Réseaux sociaux et manipulation de l’opinion publique (2)

Intro :

En 2011, le journal anglais The Guardian (voir ci-dessous) révélait que l’armée américaine développait un logiciel destiné à manipuler les réseaux sociaux en créant de faux profils afin d’influencer les échanges sur Internet en diffusant la propagande pro-étatsunienne.

Une annonce avait même été faite pour le recrutement de 50 contrôleurs capables de gérer chacun une dizaine de fausses identités depuis leurs postes de travail basés aux Etats-Unis.

Cette manipulation, pratiquée plus ou moins par tous les Etats désormais, porte un nom : l’astroturfing.

Fabrice Epelboin, enseignant dans la section Masters de l’Université de la Sorbonne CELSA ainsi qu’au Medialab de Sciences Po, est un des spécialistes de ce domaine.

 

Documents :

  • Fake, manipulations et réseaux sociaux: pourquoi il faut vite comprendre ce qu’est « l’astroturfing »
    Par Agathe Auproux, Les Inrocluptibles, le 6 février 2017

    L’astroturfing désigne le fait de donner l’impression d’un phénomène de masse qui émerge sur internet, en réalité créé de toutes pièces pour influencer l’opinion publique. Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences Po Paris, nous explique.

    A l’ère de la post-vérité, au milieu des fake news et alternative facts, émerge l’astroturfing. Cet anglicisme un brin barbare, qui évoquerait plutôt un délire mystique ou une nouvelle façon de lire son horoscope, fait référence à un procédé perfide qui sévit sur internet : la simulation d’une activité ou d’une initiative qui serait issue du peuple, en réalité montée de toutes pièces par un acteur souhaitant influer sur l’opinion.

    Fabrice Epelboin, qui a donné plusieurs cours à Sciences Po Paris sur la disruption sociale et politique apportée par les réseaux sociaux, nous éclaire sur ce phénomène qu’il étudie depuis plusieurs années. Le sujet d’abord ignoré puis dédaigné, a finalement obtenu plus de considération et une réelle légitimité : le Brexit, la montée des extrêmes, et l’élection de Donald Trump sont passés par là.
    (…)
    Source : https://www.lesinrocks.com/2017/02/06/actualite/fake-manipulations-reseaux-sociaux-faut-vite-comprendre-quest-lastroturfing-11910209/

 

  • Revealed: US spy operation that manipulates social media
    Military’s ‘sock puppet’ software creates fake online identities to spread pro-American propaganda
    By Nick Fielding and General David Petraeus
    Gen David Petraeus has previously said US online psychological operations are aimed at ‘countering extremist ideology and propaganda’. Photograph: Cliff Owen/AP
    The US military is developing software that will let it secretly manipulate social media sites by using fake online personas to influence internet conversations and spread pro-American propaganda.A Californian corporation has been awarded a contract with United States Central Command (Centcom), which oversees US armed operations in the Middle East and Central Asia, to develop what is described as an « online persona management service » that will allow one US serviceman or woman to control up to 10 separate identities based all over the world.
    (…)
    Source : https://www.theguardian.com/technology/2011/mar/17/us-spy-operation-social-networks
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Réseaux sociaux et manipulation de l’opinion publique

Intro :

Récemment, nous évoquions ici l’hypothèse d’une éventuelle ingérence étrangère (Gilets jaunes : l’ombre de Steve Bannon et des Etats-Unis ?), au moins partielle, dans le mouvement social et politique qui secoue la France depuis fin octobre.

Cette évocation n’a pas pour but de minimiser la réalité des motivations sociales économiques et politiques des manifestants ; mais simplement d’appréhender et d’analyser ce mouvement qui en évoque d’autres, notamment celui des Révolutions colorées.

Ce mardi 11/12/2018, France Culture vient de diffuser à 12h55 une émission très intéressante à propos des Gilets jaunes et du rôle des réseaux sociaux dans ce mouvement populaire.

En tout début d’émision, l’invité Fabrice Epelboin, spécialiste des médias sociaux, enseignant dans la section Masters de l’Université de la Sorbonne CELSA ainsi qu’au Medialab de Sciences Po, est tout d’abord questionné par Olivia Giesbert à propos du discours d’Emmanuel Macron enregistrée et diffusée hier soir dans les médias, en réponse à la crise actuelle :

« Sur la forme, à titre personnel, j’ai eu l’impression d’avoir à faire à quelqu’un qui avait passé énormément de temps à des activités comme le théâtre et Marivaux lors de son adolescence et qui en avait été profondément imprégné. C’est très agréable. Je ne suis pas sûr que ça participe à un sentiment de proximité avec le peuple…. »

Une introduction assez pertinente pour évoquer ce président serviteur des plus fortunés qui, pour arriver au pouvoir, a su profiter astucieusement de la déliquescence d’un système politique cynique et à bout de mensonges.
Une déliquescence à laquelle Emmanuel Macron a cependant activement participé et contribué en tant que ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique (août 2014-août 2016).
Qu’on se rappelle, sous la présidence de François Hollande, son rôle en tant que ministre du 2ème gouvernement de Manuel Valls, décidant notamment la cession catastrophique de la branche énergie d’Alstom au géant américain General Electric (GE).

En fin de l’émission de ce jour (32:43), la question d’une éventuelle manipulation de ce mouvement et de certains soupçons relatifs à une possible ingérence sont abordés concernant le mouvement des Gilets jaunes. A quelles fins et qui pourrait avoir intérêt à manipuler l’opinion française ?

