diplomatique.fr/1976/11/JOHNSTONE/33956

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Etats-Unis : la CIA reprend (officiellement) la main sur les Affaires étrangères


Source : Archivo General Histórico del Ministerio de Relaciones Exteriores de Chile
Contexte : en 1976, Henry Kissinger (né en 1923), alors secrétaire d’Etat de Richard Nixon et récent co-lauréat du prix Nobel de la paix 1973, est reçu au Chili par le général Augusto Pinochet (1915-2006) ; ce dernier est responsable du coup d’Etat du 11 septembre 1973 organisé avec l’appui des Etats-Unis et de la CIA contre le président socialiste Salvador Allende élu démocratiquement en 1970.
Pendant les 17 ans du régime de Pinochet, plus de 3 200 personnes seront assassinées et disparaîtront, et plus de 38 000 seront torturées, sans compter les dizaines de milliers d’arrestations de dissidents.


Intro
:

Le 13 mars dernier, le président américain Donald Trump annonçait, par un simple tweet , le limogeage de son secrétaire d’Etat (le chef du département d’État en charge des Affaires étrangères) : Rex Tillerson, l’ancien PDG de l’influente compagnie pétrolière ExxonMobil (2006-2016) qui avait été nommé en février 2017, doit céder sa place à Mike Pompeo, militaire, ancien élu Républicain ultra-conservateur nommé directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) par Donald Trump en janvier 2017.

En octobre 2017, Mike Pompeo promettait une CIA plus « agressive, brutale, impitoyable, implacable ».

Le ton de la politique étrangère américaine est officiellement donné : les Etats-Unis revendiquent ouvertement le retour à la doctrine du « Big stick » (*), qui fait référence à la politique étrangère menée par le président américain Theodore Roosevelt au début du 20ème siècle prônant l’ingérence militaire et l’interventionnisme américain afin de protéger les intérêts économiques et géopolitiques des Etats-Unis.

Avec la nomination de Mike Pompeo, partisan d’une politique étrangère américaine dure, les Etats-Unis derrière Donald Trump projettent, assument et revendiquent l’impérialisme le plus caricatural, le plus cynique, le plus violent, constitutif de l’histoire de tous les empires coloniaux passés.

 

(*) Le 26 janvier 1900, dans une lettre adressé à Henry L. Sprague, le président américain Theodore Roosevelt écrit : « Speak softly and carry a big stick ; you will go far » (« Parle doucement et porte un gros bâton ; tu iras loin »)

 

Archive vidéo :

Dans cette archive d’un reportage de journal télévisé diffusée en 1975 sur TF1, tout était déjà dit, révélé, à propos de l’intervention des services de la CIA et notamment l’accord systématique des présidents américains à propos des coups d’Etats et interventions en Iran en 1953, au Guatemala en 1954, à Cuba en 1961, et même au Chili en 1973 contre le président Salvador Allende démocratiquement élu en 1970.

Concernant le coup d’Etat en Iran en 1953, la vérité sur l’implication des Etats-Unis ne sera reconnu officiellement qu’en… 2013 ; concernant le coup d’Etat au Chili, seulement en 2000 (voir revue de presse plus bas).
Alors que tout avait été dit et revendiqué, dès 1975, malgré les dénégations officielles des présidents et gouvernements américains successifs.

 

Revue de presse :