La réponse de l’invité :

« Toute le monde. On est dans une situation géopolitique assez complexe. L’arrivée de Donald Trump a hyper complexifié la lecture géopolitique, les rapports de force.
On a une quantité croissante de nations qui ont ces capacités d’interventions.
Les Russes sont loin d’être les premiers, en terme de puissance de frappe. Par contre ils sont les plus populaires et les plus faciles pour trouver une explication à nos malheurs. Et c’est pour cela qu’ils se retrouvent, la plupart du temps, sur le devant de la scène.
Mais, très concrètement, les premiers à s’être fait attraper la main dans le sac, à utiliser ce type d’outils, ce sont les Américains, ça date de 2010 dans l’opération xxxxx [?] en Libye.
Il y a une myriade d’autres nations, qui se sont fait pincer. Je pense au CGHQ (Government Communications Headquarters) – l’Angleterre – qui, à l’occasion de l’affaire Snowden, s’est vue mettre à nu ses outils qui servent à manipuler l’opinion publique.
Les Israéliens font l’objet d’une investigation – l’investigation du procureur Muller aux Etats-Unis -, pour une interférence dans la campagne électorale de Trump qui consistait à taper sur les divisions de la société américaine ; et visiblement, était accompagné – à en croire je crois le Washington Post ou le New York Times et Bloomberg -, était accompagné de représentants saoudiens et émiratis pour justement financer toute cette opération de déstabilisation. Et ça été négocié avec le fils de Donald Trump.
Que vous dire encore… ?
Récemment, on a trouvé un site qui se faisait passer pour une fausse ONG suisse qui, de toute évidence – et je ne vais rien affirmer sans conditionnel -, mais semble bien qatari.
Et puis, on a bien sûr fait les gorges chaudes, et toute la presse s’est levée, dès qu’on a eu la première trace d’un botnet russe qui – très objectivement -, n’avait pas la moindre capacité d’influencer l’évènement ; tout juste à vaguement interférer la perception internationale de l’évènement.
Mais il y a beaucoup de forces en présence. Et elles sont toutes opérationnelles sur le terrain français. »

 

Document (35 mn) :

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Gilets jaunes : l’ombre de Steve Bannon et des Etats-Unis ?

Intro :

Depuis le 21 octobre 2018 avec le lancement des premières pétitions, et le 17 novembre avec les premières manifestations, Emmanuel Macron le président français et son premier ministre, Edouard Philippe, sont confrontés au mouvement des Gilets jaunes.

Un mouvement devenu au fil du temps quasi insurrectionnel, une jacquerie disent certains, dont la fulgurance sidère et la gravité ne retombe pas. Bien au contraire, car Paris se prépare à une nouvelle manifestation samedi 8 décembre potentiellement très dure.

Aux cours des dernières décennies, la France a connu des mouvements sociaux d’ampleur qui ont marqué plus ou moins violemment son histoire (grève des mineurs de 1948, mai 1968, grèves étudiantes de 1986, grèves de 1995, mouvement contre le CPE en 2006, etc.).
Mais ces dernières années, les mouvements syndicaux ont eu du mal à mobiliser massivement contre les réformes anti-sociales du duo Hollande-Valls puis celles de Macron-Philippe.

Face à la rapidité et l’ampleur prise par le mouvement des Gilets jaunes, les journalistes et autres experts essayent d’analyser et de comprendre l’origine, l’essence de ce mouvement.

Au milieu de ces analyses, une rumeur commence à émerger, très discrètement : ce mouvement ne serait-il pas – tout ou partie – l’oeuvre du sulfureux Stephen « Steve » Bannon ?
Bannon, devenu ce conseiller de l’ombre, cette « éminence noire de Donald Trump« , qui a contribué à faire élire en novembre 2016 – et contre toute attente – l’improbable candidat républicain « populiste », face à la candidate démocrate « élitiste » Hillary Clinton.

Info, intox, infox… ?
Difficile à prouver bien entendu. Excepté pour certains journaux « sérieux » qui s’entêtent à penser que l’Histoire, la géopolitique n’est pas, aussi, le fait – n’ayons pas peur d’utiliser des mots tellement moqués, galvaudés – de conspirations, de complots, de manipulations de l’opinion publique, d’opérations secrètes (à commencer par la CIA comme en témoigne cet ancien agent en 1975 ou bien la tentative éventée par  Smedley Butler d’un coup d’Etat fasciste américain en 1934 contre Roosevelt).

Car si Steve Bannon a débarqué en Europe il y a quelques mois seulement ce n’est pas pour un voyage touristique.
Bannon, l’ancien instrument et éminence noire des milliardaires Mercer et Trump – assez cocasse pour un homme qui dit être anti-establishment… –  a annoncé clairement ses objectifs : il dit être venu en Europe pour « fédérer tous les partis eurosceptiques européens », pour « donner la parole aux gens simples » et « redonner à l’Europe sa souveraineté. »

Le mouvement des gilets jaunes ne devrait donc pas lui déplaire, avec son accent populiste souligné et décrié par la plupart des médias, plus habitués à tresser des lauriers depuis plus de 40 ans aux profiteurs de la mondialisation heureuse (banquiers et financiers, industriels et hommes d’affaires, etc.).

Surtout que ce mouvement des gilets jaunes rappelle dans sa genèse d’autres mouvements, notamment ceux des révolutions colorées.
Des révolutions colorées qui – sous prétexte de libérer les peuples, de leur apporter la démocratie, la liberté – ont servi à déstabiliser des Etats qui, en réalité, gênaient les intérêts géostratégiques des Etats-Unis : Serbie en 2000, Géorgie en 2003, Ukraine en 2004, Kirghizstan en 2005, autant de pays anciennement dans la sphère d’influence soviétique et autant de corridors gaziers stratégiques, pour la Russie comme pour les Etats-Unis et ses vassaux européens.
Au sujet des révolutions colorées, voir ou revoir l’excellent documentaire de Manon Loizeau intitulé « Etats-Unis, à la conquête de l’Est » et diffusé en 2005 dans Lundi investigation sur Canal+.