  • 1967, la dictature des colonels s’installe en Grèce
    Par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis, L’Humanité, le 21 avril, 2017
    Le vendredi 21 avril 1967 à l’aube, Athènes est réveillée par des bruits métalliques : des chars sillonnent les rues et entourent le Parlement. Le pays subit un coup d’État militaire. La dictature des colonels va durer sept ans.
    Aucune opposition institutionnelle ni diplomatique ne vient contrer le coup d’État.Avec la guerre civile (1946-1949) officiellement close en 1961, les Grecs croyaient pourtant sortir de la terreur. Les derniers prisonniers politiques ont tout juste regagné leur foyer en 1964, lors du printemps d’Athènes (1). Mais la liberté retrouvée se heurte aux ambitions des monarques grecs, liés à l’organisation chrétienne orthodoxe d’extrême droite, la ZOÏ, et s’appuyant sur un obscur mécanisme d’État parallèle.
    (…)
    Devançant les élections de mai 1967, censées ramener l’équilibre politique, les officiers putschistes menés par Papadopoulos sont issus d’une organisation secrète fanatiquement anticommuniste, l’Idea, liée à l’armée américaine. En effet, depuis 1947, la tutelle des États-Unis s’exerce sur l’État grec aux niveaux économique et militaire, par l’intermédiaire du plan Marshall. Après avoir été formé aux États-Unis, Papadopoulos a assuré la liaison de la CIA avec la KYP, les services secrets grecs.
    Mais l’élection de Papandréou inquiète le palais et les services secrets soupçonnent son fils Andréas de sympathie avec les ­communistes, toujours hors-la-loi. Aucune opposition institutionnelle ni diplomatique ne vient contrer le coup d’État ; les colonels appliquent un mécanisme bien rodé dès les premières heures. Le confesseur du roi et responsable de la ZOÏ est nommé archevêque d’Athènes à la tête de l’Église, après destitution arbitraire de son prédécesseur et de nombreux cadres ecclésiastiques. Le roi Constantin et le palais s’inclinent, avant de tenter un contre-coup d’État de circonstance fin 1967, qui contraint la famille royale à fuir en Italie.
    (…)
    Source : https://humanite.fr/1967-la-dictature-des-colonels-sinstalle-en-grece-635068
  • Intox : Les Années de plomb, une tragédie italienne
    Série documentaire (3x52mn), sur une idée de Arnaud Hamelin et Nicolas Glimois, auteur-réalisateur Nicolas Glimois, conseillers historiques Gianni Barnacetto et Miguel Gotor ;  production Sunset Presse, avec la participation de France Télévisions, 2016.
    Diffusé sur France 5, La Case du siècle, le 2 octobre 2016
    Au cours des décennies 70 et 80, l’Italie a vécu l’une des périodes les plus noires et les plus troubles de son histoire récente. Violence, manipulations, enlèvements, tueries, corruption, mensonges, conspirations… D’anciens magistrats et hommes politiques, des journalistes, des historiens, un terroriste condamné lèvent une partie du voile devant la caméra de Nicolas Glimois, qui signe une enquête digne des thrillers les plus paranoïaques.Ces Années de plomb ont pour beaucoup un point zéro, un acte de naissance écrit dans le sang : le 12 décembre 1969, à 16 h 37, une bombe détruit le hall de la Banque centrale de l’Agriculture, Piazza Fontana, à Milan. 17 morts, 88 blessés. C’est le début d’une litanie macabre de stragi (massacres) qui sèmeront la terreur et le chaos dans toute l’Italie pendant plus d’une décennie. 1970, une bombe explose dans un train en Calabre : 6 morts. 1973, une grenade est posée devant la préfecture de Milan : 4 morts. 1974, une bombe fait 8 morts pendant une manifestation antifasciste à Brescia, une autre 12 victimes dans le train Italicus. 1980, une explosion dévaste la gare de Bologne : 85 morts et plus de 200 blessés.Ces attentats ont des points communs : ils frappent aveuglément et ne sont pas revendiqués ; la police met en cause l’extrême gauche, produisant des preuves abracadabrantes et des expertises contradictoires voire truquées ; des suspects disparaissent, semblant bénéficier de complicités… Il faudra des années et le travail de quelques magistrats obstinés pour désigner l’action de l’extrême droite néofasciste — en particulier le groupuscule Ordine Nuovo (Ordre nouveau) — et mettre en cause les services secrets. Au mieux, ces derniers savaient et ont laissé faire. Ils ont à dessein brouillé les pistes en désignant de faux coupables. Il faudra surtout les aveux de l’un des rares terroristes arrêtés et condamnés, Vincenzo Vinciguerra, qui purge aujourd’hui encore une peine de prison à vie (et qui témoigne dans ce documentaire). Ces « opérations sous fausse bannière », dit-il, étaient destinées à mettre en œuvre la « stratégie de la tension » : déstabiliser l’ordre public pour garantir l’ordre politique. En d’autres termes : attentats = désordre = demande d’ordre = reprise en main autoritaire. Mais, si les néofascistes sont les exécuteurs, qui sont les inspirateurs et les instigateurs ?