Pour en revenir au mouvement des gilets jaunes en France, pas de corridor gazier, mais une politique étrangère qui déplait à l’empire américain, qui voit d’un mauvais oeil une volonté d’indépendance de la France vis-à-vis de l’OTAN et s’inquiète d’un rapprochement trop fort entre la France et l’Allemagne, avec un duo Macron-Merkel qui semble vouloir remettre en question la tutelle américaine en distillant un esprit frondeur.

Cela n’enlève en rien bien sûr la réalité du mécontentement, profond, qui sévit en France notamment suite aux toutes premières réformes du président Macron destinées à satisfaire et à profiter surtout aux plus riches (suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune compensée par la taxation des catégories sociales les plus modestes alors que les inégalités de revenus se creusent toujours davantage).

Pour l’anecdote, en pleine crise des gilets jaunes, après la violente manifestation du samedi  24 novembre à l’Arc de Triomphe, Emmanuel Macron a prononcé son discours le 27 novembre 2018, jour de l’anniversaire de… Steve Bannon (27/11/1953).
Simple coïncidence. Mais Steve Bannon aura peut-être pris ce discours du président Macron comme un message qui lui était destiné.

Documents :

  • «Gilets jaunes»: les médias gouvernementaux russes y voient la main des Etats-Unis
    Par Plusieurs médias gouvernementaux russes comparent depuis dimanche les violentes manifestations des « gilets jaunes » en France aux « révolutions de couleur » ayant secoué ces dernières années d’ex-républiques soviétiques, disant y voir la main des Etats-Unis voulant punir Macron.»LIRE AUSSI – Les «gilets jaunes», un mouvement sans leader dans lequel les «fake news» prospèrent »

    L’affaiblissement de Macron, et avec un peu de chance sa démission, va dans l’intérêt de Trump », explique aujourd’hui le quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta dans un long article revenant sur les violences ayant touché Paris et plusieurs villes de province. « Il suffit de rappeler que le chef de la Ve République a récemment revendiqué sa position de leader de l’Union européenne, défendu l’idée d’une armée européenne indépendante des Etats-Unis et défendu activement l’accord nucléaire iranien », poursuit le journal gouvernemental russe. Suffisant aux yeux du journal pour voir dans le mouvement des « gilets jaunes » une réplique des « révolutions de couleur » qui ont fait sortir la Géorgie et l’Ukraine de l’orbite russe en étant soutenues, selon Moscou, par les Etats-Unis ou les Occidentaux.

    Présentateur vedette de la chaîne Rossiya-1, Dmitri Kisselev avait ouvert le bal dans son émission dominicale en jugeant impossible qu’une « croissance microscopique des prix de l’essence » provoque « des scènes de pillage, la mobilisation d’une armée de policiers, de la fumée, des tirs, du sang, des nuages de gaz lacrymogène ». « Le prétexte est évidemment disproportionné », avait continué Dmitri Kisselev, réputé être la voix du Kremlin, ajoutant que « cela ressemble à l’exportation américaine d’une révolution de couleur » avant d’asséner: « Tout ça parce que le président Macron a parlé de la nécessité d’une armée européenne ».

    Aujourd’hui, le Kremlin a toutefois été plus pondéré, disant « ne pas voir » d’influence des USA dans le mouvement des « gilets jaunes ». « C’est une affaire exclusivement interne à la France. Pour nous, il est important que ces troubles ne fassent pas de victimes humaines et de blessés, en particulier de citoyens russes », a commenté le porte-parole Dmitri Peskov.

    Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/12/04/97001-20181204FILWWW00121-gilets-jaunes-les-medias-gouvernementaux-russes-y-voient-la-main-des-etats-unis.php

  • Merkel envisage comme Macron une «vraie armée européenne»
    Par Nicolas Barotte, Le Figaro, le 14 novembre 2018
    VIDÉO – Dans son discours mardi devant le Parlement européen à Strasbourg, la chancelière allemande a défendu cette idée dénoncée par Donald Trump, assurant qu’elle ne menacerait pas l’Otan.Correspondant à BerlinLes mots ont été soigneusement choisis mardi par Angela Merkel: «Nous devons travailler à la vision, un jour, de parvenir à une vraie armée européenne». Pour la chancelière allemande, il s’agit d’une audace inhabituelle: elle s’intéresse généralement peu aux «visions» de long terme et en matière de défense l’Allemagne avance toujours avec prudence. Mais devant les députés européens réunis à Strasbourg, elle a apporté son soutien à l’idée formulée la semaine dernière par le chef de l’État Emmanuel Macron, qui avait déclenché la fureur du président Donald Trump.
    «Le temps où l’Europe pouvait s’en remettre à d’autres est passé», a-t-elle poursuivi, en reprenant la formule qu’elle avait employée en 2017, après l’élection du milliardaire américain. Donald Trump avait multiplié les critiques contre l’Europe, qui a délégué sa défense à l’Otan et aux États-Unis après la guerre. Angela Merkel est convaincue que l’Europe doit maintenant «prendre son destin en mains» pour être capable de peser encore sur la scène internationale.
    (…)
    Source : http://www.lefigaro.fr/international/2018/11/13/01003-20181113ARTFIG00205-merkel-envisage-comme-macron-une-vraie-armee-europeenne.php

 

  • 11-Novembre : les critiques à peine voilées de Macron à Trump
    Par Europe 1, le Le président français a profité de la commémoration du 11-Novembre, dimanche, pour adresser dans son discours certaines critiques à l’égard de son homologue américain.