    Pourquoi l’Italie ?
    Pour le comprendre, il faut considérer la situation de la péninsule depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ancien pays vaincu, l’Italie est à la fois un État à souveraineté limitée, un élément clé et un maillon faible dans le cadre de l’Alliance atlantique. Elle possède l’un des partis communistes les plus forts d’Europe et ses frontières la mettent en contact avec le bloc soviétique. Si elle doit apparaître comme une démocratie normale, l’armée et les renseignements italiens échappent en partie au contrôle du pouvoir démocratique et dépendent des chaînes de commandement des pays vainqueurs. C’est dans ce contexte que se situe la création de ce qui sera jusqu’au début des années 1990 un véritable secret d’État, le réseau Gladio (Glaive), une armée clandestine destinée à résister à une invasion soviétique, financée, équipée et entraînée avec l’aide de la CIA.
    Les années de plomb, une tragédie Italienne
    Henry Kissinger et Aldo Moro. © Sunset Presse

    Dans la réalité, et dans l’attente de cette hypothétique invasion, Gladio est surtout dédié au contrôle de tous ceux qui sont perçus comme une menace, communistes et gauchistes, bien sûr, mais aussi socialistes et même catholiques. Il faut ajouter encore que l’Italie n’a jamais soldé ses comptes avec le fascisme et que les nostalgiques du Duce pullulent à tous les niveaux de l’appareil d’État. Et mentionner enfin un dernier rouage, qui n’apparaîtra au grand jour qu’au début des années 1980, dans le cadre d’une enquête sur la faillite d’une banque liée à la mafia et au Vatican : la loge pseudo-maçonnique secrète Propaganda 2 (P2). En perquisitionnant dans la villa de son maître, Licio Gelli, fasciste notoire en lien avec la CIA, la police mettra la main sur une liste d’un millier de noms d’affiliés (ou présumés tels) : on y trouve des ministres, des parlementaires, des patrons de presse, les chefs des services secrets, deux des trois généraux commandant les divisions italiennes. Parmi ces noms, bien entendu ceux des hommes que l’on soupçonne d’avoir détourné l’enquête sur l’attentat de la Piazza Fontana.

    Des idiots utiles ?

    Au milieu de la décennie 1970, la tension est à son comble. « Je sais. Mais je n’ai pas de preuves », écrit en novembre 1974 Pier Paolo Pasolini, évoquant la vague d’attentats dans le Corriere della Sera. Un an plus tard, il est assassiné, dans des conditions aujourd’hui encore mystérieuses, tandis que, sur la scène de la violence politique, le rouge rejoint le noir avec l’entrée dans la lutte armée des groupes d’extrême gauche, notamment les Brigate Rosse (Brigades rouges). Tout est en place pour le point d’orgue de ces années de sang et de mensonge, l’un des événements les plus traumatiques de l’histoire de l’Italie contemporaine. Aux élections législatives de 1976, le Parti communiste italien, avec 34 % des suffrages, devient la deuxième force politique du pays. Aldo Moro, alors président de la Démocratie chrétienne, est en passe de voir aboutir le projet dit de « Compromis historique » visant à associer les communistes à l’exercice du pouvoir politique. Il a contre lui l’extrême droite, le Vatican, une fraction de son propre parti, les États-Unis (Henry Kissinger, conseiller à la Maison-Blanche, l’aurait, dit-on violemment « mis en garde »)… Des adversaires qui vont trouver le plus inattendu des renforts : le 16 mars 1978, Moro est enlevé par les Brigades rouges. Son corps criblé de balles sera retrouvé 55 jours plus tard, au terme d’un imbroglio à peine croyable tissé de « coïncidences » (un colonel instructeur de Gladio présent sur les lieux de l’enlèvement), de mystères (qui était le tireur d’élite capable d’abattre les cinq gardes du corps sans toucher un cheveu de Moro ?), d’étranges ratages de la police, de doubles jeux (le propre camp de l’otage, Giulio Andreotti en tête, avait-il intérêt à ce que fût libéré Moro qui, se sentant abandonné, menaçait de livrer des secrets ?). Et les brigadistes ? Alliés objectifs ou idiots utiles ? Instrumentalisés, selon certains. Manipulés ou même infiltrés, selon d’autres. Quoi qu’il en soit, avec la mort d’Aldo Moro, voilà le Compromis historique définitivement enterré et les Brigades rouges discréditées. Quant à la vérité, les Italiens l’attendent toujours.