    On décrypte

    Les relations entre Emmanuel Macron et Donald Trump ne se sont certainement pas réchauffées, lors du centenaire de l’armistice de la Grande guerre. Leur passe d’armes, suite au vœu du premier de créer « une armée européenne », avait déjà bien lancé ce week-end de commémorations. Dimanche, le président français a livré sous l’Arc de Triomphe un vibrant plaidoyer en faveur de la coopération internationale… Non sans égratigner, tout en allusions, son homologue américain.

    Une longue critique du nationalisme.

    Sous les yeux du Commander in chief et de quelque 70 autres dirigeants internationaux, Emmanuel Macron s’est avant tout posé comme le héraut de l’ouverture et du multilatéralisme, face aux nationalismes. « Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme : le nationalisme en est la trahison. En disant ‘nos intérêts d’abord et qu’importent les autres !’, on gomme ce qu’une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre : ses valeurs morales », a-t-il notamment appuyé.Un message à peine voilé à l’égard de Donald Trump, qui s’est revendiqué comme tel à plusieurs reprises ces dernières semaines. « Un mondialiste est une personne qui veut que le monde s’en sorte, sans vraiment se préoccuper de notre pays (…). Vous savez ce que je suis ? Je suis un nationaliste », avait notamment déclaré en octobre le locataire de la Maison-Blanche, adepte du « America first » (« L’Amérique d’abord »).
    (…)
    Source : https://www.europe1.fr/international/11-novembre-les-critiques-a-peine-voilees-de-macron-a-trump-3798290

 

 

  • Steve Bannon : l’Europe dans le viseur
    Par France Culture, reportage d’Annabelle Grelier, réalisé par Jean-François Braunle, le 19 octobre 2018
    L’ancien conseiller stratégique de Donald Trump veut aujourd’hui peser dans la campagne européenne. Après avoir aidé Nigel Farage à propager les idées pro-Brexit au Royaume Uni, il prétend fédérer tous les partis eurosceptiques européens. Reportage d’Annabelle Grelier.Matteo Salvini se voit déjà remplacer Jean-Claude Juncker. Le patron de l’extrême-droite italienne, homme-fort du nouveau gouvernement, croit à la victoire d’une coalition souverainiste aux élections européennes de mai prochain au point d’envisager une candidature à la présidence de la Commission Européenne.  La Ligue s’est lancée dans la campagne aux côté du Rassemblement national, de Marine Le Pen, et elle compte un autre allié, plus surprenant : l’américain Steve Bannon. L’ancien conseiller stratégique de Donald Trump (et artisan de la victoire du président américain) veut aujourd’hui peser dans la campagne européenne. Après avoir aidé Nigel Farage à propager les idées pro-Brexit au Royaume Uni, il prétend fédérer tous les partis eurosceptiques européens, et les aider à conquérir le Parlement européen.

    Du slogan « America First » à la défense des Etats-nations en Europe
    Veste de combat sur le dos, Steve Bannon sillonne l’Union Européenne. Il a rencontré le Hongrois Viktor Orban, le tchèque Milos Zeman, il a des contacts avec l’AFD en Allemagne et place, donc, de grands espoirs dans Matteo Salvini. Il y a quelques semaines, il a annoncé la création d’un think Tank, intitulé « Le mouvement » : un club qui défend les valeurs de la civilisation judéo chrétienne.   Mais peut-on facilement passer du slogan « America First » à la défense des Etats-nations en Europe ?  Et au delà des discours offensifs, quelle est la réelle force de frappe de Steve Bannon, limogé de la Maison Blanche, et mis sur la touche par le milliardaire Robert Mercer ?Source : https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/steve-bannon-leurope-dans-le-viseur

 

  • Steve Bannon au Figaro : «Mon but est de donner la parole aux gens simples»
    Par Laure Mandeville, le Figaro, le 8 octobre 2018
    Interview – Pour l’ancien stratège électoral de Donald Trump, les exclus du système, laminés par la globalisation, sont les mêmes en Europe qu’aux États-Unis.Steve Bannon se défend de vouloir «casser l’Europe» avec les partis eurosceptiques qu’il entend promouvoir dans la perspective des prochaines élections du Parlement de Strasbourg.
    (…)
    LE FIGARO. – Vous avez aidé Donald Trump à conquérir la Maison-Blanche. Et maintenant vous voulez aider les «partis populistes» à conquérir l’Europe. Quelle est votre motivation?
    Steve BANNON. – Cette bataille est très personnelle. Elle a commencé il y a neuf ans avec le Tea Party. La raison est simple: ma famille est une famille de simples ouvriers américains. J’ai toujours été persuadé que les classes populaires américaines étaient la colonne vertébrale de notre société: ceux qui coachent les équipes de sport, entretiennent nos églises, vont au travail tous les jours, envoient leurs enfants dans l’armée et sont la colle du pays. Mais il est devenu clair après la crise de 2008 que ces gens-là n’ont pas de voix. Ayant eu la chance de passer par Georgetown et Harvard, mon but est donc simple: donner …
    (…)
    Source : http://www.lefigaro.fr/international/2018/10/07/01003-20181007ARTFIG00128-steve-bannon-mon-but-est-de-donner-la-parole-aux-gens-simples.php

 

  • Steve Bannon démissionne de Breitbart News après ses critiques contre Trump
    Par Philippe Berry, 20minutes, le 9 janvier 2018
    Etats-UnisL’ancien conseiller, cité dans le livre de Michael Wolff, aurait été poussé vers la sortie par une actionnaire du site nationaliste…

    Il n’a pas survécu à la tempête provoquée par la sortie du livre de Michael Wolff sur Donald Trump. Steve Bannon, l’ancien conseiller du président américain et principal artisan de sa victoire, a démissionné de son poste de président de Breitbart News. Le site américain d’actualité, vitrine de l’alt-right, l’extrême droite américaine, l’a annoncé mardi.>>A lire aussi : C’est la guerre entre Donald Trump et son ancien conseiller Steve BannonSelon le New York Times, Bannon a été poussé vers la sortie par l’actionnaire milliardaire de Breitbart News, Rebekah Mercer. Il paie ainsi ses critiques contre le président américain et sa famille publiées par le chroniqueur mondain Michael Wolff dans son livre Le feu et la fureur : Trump à la Maison Blanche, qui sortira en février chez Laffont en France.

    La « trahison » de Donald Trump Jr
    Dans le livre, Steve Bannon qualifie la rencontre entre Donald Trump Jr et une avocate russe proche du Kremlin pendant la campagne, à la Trump Tower, de « trahison ». Ses attaques ont provoqué la fureur du président américain, qui a accusé son ancien conseiller d’avoir « perdu la raison ».

    Bannon a tenté de limiter la casse par la suite, expliquant qu’il parlait surtout de l’ancien directeur de campagne Paul Manafort, présent à l’entrevue. Mais visiblement, le clan Trump ne lui a pas pardonné.

    Bannon, un ancien banquier de Goldman Sachs, qui a fait fortune comme producteur à Hollywood, notamment grâce aux royalties des rediffusions de la sitcom Seinfeld, est considéré comme le stratège qui a senti monter la colère nationaliste sur laquelle a surfé Donald Trump. Il devrait désormais avoir le temps de produire son projet de dystopie paranoïaque sur les « Islamic States of America », jusqu’ici resté dans ses cartons…Source : https://www.20minutes.fr/monde/2199039-20180109-steve-bannon-demissionne-breitbart-news-apres-critiques-contre-trump

 

 

 

  • Stephen Bannon : l’éminence noire de Donald Trump
    Par Elsa Conesa, Les Echos, le 18 février 2017
    En un mois, l’ancien directeur de campagne devenu « stratège en chef » de Donald Trump, a pris une influence considérable à la Maison blanche. Avec un projet quasi-messianique.
    Stephen Bannon prend soin de ne jamais apparaître dans les médias. L’éminence noire du président, dont le titre inédit de « stratège en chef » ne reflète que très partiellement l’influence, préfère l’ombre à la lumière. Etre connu n’a pour lui aucun intérêt. Depuis la prise de fonction de Donald Trump, pourtant, le « président Bannon « , comme le surnomme la presse, est partout. Derrière le discours acide de l’investiture, derrière le décret anti-réfugiés ou le limogeage du général Flynn, accusé de contacts avec la Russie. Et depuis peu au Conseil de sécurité national, où s’élabore la politique de défense. En un mois, Stephen Bannon est devenu le cerveau de l’aile Ouest de la Maison blanche.
    (…)
    En un mois, l’ancien directeur de campagne devenu « stratège en chef » de Donald Trump, a pris une influence considérable à la Maison blanche. Avec un projet quasi-messianique.Stephen Bannon prend soin de ne jamais apparaître dans les médias. L’éminence noire du président, dont le titre inédit de « stratège en chef » ne reflète que très partiellement l’influence, préfère l’ombre à la lumière. Etre connu n’a pour lui aucun intérêt. Depuis la prise de fonction de Donald Trump, pourtant, le « président Bannon « , comme le surnomme la presse, est partout. Derrière le discours acide de l’investiture, derrière le décret anti-réfugiés ou le limogeage du général Flynn, accusé de contacts avec la Russie. Et depuis peu au Conseil de sécurité national, où s’élabore la politique de défense. En un mois, Stephen Bannon est devenu le cerveau de l’aile Ouest de la Maison blanche.Bien que répondant rarement aux interviews, l’homme a fait l’objet d’innombrables portraits. Dépeint comme raciste, misogyne, antisémite, ou islamophobe, ce mauvais génie qui hait les médias autant que les élites, ne cherche pas vraiment à corriger son image – « du temps perdu » dit-il. A vrai dire, passer pour « Satan », ou « Dark Vador », selon ses propres termes, l’arrange bien. « Ça nous aide quand ils (les médias et la gauche) se trompent. Quand ils s’aveuglent à notre sujet », explique celui qui endosse volontiers le rôle du démon face à une profession qui a perdu à ses yeux toute crédibilité. Sur les photos, il apparaît presque toujours mal rasé, la mine sombre et figée, le regard indifférent. Mais la crainte qu’il suscite est telle que Trump a jugé utile de faire une mise au point face à un journaliste du « New York Times » qui l’interrogeait sur son conseiller : « c’est moi qui prends les décisions « .
    (…)
    Wall Street : l’instrument de sa revanche
    Le personnage est pourtant de loin le plus complexe de ceux qui entourent le président. A 63 ans, « le grand manipulateur  » à la une du magazine Time n’est là ni pour le pouvoir ni pour l’argent, mais nourrit un dessein bien plus ambitieux. Il veut changer le cours de l’histoire, bâtir « un nouvel ordre politique ». Et n’a pas attendu de croiser la route du milliardaire pour bâtir son projet.

    Issu de cette classe moyenne blanche « oubliée » et courtisée par Trump, mais passé par des cercles aussi élitistes qu’Harvard ou Goldman Sachs, Stephen Bannon incarne à lui seul les contradictions de la nouvelle Amérique.