    Christophe Kechroud-Gibassier

    Petite bibliographie suggérée par l’auteur-réalisateur
    • Lazar (Marc) et Matard-Bonucci (Marie-Anne), L’Italie des années de plomb : le terrorisme entre histoire et mémoire, éditions Autrement, 2010.
    • Heurtebize (Frédéric), Le Péril rouge. Washington face à l’eurocommunisme, Presses universitaires de France, 2014.
    • Willan (Philip), Puppetmasters. The Political Use of Terrorism in Italy, iUniverse, 2002 (en anglais).
    • Greggio (Simonetta), Dolce Vita, 1959-1979, éditions Stock, 2010, et Les Nouveaux Monstres, 1978-2014, éditions Stock, 2014 (romans).

  • Récit. La CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’Etat iranien de 1953
    Par Marie-Violette Bernard , Libération, le 20 août 2013
    Des documents récemment déclassifiés confirment le rôle des Américains dans le putsch contre le Premier ministre Mohamed Mossadegh.
    Soixante ans après le coup d’Etat qui a renversé le Premier ministre iranien Mohamed Mossadegh, le 18 août 1953, la CIA reconnaît pour la première fois avoir orchestré ce putsch dans des documents récemment déclassifiés. Les Archives de la sécurité nationale ont publié lundi sur leur site plusieurs documents internes, notamment le rapport d’un historien de l’agence américaine du renseigment datant des années 1970. Un groupe de chercheurs de l’université George Washington a obtenu ces documents grâce à la loi sur la liberté des informations, obligeant les agences fédérales américaines à transmettre leurs documents internes à quiconque en fait la demande.
    (…)
    Les Etats-Unis ont orchestré le renversement de Mohamed Mossadegh lors d’une opération secrète dont le nom de code était TPAJAX. Le complot, reposant sur des collaborateurs locaux, consistait notamment à affaiblir le Premier ministre par une campagne de propagande, à forcer le chah à coopérer, à soudoyer les membres du Parlement iranien et à organiser des manifestations, rapporte le magazine américain Foreign Policy. Après le coup d’Etat, le chah Mohammad Reza Pahlavi fut mis sur le trône et demeura un proche allié de Washington jusqu’à son renversement lors de la révolution islamique de 1979.

    Un secret de polichinelle
    Le rôle de la CIA dans ce putsch, un secret de polichinelle depuis des années, hante toujours les relations entre les Etats-Unis et l’Iran. La secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, pour tenter d’améliorer les relations avec Téhéran, avait déjà admis en 2000 que les Etats-Unis avaient «joué un rôle significatif» dans le renversement de Mossadegh. Et d’ajouter qu’il s’agissait d’un «revers pour le développement politique de l’Iran». Le président Barack Obama avait lui aussi reconnu le rôle des Etats-Unis lors de son discours au Caire en 2009.
    (…)Un certain nombre de documents concernant le coup d’Etat de 1953 sont aujourd’hui encore classifiés. Malcolm Byrne, le directeur adjoint des Archives de la sécurité nationale, a appelé les autorités américaines à publier le reste des rapports sur cette affaire. «Il n’y a plus de raison valable à garder secret un épisode si important de notre histoire récente», a-t-il expliqué lundi. «Etouffer ces détails ne fait que dénaturer l’Histoire et participe à la création de mythes de chaque côté», conclut-il. L’administration américaine, qui a précédemment exprimé ses regrets au sujet de ce putsch, n’a jusqu’ici jamais présenté d’excuses officielles.
    Source : http://www.liberation.fr/planete/2013/08/20/la-cia-reconnait-avoir-orchestre-le-coup-d-etat-iranien-de-1953_925833
  • La CIA reconnaît son rôle dans le coup d’Etat en Iran en 1953
    Par Le Monde.fr avec AFP, le 19 août 2013
    Selon des documents récemment déclassifiés, la CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’Etat qui a renversé le premier ministre iranien, Mohamed Mossadegh, le 18 août 1953, après qu’il eut nationalisé le pétrole du pays.La CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’Etat qui a renversé le premier ministre iranien, Mohamed Mossadegh, le 18 août 1953, après qu’il eut nationalisé le pétrole du pays, selon des documents récemment déclassifiés. Le rôle de l’agence américaine de renseignement était un secret de polichinelle depuis des années, et hante toujours les relations entre les Etats-Unis et l’Iran.Dans ces documents internes à l’agence datant des années 1970, récemment déclassifiés et publiés lundi 19 août, le rôle de la CIA est clairement détaillé : « le coup d’Etat militaire qui a renversé Mossadegh et son cabinet de Front national a été mené sous la direction de la CIA dans un acte de politique étrangère », peut-on y lire.

    Loin de l’image de « fou » sénile
    Le premier ministre iranien avait nationalisé en 1951 l’Anglo-Iranian Oil Company, l’ancêtre de BP, provoquant l’ire de Londres, pour qui le pétrole iranien était jugé vital pour le redressement de l’économie britannique après la Seconde Guerre mondiale. Or début 1953, le président Dwight Eisenhower arrive au pouvoir aux Etats-Unis et se montre plus compréhensif vis-à-vis des doléances britanniques que son prédécesseur, Harry Truman.
    Les documents déclassifiés de la CIA montrent que l’agence comprenait les raisons du positionnement de Mossadegh, loin de l’image de « fou » sénile véhiculée par les médias occidentaux. Les hommes politiques et responsables d’entreprises britanniques manquaient de respect pour les Iraniens, perçus comme « inefficaces, corrompus et servant leurs propres intérêts », affirme même la CIA. Mais l’agence justifie son action par les contingences de la guerre froide et la peur que les Soviétiques n’envahissent et ne prennent le pouvoir à Téhéran si Londres envoyait ses navires de guerre, ce que fit la Grande-Bretagne trois ans plus tard après la nationalisation du canal de Suez.
    « Alors, non seulement le pétrole iranien aurait été irrémédiablement perdu pour l’Ouest, mais la chaîne de défense autour de l’Union soviétique, une composante de la politique étrangère américaine, aurait été rompue », justifient les auteurs.

    Un « revers pour le développement politique de l’Iran »
    Le chah Mohammad Reza Pahlavi fut mis sur le trône et devint un proche allié de Washington jusqu’à son renversement lors de la révolution islamique de 1979.
    En 2000, la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, pour tenter d’améliorer les relations avec Téhéran, avait déclaré que que les Etats-Unis avaient « joué un rôle significatif » dans le renversement de Mossadegh et jugé que le coup d’Etat avait constitué un « revers pour le développement politique de l’Iran ». Le président Barack Obama avait lui aussi exprimé une position similaire après sa prise de fonctions.
    (…)
    Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/08/19/la-cia-reconnait-avoir-renverse-le-premier-ministre-iranien-en-1953_3463576_3222.html
  • Chili. En 1976, Kissinger était « de tout coeur avec » Pinochet
    Par El País – Madrid, le 6 janvier 2005
    De nouveaux documents prouvent la complicité de membres du gouvernement des Etats-Unis avec la dictature chilienne. «Vous êtes la victime de tous les groupes gauchistes de la planète», assurait alors Kissinger à Pinochet.L’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger a affirmé qu’il avait toujours demandé au général Augusto Pinochet de veiller au respect des droits de l’homme, comme l’exigeait le Congrès étasunien lui-même. Un document officiel déclassé auquel a eu accès El País démontre qu’au contraire il a encouragé la répression féroce du putschiste chilien. Ce document transcrit la conversation qu’ont eue les deux hommes à Santiago, le 8 juin 1976. A. Pinochet : Je tiens d’abord à vous dire combien je vous remercie d’être venu à la conférence [de l’Organisation des Etats américains, OEA]. H. Kissinger : C’est un honneur pour moi. J’ai été très touché par l’accueil populaire lors de mon arrivée ; au Chili, je ressens une réelle amitié. A.P. : Les Chiliens sont
    […]
    Source : https://www.courrierinternational.com/article/1999/03/18/en-1976-kissinger-etait-de-tout-coeur-avec-pinochet
  • La CIA révèle ses barbouzeries au Chili
    Par Pascal Riché, Libération, le 21 septembre 2000
    Les Etats-Unis admettent avoir soutenu «activement» la junte de Pinochet.
    Washington, de notre correspondant.
    Sobrement titré: «Les activités de la CIA au Chili», le rapport n’est pas très épais: 22 pages très denses. C’est à reculons que la CIA l’a remis cette semaine au Congrès américain, à la demande que ce dernier lui avait faite en 1999 (1). Pour la première fois depuis le coup d’Etat d’Augusto Pinochet, en septembre 1973, l’agence de contre-espionnage a accepté de revenir, en détail, sur le soutien qu’elle a apporté à la dictature chilienne.
    (…)
    Source : http://www.liberation.fr/planete/2000/09/21/la-cia-revele-ses-barbouzeries-au-chili_338019
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