    (…)
    Wall Street sera l’instrument de sa revanche sociale. Malgré son parcours atypique et son âge (il a déjà 30 ans), Bannon parvient à entrer à Harvard et chez Goldman Sachs, où il travaille 100 heures par semaine.
    (…)
    A 45 ans, Bannon n’a plus besoin de travailler. Outre la cession de sa boutique, il a acquis, au hasard d’un deal, les droits de la série à succès « Seinfeld « . Il peut désormais entamer sa deuxième carrière, celle de producteur et réalisateur.
    (…)
    Mais ce sont les attentats du 11 septembre qui réveillent sa fibre patriotique et le décident à se lancer dans le documentaire tendance propagande – ses modèles sont Leni Riefenstahl et Michael Moore. Son premier film, consacré à Ronald Reagan, son idole, est pompeusement baptisé « In the face of evil ». L’ancien président y est présenté comme un « homme avec une vision », un « outsider avec des vues extrêmes », un héros en guerre contre la « bête » aux multiples visages : le fascisme, le nazisme, le communisme, et le fondamentalisme islamique.
    (…)
    Son premier film lui donne l’occasion de croiser Andrew Breitbart, un ex-assistant d’Arianna Huffington de 15 ans son cadet, qui songe à lancer le pendant conservateur du « Huff Post » : un site anti-mondialiste, populiste et anti-establishment. « Ce que j’aimais le plus chez lui, c’est qu’à ses yeux, l’expertise était le pire des défauts « , dira plus tard Bannon.
    Sa colère contre l’establishment
    Mais sa rupture avec l’establishment – qu’il appelle « le parti de Davos  » – est scellée par la crise de 2008. L’effondrement du système financier, qui réduit à néant la retraite de son père, le rend fou. « Nous sommes une famille de la classe moyenne, et la classe moyenne s’est faite rouler, les noirs, les hispaniques, les blancs, tout le monde, témoigne son frère Mike. Les hommes politiques ont beaucoup parlé mais n’ont rien fait. C’est cela dont parle Steve ». Sa colère est amplifiée par sa connaissance de Wall Street, dont il a vu l’explosion des métiers les plus risqués dans les années 1990. «Aucun des banquiers associés à la crise de 2008 n’a été poursuivi au pénal, rappelle-t-il régulièrement. En fait, c’est même pire. Aucun ne s’est vu retirer ses bonus ou ses actions ». A peu près à la même période, sa fille Maureen entre à l’école militaire de West Point, et Bannon croit revivre sa propre expérience. « Il a vu à combien les milieux plus favorisés de la société américaine étaient sous représentés, explique Peter Schweizer, un écrivain conservateur et un de ses proches. Il trouvait cela terrible, quand on sait que ce sont les mêmes élites qui ont envoyé les jeunes à la guerre ».
    (…)
    Quand d’autres voient le monde se relever de la crise, lui ne voit plus qu’une fracture. « Depuis 20 ans, nos élites financières et politiques se sont occupées d’elles-mêmes et ont laissé notre pays au bord de la ruine », lance-t-il, en 2010, lors d’un rassemblement du Tea Party à New York. Les dirigeants « mondialistes » ont « sacrifié la classe moyenne américaine pour créer une classe moyenne en Asie », ajoutera-t-il plus tard, se décrivant non pas comme un « nationaliste blanc », mais comme un « nationaliste économique ». A cette guerre commerciale s’ajoute, toujours, celle des civilisations, dont il a fait sa prophétie. « Si vous regardez la longue histoire de l’Occident judéo-chrétien face à l’Islam, on peut dire que nos prédécesseurs ont bien travaillé, explique-t-il en 2014 lors d’une conférence. Ils ont résisté, qu’il s’agisse de Vienne, de Tours, ou d’ailleurs (en référence au siège de Vienne en 1529 par les ottomans et à la bataille de Poitiers en 732). Demandez-vous, dans 500 ans, comment nous serons jugés « .

    Le « Raspoutine » de la Maison Blanche
    Le site Breitbart News, dont il a pris les commandes après le décès précoce d’Andrew Breitbart en 2012, lui offre une plate-forme inespérée pour diffuser sa vision du monde. Avec ses titres racoleurs sur les immigrés, les féministes, les activistes noirs ou les musulmans, Breitbart s’est imposé comme la référence des ultra-conservateurs, mais aussi des « suprémacistes  » blancs et d’autres mouvements d’extrême droite, avec lesquels Bannon prend mollement ses distances. « Steve n’est pas raciste, jure son ancienne collaboratrice Julia Jones, qui se dit « très à gauche ». Il utilise l’extrême droite, il les utilise pour accéder au pouvoir « .
    Parmi les invités réguliers du site: Donald Trump, qui envisage de se présenter à la Maison blanche en 2012. Le milliardaire est certes un « navire imparfait » pour le projet que Bannon nourrit, mais son discours d’homme providentiel aux élans reaganiens le séduisent. Et sa notoriété lui semble indispensable dans la guerre qu’il entend mener contre les Clinton et les Bush. Lorsque Trump se décide, quatre ans plus tard, Bannon transforme tout naturellement Breitbart en machine de guerre pour le porter au pouvoir. Devenu officiellement son directeur de campagne, à trois mois du scrutin, c’est lui qui le dissuade de normaliser son discours, prenant le contre-pied des caciques du parti républicain.Lui aussi, qui le pousse à faire campagne dans les terres reculées du Midwest jusqu’à la dernière semaine, tandis qu’Hillary Clinton multiplie les levées de fonds sur la côte Est.

    Largement crédité de la victoire de Trump, Bannon jouit désormais d’une autorité quasi-illimitée. C’est l’un des rares ayant un accès permanent au bureau ovale, et sans doute le seul à pouvoir y entrer sans cravate et avec une barbe de trois jours. Surnommé, entre autres, « Raspoutine « , il se voit comme une sorte de gardien du dogme, face à ceux que l’establishment a réussi à placer à la Maison blanche. Comme Reince Priebus, le chef de cabinet de Trump, et ex-dirigeant du parti républicain, dont l’influence au terme du premier mois, semble assez modeste. « Si nous réussissons, nous aurons 60% du vote blanc et 40% des noirs et des latinos, et nous gouvernerons pendant 50 ans », a expliqué peu après le 8 novembre au « Hollywood Reporter » Steve Bannon, qui se voit comme « Cromwell à la cour des Tudors ». « Nous ne sommes pas ici pour faire des petites choses « .

    Source : https://www.lesechos.fr/18/02/2017/lesechos.fr/0211810125913_stephen-bannon—l-eminence-noire-de-donald-trump.htm#

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La grande boucherie de 1914-1918 : De la guerre pour les élites, contre les peuples

Intro :

La première guerre mondiale de 1914-1918, souvent appelée la « Grande Guerre », mérite surtout le qualificatif de Grande Boucherie.

Des millions d’hommes et de femmes de nationalités différentes, ont été envoyés à l’abattoir, se noyer dans la boue et le sang de leurs camarades, un cauchemar qui allait durer quatre années, y compris pour des millions d’animaux compagnons de cette horreur.
Et des survivants, traumatisés juqu’à la fin de leur existence, torturés pour toujours.

Une boucherie, un crime, fruits du cynisme des puissances de l’argent, des industriels et autres marchands de canon, sans oublier leurs complices de toujours que sont la plupart des dirigeants politiques et hauts gradés militaires.

Animés par des motivations et des rivalités économiques impérialistes (ex : notamment le chemin de fer Berlin-Bagdad « Bagdadbahn » lancé par l’Allemagne en 1903 qui menaçait les intérêts industriels notamment anglais) profitant donc essentiellement aux intérêts économiques nationaux privés, les dirigeants politiques et militaires n’hésitèrent pas à envoyer en enfer, ces millions d’hommes et de femmes, souvent jeunes, militaires comme civils :

« La guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas » (Paul Valéry, 1871-1945)

« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » (Anatole France, 1844-1924)

Sans compter qu’une guerre bien massacrante, faisant se détester et s’entretuer des peuples, ouvriers et paysans qui pour beaucoup d’entre-eux prenaient de plus en plus conscience de leurs droits et de leurs propres intérêts sociaux (sous la poussée des mouvements progressistes et socialistes de la fin du 19ème siècle), une guerre bien massacrante donc, allait calmer ces ardeurs sociales de plus en plus menaçantes pour les classes dominantes.

Grammaire des civilisations (Fernand Braudel, 1963)

Malgré l’horreur des combats, des tueries, certains épisodes de solidarité, de fraternité parviendront à éclore au milieu de la boue, du sang et de la folie meutrière du champ de bataille, entre des hommes qui en réalité partageaient plus de points communs entre eux, qu’avec ceux qui les faisaient s’affronter, se détester, se massacrer.

Car pendant ce temps-là, à l’arrière, les grandes fortunes aux appétits cupides et insatiables, les militaires hauts gradés raides comme l’injustice, sans oublier leurs valets politiques aux ambitions cyniques, prenaient – eux -, du bon temps, s’encanaillant à l’opéra ou ailleurs, faisant bombance des meilleurs plats, entre deux stratégies militaires fumeuses et bien souvent criminelles. Exigeant surtout de leurs troupes ce qu’ils auraient été incapables d’accomplir eux-mêmes sur le champ de bataille.

De tous temps, les guerres n’ont jamais eu pour motivation de défendre les intérêts des peuples. Mais bien plutôt de protéger les privilèges et intérêts de grandes familles fortunées et faire prospérer les profits des marchands de canons.

La mémoire qui doit être saluée et entretenue n’est pas celle des maréchaux bourreaux décorés, mais bien plutôt celles de leurs victimes, femmes et hommes massacrés, parfois fusillés pour avoir courageusement osé contester des ordres imbéciles, criminels.

 

Documents :

  • Le nombre des fusillés de la Grande Guerre est revu à la hausse
    Le service historique de la défense, qui a procédé à un nouveau décompte, annonce avoir dépouillé « la totalité des archives des conseils de guerre » et repéré « des cas jusqu’alors inconnus ».
    Par Antoine Flandri, Le Monde, le 27 octobre 2014
    A deux semaines des commémorations du 11-Novembre, point d’orgue de cette première année du centenaire de la Grande Guerre en France, le ministère de la défense a révélé, lundi 27 octobre, que 953 soldats français avaient été fusillés entre 1914 et 1918, dont 639 pour désobéissance militaire, 140 pour des faits de droit commun, 127 pour espionnage et 47 pour motifs inconnus.
    Ces chiffres sont plus élevés que ceux publiés dans le rapport remis le 1er octobre 2013, par Antoine Prost, président du conseil scientifique de la Mission du centenaire de la première guerre mondiale, à Kader Arif, secrétaire d’Etat aux anciens combattants. Le document faisait état de 741 fusillés en s’appuyant sur les travaux de l’historien et général André Bach.
    (…)
    Source : https://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2014/10/27/le-nombre-des-fusilles-de-la-grande-guerre-est-porte-a-825_4513267_3448834.html
  • Aux origines du chaos moyen-oriental
    Le journal du centenaire (8/10). La chute de l’Empire ottoman a créé des déséquilibres dont les conséquences ébranlent toujours la région.
    Par Heather Jones, traduit de l’anglais par Gilles Berton, Le Monde, le 8 septembre 2014
    La première guerre mondiale se déploie sur quatre fronts aux limites de l’Empire ottoman : Dardanelles, Caucase, Palestine et Mésopotamie. L’historienne irlandaise Heather Jones, spécialiste de la première guerre mondiale, explique comment la défaite turque de 1918 a bouleversé les frontières, créant des déséquilibres dont les conséquences ébranlent toujours la région.
    (…)
    Les Européens ont aujourd’hui oublié ce qu’a été le front de Mésopotamie durant la première guerre mondiale. Pourtant le tracé des frontières actuelles de l’Irak, aujourd’hui contestées par l’Etat islamique (EI), est directement issu de la Grande Guerre, au terme de laquelle les territoires de l’ex-Empire ottoman au Moyen-Orient furent dépecés et partagés entre Londres et Paris. Ainsi, en 2003, la Grande-Bretagne a-t-elle envahi un État qu’elle avait créé après la première guerre mondiale.
    Au début des hostilités, le territoire de ce qui deviendra l’Irak était appelé Mésopotamie et faisait partie des possessions de l’Empire ottoman. C’était une zone d’intérêt stratégique, à la fois pour la Grande-Bretagne et pour l’Allemagne : si elle était vitale pour la Grande-Bretagne en raison de sa proximité avec le golfe Persique, où les raffineries et pipelines de l’Anglo-Persian Oil Company fournissaient le carburant de la flottel’Allemagne avait de son côté développé des relations économiques avec l’Empire ottoman et entrepris la construction d’une ligne ferroviaire Berlin-Bagdad, dont une partie seulement était achevée au moment de la déclaration de guerre. La Grande-Bretagne considérait par ailleurs la Mésopotamie et la zone du Golfe comme essentielles pour la défense de sa colonie indienne.
    C’est pourquoi en 1914, lorsque l’Empire ottoman entra par opportunisme dans la guerre aux côtés des puissances centrales et déclara le djihad contre les Alliés, la Grande-Bretagne, craignant pour ses intérêts stratégiques, envahit aussitôt la Mésopotamie et s’empara de Bassora, le 22 novembre 1914. Elle entrevoyait également la possibilité de réaliser des gains territoriaux coloniaux aux dépens de l’Empire ottoman, en promettant aux cheikhs arabes probritanniques de Mésopotamie qu’elle les soutiendrait contre leurs maîtres ottomans. Londres espérait s’assurer le soutien des chefs tribaux dans le cadre de sa politique consistant à pousser à la rébellion les chefs arabes du Moyen-Orient ottoman.
    (…)
    Source : https://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2014/09/08/aux-origines-du-chaos-moyen-oriental_4483833_3448834.html
  • On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels !
    France inter, Là-bas si j’y suis, lundi 10 février 2014
    Alors que commence la commémoration de la première Guerre Mondiale , la phrase d’Anatole France va être utile dans la guerre des tranchées qui s’annonce entre ceux qui déplorent la guerre comme un mal fatal et ceux qui trouvent des causes dans le système capitaliste, en dehors de la volonté et de la conscience des capitalistes eux-mêmes. L’assassinat de Jean Jaurès le 30 juillet 1914 et l’Union Sacrée pour la guerre allaient ruiner le mouvement progressiste. Dans la Grammaire des Civilisations (1963), Fernand Braudel écrit:

On a le droit d’affirmer que l’Occident, en 1914, AUTANT QU’AU BORD DE LA GUERRE, SE TROUVE AU BORD DU SOCIALISME. Celui-ci est sur le point de se saisir du pouvoir et de fabriquer une Europe moderne (…). En quelques jours, en quelques heures, la guerre aura ruiné ces espoirs.

Explications avec l’historienne Annie LACROIX-RIZ et reportage à Verdun .
(…)
Source : https://www.franceinter.fr/emissions/la-bas-si-j-y-suis/la-bas-si-j-y-suis-10-fevrier-2014

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Lobbies contre démocratie

Intro :

Sur France inter ce mercredi 17 octobre 2018, Ali Rebeihi dans son émission Grand bien vous fasse !  s’intéresse aux lobbies et à leur pouvoir d’influence : « Ces lobbies qui influencent nos vies« 

La journaliste et documentariste Stéphane Horel , auteure du livre « Lobbytomie », est invitée.

France inter :

Qu’il s’agisse de notre santé ou d’alimentation, les lobbies maintiennent parfois sur le marché des produits nocifs pour nous et profitable pour leur porte-monnaie… Avec son livre « Lobbytomie », la journaliste Stéphane Horel nous convie à un voyage concret dans le monde des lobbies…

Un lobby est un groupe de pression qui travaille pour une entreprise... et défend ses intérêts et tente d’influencer les décisions politiques pour qu'elles restent favorables à son marché.
Un lobby est un groupe de pression qui travaille pour une entreprise… et défend ses intérêts et tente d’influencer les décisions politiques pour qu’elles restent favorables à son marché. © AFP / Walter Bibikow

Ces groupes d’influence très actifs qui empoisonnent nos vies, grâce à des techniques et des méthodes de persuasion, méconnues du grand public, avec un but : vendre des produits nocifs pour notre santé et la planète : tabac, soda, pesticides, médicaments aux graves effets secondaires…

Comment ces groupes de pression transforme la vérité manipulent la science, construisent des faits scientifiques alternatifs, sèment le doute pour accroître leurs profits en toute impunité, au détriment de l’intérêt des consommateurs et des citoyens…

Sans tomber dans la théorie du complot, notre invitée, la journaliste Stéphane Horel, décortique pour nous ce matin les stratégies perverses des lobbies qui mettent en péril notre démocratie…

Nous attendons toutes vos questions sur les lobbies, au 01 45 24 7000, sur l’appli France Inter et la page Facebook de GBVF.

Avec : Stéphane Horel  , journaliste indépendante et collaboratrice du Monde, Lobbytomie ed. La découverte

Partenariat Le 1 Julien Bisson

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-17-octobre-2018

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